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Guide suprême éliminé, pays arabes bombardés, Maroc solidaire : cinq choses à retenir de la nouvelle confrontation Iran-Israël

Une opération israélo-américaine d’une ampleur inédite a visé le cœur du pouvoir iranien, provoquant la mort de Ali Khamenei et de plusieurs dignitaires du régime. Téhéran a riposté par des frappes de missiles contre Israël et plusieurs pays arabes, faisant basculer la crise dans une dimension régionale aux conséquences sécuritaires et énergétiques majeures. Dans ce contexte explosif, le Maroc a réaffirmé sa solidarité avec les États arabes concernés et activé les dispositifs de protection pour sa communauté à l’étranger.

Téhéran après les frappes du 28 février 2026, crise Iran-Israël
Téhéran, à la suite des frappes israéliennes et américaines du 28 février 2026.
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Le 2 mars 2026 à 15h57 | Modifié 4 mars 2026 à 11h03

Une frappe massive et décapitante au cœur du pouvoir iranien

C'est très exactement à 10h45 heure de Téhéran (06h15 heure marocaine) que les frappes d'Israël et des États-Unis à l'encontre de l'Iran ont commencé, le samedi 28 février 2026.

Comme nous l'écrivions il y a quelques jours, l'opération était dans le pipe. Il faut dire que cela faisait belle lurette que l'oncle Sam n'avait plus déployé une telle armada au Moyen-Orient : porte-avions, bombardiers, destroyers, systèmes anti-missiles, en plus de milliers de soldats dépêchés pour épauler ceux qui sont déjà stationnés dans les bases américaines dans la région (entre 40.000 et 50.000 hommes, selon les estimations les plus courantes).

Le déclencheur exact de l'opération israélo-américaine, c'est, selon l'agence de presse britannique Reuters, une réunion du désormais défunt "Guide de la Révolution", Ali Khamenei, avec plusieurs membres de sa garde rapprochée. Un conciliabule qui, pour Tel-Aviv et Washington, apparaît comme une occasion "trop belle" pour en finir avec leur plus grand ennemi commun dans la région ainsi qu'avec tous les responsables iraniens qui se trouvent, à ce moment-là, à ses côtés.

Mais Khamenei n'était pas le seul visé. Appuyée par quelque 200 avions de chasse, l’armée israélienne a, selon ses propres indications, largué des centaines de munitions sur environ 500 cibles militaires réparties entre l’ouest et le centre du territoire iranien. Sa "plus vaste sortie de frappes jamais conduite en Iran", s'est-elle félicitée. Et c'est loin d'être tout.

Dans une déclaration vidéo qu'il a faite sur les réseaux sociaux juste après une réunion à Al-Qods avec son ministre de la Défense, Israel Katz, le chef d'état-major, Eyal Zamir, et le directeur du Mossad, Dadi Barnea, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a affirmé que les frappes d'Israël en Iran allaient "s’intensifier davantage dans les prochains jours". "Nos forces frappent désormais au cœur de Téhéran avec une intensité toujours croissante", a-t-il martelé.

En représailles, l'Iran a également dirigé une centaine de missiles et de drones contre Israël, faisant notamment neuf morts à Bet Shemesh (centre d'Israël, dans l'agglomération d'Al-Qods).

Objectif assumé : provoquer un "regime change"

Khamenei est donc mort. Tout comme son conseiller Ali Shamkhani, l'ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, qui se trouvait avec lui au moment de la frappe israélienne. Ainsi que Mohammad Pakpour, le commandant en chef emblématique des "Gardiens de la Révolution", les fameux "Pasdaran". Voire même, possiblement, l'ancien président, Mahmoud Ahmadinejad.

Pour le moins, Israël et les États-Unis ont "sévi" à l'encontre des dirigeants iraniens. Dans une déclaration qu'il a donnée ce dimanche 1ᵉʳ mars à la chaîne Fox News, le président américain, Donald Trump, a avancé le nombre de quarante-huit dirigeants.

Il semble évident que c'est un "regime change" qui, à travers ces frappes, est recherché. Dans une vidéo diffusée en persan sur les réseaux sociaux, Netanyahou a d'ailleurs été sans équivoque à ce propos : il a directement appelé les Iraniens à "renverser le régime de terreur".

Des appels que l'on retrouve aussi chez Trump, qui a publié un post dans ce sens le 1ᵉʳ mars sur son réseau social, Truth.

Cela dit, dans une interview accordée la veille à l'hebdomadaire The Atlantic, le locataire de la Maison-Blanche s'était dit ouvert à "parler" avec le nouveau leadership iranien, bien que ce dernier soit lui-même issu du régime de la "République islamique".

Quoi croire alors ?

Le Golfe en première ligne, les voisins paient l’addition

Globalement, les pays arabes n'ont pas vraiment eu leur mot à dire dans les frappes. Mais, ce sont eux qui en subissent les principales conséquences.

Accusés d'avoir trempé dans les opérations du fait qu'ils abritent sur leur sol des installations militaires américaines, tous les pays du pourtour du golfe Arabique, y compris l'Irak, ainsi que la Jordanie ont essuyé des attaques de missiles et de drones de la part de l'Iran. Oman n'y a pas échappé non plus, alors même que Mascate jouait depuis un certain temps les intermédiaires entre Américains et Iraniens pour prévenir justement l'escalade régionale.

Le premier jour des frappes, la diplomatie omanaise publiait d'ailleurs un communiqué pour exprimer ses "profonds regrets" quant à l'initiative israélo-américaine. Avant que le ministre Badr Albusaidi n'apparaisse lui-même directement depuis Washington sur CBS News pour révéler qu'un accord était "à portée de main" – principale raison derrière son déplacement dans la capitale américaine, où il a notamment rencontré le 27 février le vice-président J. D. Vance.

Et pourtant, le port omanais de Duqm vient de subir, ce lundi 2 mars, les attaques de deux drones. Mais ce n'est rien en comparaison avec les voisins d'Oman : le premier jour des frappes, le ministère de l'Intérieur qatari parlait de 66 missiles ayant visé le pays de l'émir Tamim, tandis qu'aux Émirats arabes unis, le nombre de missiles interceptés a atteint... 137 !

L'Iran a été en mesure d'atteindre plusieurs sites stratégiques, à l'instar de la base américaine d'Al-Udeid au Qatar, la plus grande que détiennent les États-Unis dans la région. Ou encore la raffinerie de Ras Tanura en Arabie saoudite, dont la fermeture décrétée après avoir été ciblée par deux drones devrait grandement peser, dans les jours à venir, sur le prix du baril dans le monde.

Vers une guerre régionale ? L’alignement arabe s’accélère

Politiquement, la coordination s'accentue entre les pays arabes. Dans la soirée du 1ᵉʳ mars, les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont tenu une réunion en ligne pour décider de l'action à mener conjointement. Cela s'ajoute aux nombreux appels que les dirigeants ont échangés, entretiens qui se multipliaient encore à l'heure où nous mettions en ligne.

On ignore si ces pays vont à leur tour entrer en guerre contre l'Iran. Mais en tout cas, la réunion du CCG a abouti à une proclamation en faveur du "droit à l'autodéfense, individuel et collectif" des États membres de l'organisation, au cas où le régime iranien persisterait dans ses attaques. Le communiqué final publié a, à cet égard, rappelé l'existence de traités de défense conjoints.

La Ligue arabe a également pris fait et cause pour les pays arabes concernés par les frappes iraniennes. Dès le 28 février, son secrétariat a "condamné avec la plus grande fermeté" l'action de l'Iran.

Sauf accalmie, il faut s'attendre à un retour à des hostilités qui avaient cessé d'animer la chronique régionale depuis la paix des braves historique, en mars 2023, entre l'Arabie saoudite et l'Iran, consécutivement à une médiation chinoise. Quant aux Émirats, ils ont d'ores et déjà pris l'initiative de fermer leur ambassade à Téhéran.

Dans sa livraison du 28 février, le quotidien américain The Washington Post a assuré que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, aurait lui-même poussé en faveur d'une intervention contre l'Iran. Mais cela ne semble guère recevable, à l'heure où l'Arabie saoudite n'avait pas du tout intérêt à la déclaration d'une guerre qui l'affecte en premier lieu.

Le Maroc solidaire du Golfe, un positionnement stratégique assumé

Bien que situé à des milliers de kilomètres du terrain de la guerre en cours, le Maroc n'en a pas moins toujours considéré que la sécurité des pays du Golfe et de la Jordanie participait de la sienne, et inversement. Un credo porté haut et fort par le Roi Mohammed VI dans son célèbre discours d'avril 2016 à Riyad, à l'occasion du 1er Sommet Maroc-pays du Golfe.

Et le Souverain s'est lui-même chargé de le réitérer lors des appels téléphoniques qu'il a eus le 28 février avec ses pairs d'Arabie saoudite, de Bahreïn, des Émirats arabes unis et du Qatar. "Sa Majesté le Roi a réaffirmé la ferme condamnation par le Royaume du Maroc des agressions abjectes ayant visé la souveraineté de ces États frères et la sécurité de leurs territoires, ainsi que le soutien de Sa Majesté et son plein appui à ces pays dans toutes les mesures légitimes qu’ils jugent appropriées pour la préservation de leur sécurité et de la quiétude de leurs citoyens", a rapporté un communiqué du Cabinet royal.

Quelques heures plus tôt, le ministère des Affaires étrangères avait également effectué une sortie pour faire connaître l'appui du Maroc aux "États arabes frères" ayant fait l'objet de "l'attaque abjecte de missiles iraniens".

En outre, le département de Nasser Bourita a la charge du dossier de la communauté marocaine installée dans les pays concernés par l'actuel conflit. Dans ce sens, des numéros d'urgence ont été mis à la disposition des MRE, appelés à faire preuve de la plus grande vigilance en ce moment.

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Le 2 mars 2026 à 15h57

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