Sécurité routière : cartographie des villes les plus dangereuses en 2025
Médias24 s'est procuré les chiffres détaillés concernant les accidents de la circulation en périmètre urbain pour l'année 2025. Volume d’accidents, nombre de décès, gravité des blessures : notre analyse met en lumière les disparités territoriales.
Les chiffres officiels de la DGSN pour l’année 2025, obtenus par Médias24, confirment une pression constante sur la sécurité routière dans les villes marocaines. Le bilan annuel fait état de 112.925 accidents corporels, ayant entraîné le décès de 1.664 personnes, tandis que 6.123 autres ont été grièvement blessées.
Casablanca, Marrakech et Tanger : le triangle rouge
La géographie de l’insécurité routière suit sans surprise la densité urbaine et automobile, mais certains chiffres interpellent par leur gravité.
- Casablanca, l'épicentre : avec 27.357 accidents, la capitale économique concentre près du quart des collisions nationales en zone urbaine. Le bilan humain y est le plus lourd du Royaume, avec 352 tués.
- Marrakech, une dangerosité marquée : la ville ocre enregistre 8.786 accidents. Si le volume est trois fois inférieur à celui de Casablanca, la mortalité reste élevée avec 140 décès.
- Tanger et Fès : Tanger affiche un taux de mortalité particulièrement préoccupant avec 114 tués pour 5.556 accidents, dépassant ainsi Fès (81 tués pour 6.730 accidents) en termes de létalité.
- Le Grand Rabat : l’axe Rabat-Salé cumule près de 9.500 accidents. On note une mortalité plus élevée à Salé (56 tués) qu’à Rabat (42 tués).
Dans le Sud, Agadir se distingue avec 61 tués, tandis que dans l'Oriental, Oujda comptabilise 53 décès pour l'année 2025.
Le facteur humain, cause écrasante des drames
Au-delà des chiffres bruts, les données obtenues permettent de hiérarchiser les comportements qui tuent sur nos routes. La DGSN identifie une liste de causes, où l’imprudence et le non-respect des règles élémentaires dominent largement.
- L’imprudence des conducteurs : première cause d'accidents.
- Le non-respect de la priorité à droite : un facteur majeur de collisions aux intersections.
- L'imprudence des cyclistes et motocyclistes : une catégorie d'usagers de plus en plus vulnérable dans le trafic urbain.
- L’imprudence des piétons : souvent victimes de l'absence d'aménagements ou de comportements à risque.
- La vitesse excessive : facteur aggravant systématique de la violence des chocs.
D’autres comportements comme la conduite en état d'ébriété, le non-respect du feu rouge ou l'utilisation du téléphone au volant complètent ce tableau noir de l'incivisme routier.
6.123 blessés graves : un lourd tribut socio-économique
Mettre l'accent sur les 6.123 blessés graves permet de souligner l'impact social durable de l'insécurité routière. Derrière ce chiffre se cachent des hospitalisations de longue durée, des incapacités physiques et des drames familiaux qui pèsent sur le système de santé national.
Face à cette urgence, le renforcement du comportement des usagers de la route s'impose comme l'un des piliers fondamentaux de la nouvelle Stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030. L'objectif est de transformer radicalement la culture routière pour mettre fin à cette spirale ascendante et préserver la vie des citoyens.
L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) a d'ailleurs, en ce début d'année 2026, apporté des modifications au système d'attribution et de gestion des points pour les titulaires de nouveaux permis de conduire. Conçu pour responsabiliser les conducteurs dès l’obtention du permis, il prévoit un passage progressif entre une période probatoire et le permis définitif.
Le nouveau système permet ainsi de filtrer les conducteurs récidivistes ou dangereux avant qu'ils n'accèdent au capital complet. Pour les usagers, l'enjeu est d'adopter une conduite exemplaire dès le premier jour afin de préserver leur droit de conduire et de garantir un passage serein vers le permis définitif.
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