Jeunes footballeurs : un an après, le programme de formation d'Evosport tient-il ses promesses ? Son DG répond
Plus d’un an après son lancement par la Fédération royale marocaine de football, le programme national de formation des jeunes, géré par Evosport, filiale de l’UM6P, commence à s’installer dans le paysage du football marocain. Médias24 en dresse le bilan avec Ismail Lyoubi, directeur général d’Evosport.
L’an I d’un projet est souvent davantage propice aux tâtonnements qu’aux réussites. Pourtant, le programme national de formation des jeunes talents fait exception.
Mis en place par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) en amont de la saison 2024‑2025 et géré par Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P), le dispositif vise à structurer et professionnaliser la formation des stars de demain.
Dans cet entretien accordé à Médias24, Ismail Lyoubi explique que les structures mises en place ont permis de poser des bases solides pour le développement des jeunes joueurs.
Les centres de formation des clubs affiliés bénéficient désormais d’un encadrement uniforme, d’outils pédagogiques adaptés et de méthodologies standardisées, offrant un cadre plus professionnel qu’auparavant.
Si cette première année a permis de consolider les fondations du programme, les prochaines saisons seront déterminantes pour mesurer son impact réel sur la qualité des joueurs formés et leur intégration dans les équipes professionnelles.

- Médias24 : Quels sont les principaux succès du programme de formation des jeunes talents lors de la première saison à vos yeux ?
Ismail Lyoubi : La première saison a permis de poser des bases solides et structurantes. Plusieurs jeunes talents ont intégré les équipes premières de clubs professionnels, ce qui confirme la pertinence du modèle mis en place.
Un exemple qui me vient à l’esprit à cet instant est le jeune Yahya Iguiz, détecté par la direction technique nationale (DTN), et qui a été sélectionné puis signé par son club à l’issue de la saison dernière.
Mais au total, plus d’une quarantaine de jeunes talents ont accédé à un contrat professionnel, ce qui constitue un signal fort pour l’écosystème.
Au-delà des signatures, nous avons constaté une montée en qualité globale : amélioration du cadre d’entraînement, structuration des contenus pédagogiques, renforcement des volets médicaux et nutritionnels, et professionnalisation du staff technique.
La progression des entraîneurs est également un indicateur clé. Le programme ne vise pas uniquement la formation des joueurs, mais aussi celle des cadres. La montée en compétence des formateurs est un levier stratégique majeur pour garantir la durabilité du projet.
- Y a-t-il eu des centres où la mise en place du programme a été plus complexe ?
Comme dans tout projet de transformation nationale, les centres ont évolué à des rythmes différents, en fonction de leur niveau de maturité initial et des transitions internes propres à chaque club.
L’important est que le déploiement s’est réalisé sans rupture majeure. Les ajustements opérés en cours de saison ont permis d’aligner progressivement l’ensemble des centres sur des standards communs.
À la fin de la saison, une réunion d’évaluation s’est tenue avec M. Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, afin d’analyser les réalisations de la saison 2024/2025 et définir le plan d’actions d’amélioration. Et à ce titre, l’engagement collectif autour du programme a été réaffirmé.
Le message est clair. La formation des jeunes constitue un investissement stratégique pour l’avenir des clubs et du football marocain.
Les clubs se sont engagés à renforcer l’investissement en infrastructures
- Certaines académies nécessitent encore une mise à niveau de leurs infrastructures. Comment gérez-vous cette disparité ?
Il existe effectivement des écarts historiques entre les structures. L’un des objectifs du programme est précisément de réduire ces disparités en harmonisant les standards.
Le Fonds de formation national de football, mis en place en amont, a contribué à financer tous les aspects liés au fonctionnement des centres de formation selon les meilleurs standards.
Par ailleurs, les clubs se sont engagés à renforcer l’investissement en infrastructures, ce qui permettra d’avoir des bases de travail professionnelles.
Notre approche est progressive : établir un socle commun solide, puis accompagner chaque club vers un niveau d’excellence.
- Après une saison, des ajustements du personnel ont eu lieu. Comment les interprétez-vous ?
Toute transformation structurelle implique des ajustements. Le programme repose sur une méthodologie exigeante, orientée performance et discipline.
Les changements intervenus relèvent d’un processus normal d’adaptation. L’objectif est de constituer des équipes pleinement alignées avec la philosophie du projet.
La stabilité à long terme est assurée par des processus clairs, un encadrement renforcé et un suivi régulier.
- Le suivi scolaire est-il suffisant ?
Le double projet sportif et académique est un pilier central. Lors de la première année, des contraintes organisationnelles ont été identifiées.
En collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, des ajustements ont été mis en place afin d’adapter les emplois du temps et d’assurer une meilleure articulation entre sport et études.
Le suivi pédagogique a été renforcé avec des responsables dédiés, afin que la réussite scolaire demeure indissociable de la performance sportive.
- L’intégration des U21 risque-t-elle de diluer l’attention portée aux plus jeunes ?
L’intégration temporaire des U21 répond à une logique de continuité. Il s’agissait d’éviter toute rupture pour des joueurs en transition.
L’impact de cette extension est en cours d’évaluation. Les catégories U13 à U16 restent prioritaires, car c’est à ces âges que se construit la base technique et mentale.
Notre approche reste structurée autour du développement progressif et cohérent des jeunes talents.
Nous avons renforcé les volets médical, nutritionnel et récupération
- Quelles nouveautés pédagogiques et technologiques ont été introduites ?
Nous avons renforcé les volets médical, nutritionnel et récupération. Les centres disposent désormais d’outils de suivi de la performance et d’analyse vidéo, permettant une évaluation individualisée.
Ces dispositifs sont déployés dans l’ensemble des centres, dans une logique d’harmonisation nationale.
L'objectif est de faire émerger une véritable culture de la performance, appuyée sur des critères scientifiques et des résultats mesurables.
- Evosport pourrait-il s’ouvrir à d’autres disciplines ?
La diversification dépendra des orientations institutionnelles. Nous avons déjà lancé un programme basketball en partenariat avec la NBA.
Près de 2.000 jeunes bénéficient aujourd’hui du programme Junior NBA, encadrés par des coachs formés selon les standards internationaux.
À moyen terme, l’ambition est d’élever ce partenariat vers des formats plus sélectifs et élites. Toute extension à d’autres disciplines sera envisagée selon la disponibilité des ressources et la cohérence stratégique.
- Quels sont les principaux objectifs pour 2025-2026 et au-delà ?
Nous poursuivons notre effort pour professionnaliser le football et développer l’écosystème sportif marocain.
L’objectif est de structurer la formation, améliorer la gouvernance et assurer la pérennité du programme, tout en créant des modèles économiques durables.
Nous souhaitons également renforcer la visibilité des talents marocains à l’international.
L’objectif ultime est de faire du sport un levier de développement humain et socio-économique, tant pour le football que pour d’autres disciplines.
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