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Mondial2026

Coupe du monde 2026. Une compétition placée sous le signe de l’incertitude

Les Lions de l’Atlas dans le flou, un conflit armé impliquant le principal pays hôte, des tensions régionales, des conditions d’obtention de visa dissuasives… À moins de cent jours du coup d’envoi, la Coupe du monde de football 2026 s’annonce avec davantage de zones d’ombres que de certitudes.

Le trophée de la Coupe du Monde 2026 en visite au Maroc.
Chady Chaabi
Le 4 mars 2026 à 16h20 | Modifié 5 mars 2026 à 10h26

La Coupe du monde de football 2026 est proche. Et en même temps, elle paraît encore lointaine. Tant les inconnues qui l’entourent sont nombreuses.

Sur le plan national comme international, difficile de se projeter sereinement vers cette compétition organisée conjointement par le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Dans le cas du Maroc, l’incertitude est d’abord institutionnelle. L’avenir de Walid Regragui reste suspendu. Poursuivra-t-il sa mission jusqu’au terme de son contrat ? Ou bien la Fédération royale marocaine de football (FRMF) se séparera-t-elle de lui avant le Mondial ?

Se poser la question à moins de trois mois d’une Coupe du monde constitue une anomalie en soi.

Certains diront que la nomination express d’un sélectionneur quelques semaines avant 2022 avait constitué un succès. Le contester serait malhonnête. Mais, d’une certaine manière, c’est aussi cette réussite qui a nourri les échecs suivants.

Oui, changer dans l’urgence a déjà produit l’effet escompté. Oui, cela a même fonctionné chez les U23 avant les Jeux olympiques 2024, avec le remplacement de Issame Charaï par Tarik Sektioui.

Mais croire que l’histoire se répète mécaniquement relève de l’illusion. On peut toujours invoquer l’adage selon lequel "jamais deux sans trois". Encore faut-il que le troisième acte soit écrit.

Et pendant que les spéculations vont de Xavi à Andrés Iniesta, il serait peut-être temps de clarifier la situation.

Car au-delà du Mondial 2026, une quinzaine internationale est prévue à partir du lundi 23 mars. Le Maroc y affrontera l’Équateur, le vendredi 27 mars à Madrid, puis le Paraguay à Lens, le mardi 31 mars.

Entre-temps, une liste de joueurs doit être arrêtée une quinzaine de jours avant le rassemblement. Des choix devront être faits. Et, en principe, cela relève du sélectionneur. Mais il n’y a toujours pas de capitaine à bord.

L’équipe nationale avance clairement dans le noir en attendant que la FRMF n’éclaire son chemin, en prenant une décision concernant son sélectionneur.

Un statut différent à assumer

C’est d’autant plus crucial que l’équipe nationale ne se dirige pas vers le Mondial 2026 avec le même statut qu’en 2022. Au Qatar, le Maroc était porté par le public et par l’effet de surprise.

En 2026, il sera attendu, et sans bénéficier du même élan populaire. L’effet de surprise appartenant au passé, les Lions de l’Atlas ne seront plus l’outsider séduisant, mais un adversaire étudié, analysé, disséqué.

En outre, depuis l’édition 2002, seules quatre nations, et pas des moindres, ont réussi à enchaîner au moins deux demi-finales consécutives :

  • l'Allemagne ;
  • la France ;
  • les Pays-Bas ;
  • la Croatie.

Mais les interrogations dépassent largement le cadre sportif. Les États-Unis sont aujourd’hui engagés dans un conflit armé impliquant l’Iran. Or ce dernier est qualifié pour la compétition.

La FIFA se montre prudente. Son secrétaire général, Mattias Grafström, assure que "la sécurité de tous sera assurée". Mais l’instance suit l’évolution de la situation avec attention.

Un scénario de forfait iranien n’est plus totalement théorique. En cas de retrait, la Confédération asiatique de football (AFC) devrait proposer un remplaçant.

L’Irak et les Émirats arabes unis figurent parmi les candidats potentiels. On se souvient que la FIFA avait exclu la Russie après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Rien n’est acté. Mais rien n’est à exclure.

Pendant ce temps, au Mexique, certaines villes appelées à accueillir des rencontres ont connu des affrontements entre forces armées et groupes criminels ces dernières années.

Quant aux relations entre le Canada et les États-Unis, elles ont traversé des épisodes de tension politique récents.

Les visas, l’autre angle mort

La FIFA rappelle qu’un billet ne garantit ni l'obtention du visa ni l'entrée sur le territoire. Les supporters devront disposer d’un passeport valide et d’un visa ou d’une autorisation de voyage conforme aux règles des pays hôtes.

Un système prioritaire, le "FIFA Pass", a été mis en place pour faciliter les rendez-vous vers les États-Unis. Mais cela ne concerne pas tous les pays.

Et c’est là que le doute se transforme en obstacle bien réel pour certains supporters. Les ressortissants de pays figurant sur des listes restrictives américaines pourraient faire face à des refus ou à des délais incompatibles avec le calendrier de la compétition.

La question ne concerne pas seulement les fans. Elle peut également toucher des membres de délégations, des staffs élargis, voire des supporters officiels.

La Coupe du monde 2026 s’annonce certes gigantesque, avec 48 équipes, 16 villes hôtes, près de six millions de spectateurs attendus dans les stades, selon la FIFA. Mais l’ampleur logistique n'éclipse pas les réalités administratives.

Jamais une Coupe du monde n’aura été aussi immense. Et rarement une Coupe du monde aura évolué dans un environnement aussi mouvant.

Dans ce contexte mondial instable, le Maroc peut au moins maîtriser une chose : sa transparence interne. Mais auparavant, il faut décider qui tiendra la barre avant de prendre le large.

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Chady Chaabi
Le 4 mars 2026 à 16h20

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