Tourisme. Malgré les perturbations dans le Golfe, l’Europe soutient la destination Maroc
Si certains circuits long-courriers transitant par les hubs du Golfe commencent à subir les effets des tensions régionales, le poids des marchés européens continue, pour l’heure, de préserver la dynamique globale du tourisme marocain.
Depuis une semaine, les tensions au Moyen-Orient provoquent des ajustements dans le transport aérien international, notamment autour de certaines plateformes de correspondance stratégiques.
Si ces perturbations commencent à affecter ponctuellement des circuits touristiques reliant l’Asie et l’Océanie au Maroc via les hubs du Golfe, leur impact sur la fréquentation globale de la destination reste pour l’instant marginal.
Selon plusieurs opérateurs, le Maroc demeure en effet fortement dépendant des marchés européens, qui concentrent l’essentiel des arrivées et pourraient même profiter d’un redéploiement partiel des flux dans un contexte régional incertain.
Les circuits long-courriers du Golfe perturbés
Dans un courriel adressé à un opérateur marocain, une responsable de l’agence Booking Express évoque l’incertitude entourant l’arrivée d’un groupe de 27 touristes australiens attendu au Maroc à partir du 12 mars.
Leur programme prévoyait un départ de Melbourne avec la compagnie Emirates avant un circuit combinant l’Égypte et le Maroc.
Mais sachant que plusieurs vols programmés fin février 2026 ont été annulés en raison de la situation de "force majeure" liée au conflit régional, l’agence est obligée d’attendre la confirmation des prochaines liaisons pour décider du maintien ou du report du voyage.
Ces perturbations, qui constituent un exemple parmi d’autres, concernent selon plusieurs voyagistes les flux transitant par les grands hubs du Golfe, notamment ceux de Dubaï et Doha, qui sont des plateformes de correspondance importantes pour les voyageurs en provenance d’Asie-Pacifique.
Un impact limité pour la destination
Pour plusieurs voyagistes, l’impact potentiel de ces perturbations reste relativement marginal, car ces marchés lointains représentent une part limitée des arrivées touristiques au Maroc comparativement aux flux provenant d’Europe.
La fréquentation touristique du Royaume repose en effet surtout sur les marchés européens, notamment la France, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui concentrent la majorité des arrivées internationales.
Dans ce contexte, les perturbations ponctuelles observées sur certains circuits long-courriers ne devraient pas remettre en cause la dynamique globale du secteur.
Des effets indirects liés aux tensions régionales
Selon l’expert en tourisme Zoubir Bouhoute, les tensions au Moyen-Orient peuvent toutefois produire des effets indirects sur le tourisme mondial, notamment à travers les perturbations du transport aérien international et une inflation à terme du coût des billets d’avion.
Et d’ajouter que les restrictions temporaires d’espace aérien ou le ralentissement de certains hubs stratégiques peuvent provoquer des retards, des annulations de vols et des disruptions dans les correspondances reliant l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
Dans un secteur fortement dépendant de la perception de stabilité, ces évolutions peuvent également influencer les décisions de réservation.
Soulignant également un risque d’amalgame géographique, l’expert estime que certains voyageurs peuvent associer, à tort, l’ensemble d’une région à un contexte d’instabilité, même lorsque certains pays, comme le Maroc, ne sont pas directement concernés par les tensions.
Un possible effet de substitution favorable au Maroc
Paradoxalement, il estime que ce contexte pourrait aussi générer des opportunités pour le Maroc, car les destinations perçues comme plus sûres et stables peuvent attirer une partie des flux touristiques initialement orientés vers des marchés affectés par l’instabilité.
Se voulant optimiste, Zoubir Bouhoute pense que le Royaume dispose d’atouts pour capter cette demande supplémentaire grâce à sa stabilité, à la croissance soutenue de son secteur touristique et à sa position parmi les destinations les plus dynamiques d’Afrique du Nord.
Cette capacité dépendra cependant du renforcement de la connectivité aérienne, du maintien de tarifs compétitifs et du déploiement de campagnes de promotion ciblées sur les marchés sensibles aux évolutions géopolitiques.
Une dynamique globale qui reste pour l'instant favorable
Et de conclure qu’au-delà de ces ajustements conjoncturels, la dynamique du tourisme marocain restera principalement soutenue par ses marchés traditionnels européens et par l’accessibilité aérienne du pays à courte et moyenne distances.
Dans ce contexte, les perturbations ponctuelles observées sur certains flux long-courriers devraient par conséquent avoir un impact limité sur la trajectoire du secteur qui continue de bénéficier d’une forte demande internationale et d’une image de destination stable dans le bassin méditerranéen.
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