Malgré son conflit avec la Guinée, Falcon poursuit son projet d’usine d’anodes au Maroc
Alors que son projet d’usine d'anodes de graphite au Maroc avance, la compagnie dubaïote Falcon Energy a déposé une demande d’arbitrage devant le CIRDI et réclame 100 millions de dollars, après l'échec des négociations amiables avec le gouvernement guinéen pour revenir sur la révocation de sa mine de graphite Lola.
La compagnie Falcon Energy Materials, qui développe un projet d’usine d’anodes au Maroc, a annoncé avoir engagé une procédure devant le CIRDI après la révocation de sa mine de graphite en mai 2025, à la suite d'une décision du gouvernement guinéen.
"Bien que nous regrettions la nécessité d'engager une procédure judiciaire, nous sommes pleinement préparés à présenter notre demande d'indemnisation en arbitrage, couvrant à la fois la perte des actifs de la société en Guinée et les dommages supplémentaires résultant des actions du gouvernement guinéen", a déclaré Matthieu Bos, CEO de Falcon.
Basée à Dubaï, Falcon réclame une première indemnisation estimée à 100 millions de dollars américains pour le préjudice causé par les agissements du gouvernement guinéen. Accompagnée par le cabinet international Lalive, la société invoque le traité bilatéral d'investissement en vigueur depuis 2014 entre les Émirats arabes unis et la Guinée.
À la suite de la révocation de son permis minier, Falcon indique avoir tenté de trouver une issue amiable avec le ministère des Mines, sans obtenir de réponse. Elle a ensuite notifié un différend à la Guinée en vertu du traité bilatéral d'investissement (TBI) émirato-guinéen. Le délai légal de six mois accordé pour trouver un accord s'est écoulé sans qu'aucune négociation n'aboutisse à un résultat satisfaisant.

Avant sa révocation, le projet reposait sur la mine de Lola, acquise en 2012 par SRG Mining, l'ancienne dénomination de Falcon. Le minerai devait ensuite être exporté vers le Maroc pour être valorisé dans une usine d’anodes, à proximité de l’écosystème industriel de batteries en cours de développement au Maroc. Le projet de la mine de Lola prévoyait une capacité de production annuelle de 2,5 millions de tonnes sur une durée de vie initiale de 25 ans.
"Nous continuerons à affiner nos demandes dans le cadre de la procédure d'arbitrage, tout en maintenant notre concentration sur le développement de notre usine d'anodes au Maroc", a ajouté Matthieu Bos.
Bien que privée de sa source d'approvisionnement principale, l'entreprise maintient le cap sur son projet industriel au Maroc. Elle prévoit le démarrage de sa grande usine à Jorf Lasfar en 2027, pour une production de 26.000 tonnes de graphite sphérique purifié et enrobé (CSPG). L’un des réactifs les plus importants, l’acide fluorhydrique, sera fourni par son partenaire Fluoralpha, un des nouveaux projets de nouvelle génération du groupe OCP.
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