Maroc-pays du Golfe. Une relation économique importante à l’épreuve de la guerre
L'aggravation de la guerre au Moyen-Orient remet en lumière les liens économiques entre le Maroc et les pays du Golfe. Le commerce de biens, les IDE, les recettes de voyages et les transferts MRE montrent que cette relation est loin d’être marginale. En 2024, les échanges commerciaux de biens ont totalisé 52,8 MMDH. Détails.
À mesure que la situation se tend au Moyen-Orient, ses répercussions sur les pays du Golfe ne peuvent pas être marginales.
Pour le Maroc, qui entretient des relations économiques avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), à savoir l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Oman et Bahreïn, les effets de cette crise pourraient se faire sentir à plusieurs niveaux.
Ils pourraient toucher les échanges commerciaux, les investissements de ces pays au Maroc, les revenus des Marocains résidant dans la région, ainsi que les flux touristiques en provenance de ces marchés.
Dès lors, jusqu’à quel point l’économie nationale est-elle exposée aux pays du Golfe ?
Une relation économique importante et multiforme
Les chiffres de l’Office des changes montrent que les volumes en jeu sont importants et loin d’être négligeables.
En 2024, les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays du Golfe ont atteint 52,8 MMDH. En 2025, sur la période déjà observée (9 premiers mois), ils s’élèvent à 38,9 MMDH. Ces montants montrent que la relation commerciale avec cette zone pèse réellement dans les échanges extérieurs du Maroc.
Mais cette relation est fortement déséquilibrée. En 2024, le Maroc a importé pour 48,7 MMDH de biens depuis les pays du Golfe, contre 4,1 MMDH d’exportations vers ces marchés.
Sur les neuf premiers mois de 2025, les importations atteignent déjà 36 MMDH, tandis que les exportations s’établissent à 2,9 MMDH. Le Maroc échange donc beaucoup avec les pays du Golfe, mais il leur achète bien davantage qu’il ne leur vend.
Ce point est important. Il permet de comprendre que la relation n’est pas seulement importante par son volume global, mais aussi par sa structure. Les échanges sont élevés, mais ils reposent surtout sur les importations.
À ce premier canal s’ajoutent les investissements directs étrangers. Là aussi, les pays du Golfe occupent une place importante. En 2024, les recettes d’IDE au Maroc en provenance de cette région ont atteint 5,6 MMDH, soit 12,9% du total des recettes d’IDE reçues cette année-là.
De même, sur les trois premiers trimestres de 2025, les recettes d’IDE en provenance des six pays du Golfe ont totalisé 6,2 MMDH, soit 14,3% du total reçu sur la même période.
Les recettes voyages ajoutent une autre dimension à cette relation. En 2024, l’Arabie saoudite a généré 2,6 MMDH, les Émirats arabes unis 1,9 MMDH et le Koweït 733 millions de dirhams, soit un total de 5,2 MMDH.
Par ailleurs, les recettes des MRE constituent une autre composante importante de la balance courante du pays. Selon les dernières statistiques disponibles de l’Office des changes, les Marocains résidant dans les pays du Golfe ont transféré vers le Maroc plus de 19,2 MMDH en 2023, soit 16,7% de l’ensemble des transferts des MRE.
Ces flux montrent qu’en cas de perturbation touchant les pays du Golfe, comme c’est le cas aujourd’hui, l’impact sur l’économie marocaine ne serait pas marginal. Les liens économiques avec cette région sont assez importants.
Médias24 reviendra plus en détail sur le sujet.
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