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AGRICULTURE

Campagne agricole 2025-2026. Après un hiver pluvieux, où en est réellement la saison ?

ROUND UP. Le retour marqué des précipitations relance les perspectives agricoles et nourrit l’espoir d’une meilleure production céréalière. Dans certaines régions, l’abondance en eau ouvre aussi la voie à des cultures de printemps à même de compenser les pertes liées aux excès climatiques. Une embellie toutefois fragile, dans un contexte de variabilité météorologique accrue.

Campagne 2025-2026 entre espoir de récolte céréalière et pari sur les cultures printanières
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Le 17 mars 2026 à 17h00 | Modifié 17 mars 2026 à 17h18

Après plusieurs saisons marquées par un déficit hydrique sévère, la campagne agricole 2025-2026 s’inscrit dans un contexte nettement plus favorable. Le retour des pluies depuis l’hiver a contribué à améliorer l’état des cultures, en particulier des céréales, tout en ouvrant des perspectives pour les cultures printanières de nature à consolider les performances agricoles de la saison.

Céréales et cultures printanières : une campagne encore dépendante des pluies

Les précipitations enregistrées depuis la fin de l’automne ont permis une amélioration progressive de l’humidité des sols et du couvert végétal dans plusieurs régions céréalières. Toutefois, le potentiel de production reste fortement tributaire des pluies de fin d’hiver et du début du printemps, période décisive pour les stades de montaison et d’épiaison.

Dans certaines zones, les semis tardifs réalisés après les premières pluies de janvier ont accentué cette dépendance. Les besoins hydriques demeurent élevés pour assurer un remplissage optimal des grains et limiter les pertes de rendement. Si les indicateurs agricoles sont globalement plus favorables que lors des campagnes précédentes, le verdict final dépendra de la continuité et de la répartition des précipitations au cours des prochaines semaines.

Parallèlement, la disponibilité hydrique actuelle offre des opportunités de rattrapage grâce aux cultures printanières. Selon le Pr Taher Sraïri, enseignant à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, des cultures comme le tournesol ou le riz pourraient tirer parti de l’abondance en eau, notamment dans les zones irriguées ou ayant bénéficié d’importants apports pluviométriques.

Dans des régions comme le Gharb, les crues ont en effet causé des dégâts sur des productions à forte valeur ajoutée destinées à l’export, notamment les fruits rouge, les agrumes ou encore l’avocat.

Néanmoins, ces excès hydriques s’inscrivent dans des cycles naturels déjà observés par le passé, avec des épisodes d’inondations majeures survenant historiquement à intervalles de quinze à vingt ans.

Un hiver exceptionnel qui confirme un climat plus contrasté

Sur le plan climatique, l’hiver 2025-2026 constitue une véritable rupture après plusieurs années de sécheresse. Selon les données de la Direction générale de la météorologie, la saison hivernale a été marquée par une succession de perturbations actives apportant des pluies abondantes et des chutes de neige importantes sur les reliefs. Le cumul moyen national a atteint environ 136 mm, soit près du double de la normale saisonnière, ce qui place cet hiver parmi les plus pluvieux enregistrés depuis le début des années 1980.

Cette situation s’explique notamment par un affaiblissement de la circulation polaire durant une partie de la saison, favorisant la descente de masses d’air froid vers les latitudes moyennes. Le positionnement du courant-jet au-dessus du Maroc, combiné au recul de l’anticyclone des Açores vers le sud, a permis l’arrivée répétée de flux humides atlantiques, parfois organisés sous forme de "rivières atmosphériques".

Pour le climatologue Mohammed Saïd Karrouk, ces évolutions confirment la nature structurellement contrastée du climat marocain. La sécheresse demeure la règle dans la région, en raison de l’influence persistante de l’anticyclone subtropical. Le retour des pluies, bien que moins fréquent, reste un mécanisme naturel qui a historiquement assuré la disponibilité des ressources en eau.

Ce fonctionnement s’inscrit désormais dans un "nouveau climat" marqué par l’intensification des extrêmes. Le réchauffement global tend à prolonger les périodes sèches et à concentrer les précipitations sur des épisodes plus courts mais plus intenses. L’augmentation des températures renforce l’évaporation et la capacité de l’atmosphère à stocker l’humidité, rendant les pluies plus brutales lorsqu’elles surviennent.

Des perspectives météorologiques encore favorables

À moyen terme, les prévisions annoncent la poursuite d’une situation météorologique instable sur une grande partie du pays. Une dépression en altitude accompagnée d’une masse d’air froid devrait générer des pluies parfois orageuses sur les plaines atlantiques, les régions centrales et le sud-est, ainsi que des chutes de neige sur les reliefs du Haut et du Moyen Atlas.

Cette séquence perturbée devrait progressivement s’atténuer à partir de la fin de semaine, avec une évolution vers un temps plus stable et une légère hausse des températures diurnes. Ces apports pluviométriques pourraient contribuer à soutenir le développement des cultures céréalières et à consolider les perspectives agricoles de la saison.

Dans un contexte de variabilité climatique accrue, la campagne 2025-2026 apparaît ainsi comme un test pour la résilience de l’agriculture marocaine. Entre espoirs de relance de la production céréalière et recours accru aux cultures printanières, le secteur devra continuer à s’adapter à un régime climatique désormais marqué par des alternances plus fréquentes entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux intenses, concluent les experts.

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Crues et pluies extrêmes : entre dégâts agricoles et bénéfices hydriques

 

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Le 17 mars 2026 à 17h00

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