Exclusif. Finale CAN 2025 : Ce que révèlent les quatre rapports officiels du match
Médias24 livre les extraits des rapports officiels consignant les incidents ayant émaillé la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025. Ces documents, à la force probante, ont été usités dans le contentieux opposant la Fédération marocaine de football à son homologue sénégalaise devant les instances de la CAF, conduisant cette dernière à déclarer le forfait des Lions de la Téranga.
Sur quels fondements la Confédération africaine de football (CAF) a-t-elle retiré le titre de champion d'Afrique 2025 au Sénégal ? Six jours après la décision du Jury d'appel, la réponse se résume encore à ce qui a été révélé dans le communiqué de l'instance : l'application des articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d'Afrique des nations (CAN). Ces dispositions sanctionnent, entre autres, les équipes qui quittent volontairement le terrain avant le sifflet final et sans l'autorisation de l'arbitre.
Le détail précis des motivations du Jury reste à préciser. En attendant, la CAF a entériné la position de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui se trouve aujourd'hui attributaire du sacre.
L'argumentaire du Maroc est parti d'une lecture stricte du règlement, en s'appuyant essentiellement sur les rapports officiels du match. Ces documents, qui ont force probante, relatent les incidents ayant émaillé la confrontation et décrivent notamment la séquence du retrait, désormais au cœur du contentieux.
Quatre rapports structurent cette version officielle. Médias24 a pu les consulter :
-le rapport de l’arbitre ("Referee’s Report"), établi par Jean-Jacques Ngambo Ndala,
-celui du commissaire du match ("Commissioner’s Report"), signé Ahmed Mohamed Megahed Osman,
-le rapport du coordinateur général ("General Coordinator Report"), rédigé par Khaled Lemkecher,
-ainsi que les rapports de sécurité ("Security Incident Report" et "Security Match Day Report") établis par l’officier de sécurité de la CAF, Imad Eddine Mahamdioua.
Protestation, rupture et abandon du match
Le rapport de l’arbitre constitue la pièce centrale. Il fixe la chronologie des événements et confirme la rupture du match. Il mentionne qu’"à la 97e minute, il y a eu un arrêt de jeu temporaire suite à la contestation de la décision du corps arbitral sur un penalty accordé à l’équipe marocaine".
Le même document précise l’origine de cet arrêt. Il fait état d’une contestation émanant "des joueurs et de l’ensemble du staff sénégalais", avant d’ajouter un élément déterminant : "sur instruction de leur entraîneur principal […], les joueurs sont rentrés dans le vestiaire".
Le rapport décrit également les conditions de reprise du match. Il indique qu’une interruption supplémentaire a été nécessaire "suite aux désordres causés par les supporters de l’équipe sénégalaise contre les agents de l’ordre", précisant que le jeu n’a repris qu’"après environ 12 minutes".
Ces éléments sont corroborés par le rapport du coordinateur général. Celui-ci évoque "de très vives protestations du coach, du staff technique, des joueurs de champ et des remplaçants du Sénégal" au moment du recours à la VAR, protestations qui "se sont encore plus intensifiées" après la décision finale de l’arbitre.
Le même rapport décrit la séquence de retrait en des termes explicites. "Le coach sénégalais ainsi que d’autres membres du staff technique ont par la suite demandé aux joueurs de champ de quitter le terrain et d’aller dans les vestiaires, abandonnant le match". Il précise que les joueurs titulaires, les remplaçants et le staff "sont donc allés dans leurs vestiaires".
Le rapport du commissaire du match confirme cette lecture. Dans la version versée au dossier, rédigée en anglais, il est indiqué que "l’entraîneur du Sénégal a demandé à ses joueurs de quitter le terrain" et que "la plupart d’entre eux sont partis", entraînant une interruption du match pendant plusieurs minutes.
Les déclarations d'avant-match de Pape Thiaw : l'étincelle qui a embrasé la finale
Sur le volet sécuritaire, les rapports convergent également. Le coordinateur général fait état de supporters sénégalais qui "ont essayé d’envahir le terrain avec violence aggravée sur les stadiers et agents de sécurité", évoquant des incidents ayant duré "environ 15 minutes" et ayant fait "plusieurs blessés" parmi le personnel de sécurité.
Le rapport du commissaire, dans sa version anglaise, mentionne lui aussi que des supporters "ont tenté d’envahir le terrain" et "ont lancé différents objets sur la pelouse". Les rapports de sécurité décrivent de leur côté des supporters "très furieux et agressifs", responsables de "dégâts matériels et humains".
Mais c’est dans les rapports de sécurité qu’apparaît un autre élément, en amont cette fois. Le rapport d’incident de sécurité, établi par l’officier de sécurité de la CAF, mentionne expressément que "les déclarations d’avant-match n’ont pas été rassurantes".
Une appréciation qui renvoie aux propos du sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, qui avait affirmé deux jours avant la finale à Rabat que ses joueurs avaient été "mis en danger" lors de leur arrivée.
Le même rapport met également en évidence un défaut d’anticipation. Il indique qu’"une action de communication et de sensibilisation auprès des supporters et des staffs techniques, notamment les coachs et les équipes, aurait permis d’anticiper la réaction face à une décision arbitrale controversée et de réduire la pression émotionnelle dans les tribunes".
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