Grand Stade Hassan II : ce que recouvre le marché à 3,7 MMDH remporté par le duo SGTM-TGCC
Le montant de 3,7 MMDH retenu pour la couverture et la façade du Grand Stade Hassan II de Benslimane peut surprendre. Or, il s'agit là d’un des lots les plus complexes et techniques du projet. Retour sur les principales exigences du cahier des prescriptions spéciales (CPS).
Le groupement SGTM-TGCC a été retenu pour la réalisation du lot relatif à la couverture et à la façade du Grand Stade Hassan II de Benslimane, pour un montant de 3,7 milliards de DH (MMDH). Un niveau de prix qui peut surprendre de prime abord, mais qui s’explique par la complexité technique de ce lot, parmi les plus exigeants du projet. L’Agence nationale des équipements publics (ANEP) avait d’ailleurs estimé ce lot à 3,3 MMDH lors du lancement de l’appel d’offres. Et à titre indicatif, l’offre de la société Inter Tridim, finalement écartée à l’issue de l’examen des dossiers financiers, s’élevait à 3,8 MMDH, soit un niveau de prix globalement aligné sur celui proposé par le groupement retenu.
Contrairement à une toiture classique, la couverture du futur stade s’apparente à une véritable infrastructure d’ingénierie lourde, le projet s'inspirant du rassemblement social traditionnel du Maroc, le Moussem.
Concrètement, le stade sera situé sous un grand toit de tente. Le cahier des charges prévoit ainsi une combinaison de charpente métallique, de réseaux de câbles tendus et d’une enveloppe en membrane textile et en aluminium. Cette architecture nécessite des procédés de conception et de réalisation particulièrement sophistiqués.
Des fondations conformes aux exigences sismiques et des terrassements complémentaires
Dans le détail, le marché se compose de quatre principaux volets : le gros œuvre, la charpente métallique, la structure du réseau de câbles tendus et l'enveloppe finale, composée de membranes et d'aluminium. Le délai de réalisation est, lui, fixé à 24 mois.
Consulté par nos soins, le cahier des prescriptions spéciales (CPS) de ce marché démontre que la complexité du projet commence dès les fondations. Il impose la réalisation de fondations profondes, conformes aux normes Eurocode 7 [normes européennes, ndlr] et aux exigences sismiques de l’Eurocode 8. Les pieux, entièrement armés sur toute leur hauteur, doivent être adaptés en continu en fonction des conditions réelles du sol.
À cela s’ajoutent des travaux de terrassement importants, incluant le traitement de terrains argileux, rocheux ou compressibles, le rabattement des nappes, les soutènements ainsi que les dispositifs de drainage. L’ensemble de ces opérations requiert des moyens techniques lourds et une expertise technique pointue, contribuant probablement à tirer les coûts vers le haut.
Une charpente métallique de haute précision
La structure de la toiture repose pour sa part sur une charpente métallique de grande portée, mobilisant des aciers de haute performance répondant à des normes européennes strictes de construction, relatives notamment à la résistance aux séismes.
Quant aux opérations de fabrication et d’assemblage (soudure, boulonnage, usinage des plaques), elles doivent être réalisées avec une très grande précision et feront également l’objet de contrôles obligatoires.
Un système de câbles et de membranes à haute technicité
L’un des éléments les plus sensibles du projet réside dans le système de couverture lui-même. Celui-ci repose sur un réseau de câbles en acier à haute résistance, galvanisés à chaud (alliage zinc et aluminium) et conçus pour garantir une durabilité élevée, notamment face à la corrosion.
La membrane en tissu, quant à elle, doit être installée sous tension, selon des paramètres strictement définis. La structure doit être autoportante et stable une fois le bâtiment entièrement terminé. Ainsi, toute déformation ou pli sont proscrits, ce qui impose des essais de précontrainte et un contrôle rigoureux lors de la mise en œuvre. Le montage de ce type de structure dépend par ailleurs fortement des conditions météorologiques, ce qui ajoute une contrainte supplémentaire à l’exécution des travaux.
Au-delà des aspects techniques, le processus de montage constitue en lui-même un défi. Le cahier des charges impose à l’entreprise de définir une méthodologie détaillée, intégrant une analyse par étapes de la mise en place des mâts, des câbles et des éléments de couverture.
Un ingénieur spécialisé en montage doit être mobilisé pour anticiper les effets de chaque phase de construction sur la structure finale. Cette approche peut ainsi alourdir à la fois les délais et les coûts.
Des exigences environnementales élevées
Le projet s’inscrit également dans une démarche de certification environnementale ambitieuse, visant les labels "LEED BD+C v4" et "HQE Infrastructures Durables". Ces référentiels imposent des contraintes strictes en matière de choix des matériaux, de performance énergétique, de durabilité et de traçabilité.
Les entreprises doivent ainsi fournir des documents techniques détaillés, privilégier des matériaux conformes à des normes internationales et intégrer des procédés de construction à faible impact environnemental. Ces exigences peuvent également contribuer à renchérir le coût global du marché.
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