Hausse des carburants : les transporteurs de marchandises demandent une revalorisation des aides
La hausse récente des carburants d’environ 2,40 dirhams met sous pression le transport routier de marchandises. Les professionnels dénoncent un dispositif d’aide insuffisant et alertent sur des risques d’arrêt d’activité, appelant à un plafonnement des prix et à une revalorisation urgente du soutien public.
La hausse récente des prix des carburants au Maroc suscite une vive réaction des professionnels du transport routier de marchandises. Dans un communiqué daté du 31 mars 2026, la coordination des syndicats du secteur exprime son "profond mécontentement" face à une augmentation jugée "importante", estimée à près de 2,40 dirhams, qui vient alourdir davantage les charges d’exploitation.
Selon les syndicats, cette nouvelle hausse s’inscrit dans un contexte déjà marqué par une succession d’augmentations, aggravant la situation économique des opérateurs. Ils pointent du doigt une incapacité des pouvoirs publics à réguler le marché des hydrocarbures, évoquant notamment l’absence de révision de la structure des prix. Cette situation, estiment-ils, impacte non seulement les professionnels du transport, mais aussi le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisé par l’inflation des produits de consommation.
Le secteur ferait ainsi face à une "crise réelle", susceptible d’entraîner la cessation d’activité de plusieurs entreprises de transport, avec des répercussions économiques et sociales importantes. Pour atténuer ces effets, les professionnels formulent plusieurs revendications, en tête desquelles le plafonnement des prix des carburants.
Dans l’attente d’une telle mesure, ils appellent à une revalorisation significative de l’aide financière accordée par l’État. La coordination propose ainsi de porter l’aide à 15.000 dirhams pour les tracteurs routiers (contre 6.000 dirhams actuellement), à 5.000 dirhams pour les camions de 3,5 à 14 tonnes (au lieu de 2.600 dirhams), à 7.000 dirhams pour ceux de 14 à 19 tonnes (contre 3.400 dirhams), et à 9.000 dirhams pour les camions dépassant 19 tonnes (au lieu de 4.200 dirhams).
Les syndicats insistent également sur la nécessité d’un versement régulier et mensuel de cette aide, afin d’assurer une meilleure visibilité aux opérateurs.
Pour rappel, le gouvernement a relancé un dispositif d’aide exceptionnelle destiné aux professionnels du transport, dans un contexte de hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux. Cette mesure vise à limiter l’impact de la flambée des coûts énergétiques sur les prix et à préserver le pouvoir d’achat.
Depuis le 20 mars, les transporteurs peuvent s’inscrire via la plateforme dédiée pour soumettre leurs demandes et suivre leur traitement. Ce mécanisme couvre plusieurs segments, dont le transport de marchandises, le transport de voyageurs (public et privé), les taxis, le transport rural, ainsi que les autocars et le transport touristique.
Malgré ce dispositif, les professionnels du transport routier de marchandises estiment que les mesures actuelles restent insuffisantes face à l’ampleur des hausses enregistrées. Ils appellent ainsi le gouvernement à prendre des décisions plus structurelles pour stabiliser le secteur et anticiper les fluctuations du marché énergétique.
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