Maroc U17. L’émergence d’une génération qui promet
Les Lionceaux de l’Atlas ont survolé le tournoi de l’UNAF pour se qualifier à la prochaine Coupe d’Afrique des nations de la catégorie. Ils ont également semé de belles promesses grâce à un collectif aux menaces protéiformes et pétri de talents.
Champion d’Afrique U17, le Maroc défendra son titre devant ses supporters, du 13 mai au 2 juin 2026, à la faveur d’un sacre incontestable lors du tournoi de l’Union nord-africaine de football (UNAF).

Il est vrai que d’un tournoi à l’autre, l’identité des joueurs qui forment les groupes est dissemblable. Mais pour le coup, ce n’est pas pour nous déplaire.
Les joueurs qui composaient l’équipe nationale U17 en Libye, sous les ordres du Portugais Tiago Lima Pereira, qui a été nommé à la place de Nabil Baha, ont montré des qualités techniques, tactiques, athlétiques et mentales supérieures à leurs prédécesseurs.
De brillantes individualités au service d’un collectif qui a réalisé un parcours quasi parfait, avec une domination nette dans tous les compartiments du jeu. En témoigne le bilan global de l’équipe nationale U17 au terme du tournoi de l’UNAF :
- 4 matchs ;
- 4 victoires ;
- 10 buts marqués ;
- 2 buts encaissés.
En détail, la répartition des buts marqués par type d’action dessine les contours d’une équipe qui s’est surtout montrée ultra dangereuse en transition (50 % des buts).
Mais pas seulement, puisque les Lions de l’Atlas ont également été dangereux sur les phases arrêtées et le jeu placé :
- Transitions rapides : 5 buts ;
- Jeu placé : 2 buts ;
- Coups de pied arrêtés : 2 buts ;
- Contre son camp provoqué : 1.
Le timing de ces réalisations symbolise les forces d’une équipe capable de marquer à tous les moments du match, avec une mention spéciale pour les fins de période (45e et 90e), signe des facultés de concentration et des qualités athlétiques des protégés du technicien portugais :
- 0-30 min : 3 buts ;
- 30-45+ min : 3 buts ;
- 45-75 min : 2 buts ;
- 75-90+ min : 2 buts.
Sur le plan défensif, les deux buts encaissés face à l’Égypte et la Libye mettent en relief les rares failles de l’organisation sans ballon d’une équipe qui a très peu été mise en danger tout au long de la compétition :
- gestion des phases arrêtées défensives ;
- vulnérabilité ponctuelle dans la gestion de la profondeur, en phase de transition attaque-défense.

Individuellement, plusieurs Lionceaux ont contribué de manière décisive à cette réussite. Voici les joueurs les plus décisifs (buts + passes décisives) :
- Adam Boughazir : 3 buts ;
- Rami Lougmani : 2 buts + 1 passe décisive ;
- Adnan El Boujjoufi : 2 buts ;
- Ilian Hadidi : 2 passes décisives ;
- Adam Ellaky : 1 passe décisive ;
- Hamza Chalali : 1 passe décisive ;
- Yassine Saïdi : 1 passe décisive ;
- Ismail El Aoud : 1 passe décisive.
Mais il n’y a pas que les attaquants qui ont été à la hauteur des attentes et de l’événement. On vous les présente ligne par ligne.
Des individualités qui ont marqué le tournoi
Le portier Adam El Maach n’a pas été particulièrement mis en danger tout au long de la compétition. Il a eu très peu d’arrêts à réaliser, mais il n’a pas montré une grande sérénité lorsqu’il a été sollicité.
En particulier dans le jeu aérien et dans la gestion de la profondeur. Il sortait souvent à contretemps dans les deux cas. En revanche, son jeu au pied est de qualité. Globalement, s’il n’a quasiment rien eu à faire, c’est parce qu’il a été protégé.
Les performances défensives des Marocains ne sont pas le fruit du hasard. À commencer par la charnière centrale où Adam Soudi (Toulouse FC U19) a particulièrement été à son avantage. Que ce soit dans l’anticipation, la lecture du jeu mais aussi avec le ballon.
Dépositaire de la relance dans les zones basses, Adam Soudi a été d’une grande utilité dans la relation défense-milieu de terrain. Le gaucher à la conduite de balle assurée pêche encore dans l’impact et le jeu long.
D’un côté comme de l’autre de l’arrière-garde marocaine, le latéral droit Aymen Tahiri (RS Berkane U18) et son pendant côté gauche, Mohamed Habib Zinbi (Anderlecht U18).
On doit vous avouer que nous avons eu un coup de cœur pour cet arrière gauche, aux projections offensives incessantes et à la technique soyeuse.
S’il a ouvert le compteur de son équipe dans la compétition en inscrivant le premier but face à la Tunisie sur corner, il n’a eu de cesse de demander le ballon sur son couloir, preuve d’une grande personnalité.
À son aise dans les petits espaces, il gagnerait tout de même à épurer son jeu, notamment dans le demi-terrain défensif. Par excès de confiance, il a parfois tenté des gestes techniques ardus.
Une prise de risques qui a souvent mis en danger ses défenseurs centraux. Moins technique mais bien plus sûr défensivement, Aymen Tahiri a impressionné par sa culture tactique et défensive.
Le droitier, avec lequel nous avions longuement discuté dans les coursives de l’académie de Berkane pendant la réalisation du dossier consacré au nouveau programme de formation des jeunes footballeurs, nous avait fait grande impression.
À l’époque, son rêve était de porter le maillot de l’équipe nationale A. On peut d’ores et déjà assumer le fait de dire qu’il est sur la bonne voie. Surtout s’il réussit à maintenir le niveau d’exigence qu’il s’impose.
Pour s’en persuader, il suffit de revoir toute la hargne qu’il exprime à chaque duel remporté, action annihilée et ballon récupéré.
Certes, son apport offensif ne restera pas dans les mémoires, mais sa vitesse, sa vélocité, ainsi qu’une vitesse maximale aérobie (VMA) élevée le prédestinent à une carrière professionnelle.
Marouane Bentaleb et Ilian Hadidi ont régné au milieu
Dans l’entrejeu, deux joueurs ont particulièrement été dominants. Marouane Bentaleb n’a ni marqué ni donné de passe décisive, mais il a été à l’origine de quasiment toutes les actions dangereuses de son équipe.
Régnant en maître au milieu de terrain, le capitaine des U17 vient de signer son premier contrat professionnel sous les couleurs de l’Ajax Amsterdam. Assez logique au vu de sa qualité de passe et de sa vision du jeu. En plus, il ne perd quasiment jamais un ballon.
Toutefois, il a encore quelques oublis et lacunes, conséquences d’un léger déficit de concentration sur l’ensemble d’une rencontre. Mais aussi un positionnement défensif à améliorer.
Positionné dans un rôle de milieu relayeur-offensif sur le côté gauche du trio à pointe basse au milieu de terrain, Ilian Hadidi a sans doute fait briller les yeux des scouts qui suivaient la compétition.
Toujours bien orienté dans ses prises de balle, Hadidi possède toutes les qualités du milieu offensif moderne. Ses déplacements entre les lignes et dans les intervalles sont un vrai poison pour les blocs défensifs adverses.
De plus, sa technique balle au pied et en mouvement frise la perfection. Il faut se réveiller très tôt pour réussir à lui subtiliser le ballon.
D’autant que le milieu de terrain, qui joue en 6 dans son club (Standard de Liège U17), possède une justesse rare dans la prise de décision pour un joueur de son âge.
Sa marge de progression se situe toutefois dans sa capacité à être influent tout au long d’une rencontre. Il lui arrive encore de disparaître de la circulation.
Idem pour Ibrahim Rabaj. Même si le gaucher de Chelsea (U18), surnommé le Messi marocain, laissera un souvenir impérissable aux observateurs du tournoi UNAF.
En vrai, les similitudes avec le génie argentin ne sont pas uniquement capillaires. Car s’il fait penser à Messi, c’est en raison de ses qualités de déstabilisation.
Aligné sur le côté droit de l’attaque, il est tout aussi à l’aise pour déborder à l’extérieur ou pour rentrer à l’intérieur du jeu sur son pied gauche. Les séquences où il a fait perdre la tête à son adversaire direct sont légion.
Petit pont, grand pont, crochet… Ibrahim Rabaj a étalé toute sa palette technique. Et à aucun moment l’opposition n’a réussi à réduire son influence ou à stopper ses dribbles chaloupés. Le fait que le Maroc dispose également d’un ailier gauche est simplifiant.
Car difficile de coulisser et mettre en place des prises à deux ou à trois sur Rabaj tout en sachant qu’à l’opposé, il y a un attaquant au moins aussi dangereux.
Des attaquants aux qualités différentes et complémentaires
Désigné meilleur joueur à l’issue de la victoire du Maroc sur la Libye, Adam Boughazir a posé aux défenses d’autres problématiques.
Notamment une technique en vitesse sûre mais aussi une efficacité impressionnante dans le demi-terrain offensif.
Auteur de trois réalisations, l’une en renard des surfaces et deux autres en transition, l’ailier formé à l’Académie Mohamed VI a causé bien des tourments aux défenseurs qu’il a croisés.
Même s’il a encore quelques difficultés dans le jeu combiné au sol et dans les duels aériens. Au poste d’avant-centre, plusieurs joueurs se sont mis en évidence. En particulier, Rami Lougmani.
Sa principale qualité est de toujours être là au bon moment et au bon endroit. Comme le prouvent ses deux réalisations. La qualité de son jeu dos au but est tout aussi intéressante, au même titre que ses contrôles orientés.
Avec le temps, Lougmani réussira certainement à améliorer sa relation technique avec ses milieux de terrain qui ont parfois eu du mal à s’appuyer sur lui.
Enfin, mention spéciale à Adnan El Boujjoufi (Go Ahead U17) qui a parfaitement rempli son rôle de supersub, inscrivant deux buts en sortie de banc.
D’ici la Coupe du monde 2030, cette joyeuse bande de copains ne pourra pas encore prétendre à une place en équipe nationale A. Mais nul doute qu’elle est déjà prête à défendre le titre du Maroc lors de la prochaine CAN de la catégorie.
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