Gaz butane : étranglés par la hausse du gasoil, les distributeurs menacent de suspendre les livraisons
Les distributeurs de bouteilles de gaz annoncent un mouvement de grève pour les 21 et 22 avril 2026. À la suite de la flambée du prix du gasoil et de la hausse de leurs charges d'exploitation, les professionnels de la distribution de gaz butane, travaillant désormais "à perte", tirent la sonnette d'alarme.
Face à la hausse des prix du gasoil depuis janvier 2026, les distributeurs de bouteilles de gaz peinent à assurer l’approvisionnement des petits commerces, des restaurants et des ménages.
Contacté par nos soins, un professionnel du secteur explique que l’augmentation des coûts de transport pèse lourdement sur l’ensemble de la filière, au point que certains opérateurs travaillent désormais à perte.
Les distributeurs appellent à une révision de leur marge bénéficiaire. À défaut, ils réclament la mise en place d’un soutien adapté, soulignant que le dispositif actuel de compensation ne couvre pas près de 70% des opérateurs.
"Le gaz est un produit réglementé et subventionné, ce qui signifie que son prix est fixe et que nous ne pouvons pas l’augmenter. En revanche, les coûts liés à la distribution ont fortement augmenté : camions, pneus, pièces de rechange, huiles ou encore salaires", souligne Mohamed Benjelloun, président de l’Association des distributeurs.
"La situation s’est aggravée dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient, avec une hausse du prix du gasoil de 3,5 dirhams par litre en janvier. Depuis un certain temps, nous sollicitons les départements concernés, notamment en charge de l’énergie et de la gouvernance, afin de trouver une solution. À ce jour, aucune réponse concrète ne nous a été apportée", déplore-t-il.
Face à cette impasse, les professionnels ont décidé de lancer un appel à la grève les 21 et 22 avril, tout en se disant ouverts au dialogue. "Les autorités viennent de recevoir nos correspondances aujourd’hui. Nous attendons leur réponse. Si une solution satisfaisante est proposée, nous sommes prêts à la considérer. Sinon, le mouvement pourra se poursuivre", précise-t-il.
"Dans un souci de limiter l’impact sur les citoyens, les dates de la grève ont été annoncées à l’avance et les dépôts resteront ouverts pour permettre aux clients de s’approvisionner", affirme notre interlocuteur.
Les distributeurs demandent par ailleurs à bénéficier d’aides similaires à celles accordées aux professionnels du transport (marchandises, transport public et privé de voyageurs, taxis, transport rural, autocars, autobus ou transport touristique). Ils estiment assurer, eux aussi, un "service essentiel de proximité, sans bénéficier du même soutien, malgré des contraintes comparables".
Même son de cloche du côté d’un autre professionnel opérant à Casablanca. "Il serait logique que nous bénéficiions du même type de subventions que les transports, puisque nous assurons également un service de proximité pour les particuliers et les petits commerces. Sans cela, nous serons contraints d’augmenter les prix".
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