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ECONOMIE

Fayçal Mekouar: “2% des entreprises seulement ont des comptes certifiés : est-ce normal ?”

ENTRETIEN. Fayçal Mekouar quitte la présidence de l'Ordre des experts-comptables sans langue de bois. Entretien avec un président sortant qui parle comme un chef d'entreprise.

Fayçal Mekouar: “2% des entreprises seulement ont des comptes certifiés : est-ce normal ?”
Reda Berrada
Le 12 avril 2026 à 16h37 | Modifié 13 avril 2026 à 8h12

Fayçal Mekouar, qui s'apprête à passer la main à la tête de l'Ordre des experts-comptables, dit ce que peu assument en public : que la loi qui régit la profession date intellectuellement des années 80, que la marque marocaine en expertise-comptable est inexistante malgré les nombreuses compétences, que seules 2% des entreprises du pays ont des comptes certifiés — et que quand l'Ordre propose d'abaisser ce seuil, on lui répond "corporatisme".

Il ajoute qu'un arrêté attendu depuis 2015 pour encadrer la formation est "arrêté" depuis dix ans.

Il fait le diagnostic d'une profession solide, crédible, et coincée dans un cadre réglementaire qui ne lui permet pas d'être ce qu'elle devrait être -un acteur de premier plan dans la structuration de l'économie marocaine, à l'heure où transparence, gouvernance et durabilité ne sont plus des options.

Mekouar ne se représente pas. Il parle donc librement.

- Votre mandat à la tête de l’Ordre des experts-Comptables arrive à son terme. Quel regard portez-vous sur ces trois années dans un contexte économique marqué par de profondes mutations ?

Fayçal Mekouar: Ces trois années ont été particulièrement structurantes, à la fois pour la profession et pour l’économie marocaine dans son ensemble. Le Maroc a connu une période de transformation accélérée marquée par la digitalisation de l’économie et des risques de cybersécurité qui vont avec.

Parallèlement, avec la mise en place de normes de gouvernance, de dispositif de lutte anti-blanchiment et de mécanismes de lutte contre l’informel, les exigences de transparence demandées aux entreprises se sont accrues avec, notamment une montée en puissance des institutions de régulation économique (Conseil de la Concurrence, AMMC, BKAM, ACAPS…). Enfin, on a également vu émerger des enjeux de durabilité.

De professionnel du chiffre à tiers de confiance

Dans ce contexte, l’expert-comptable voit son rôle évoluer sensiblement. Il n’est plus seulement un technicien du chiffre garant de la conformité comptable et fiscale. Il devient progressivement un tiers de confiance au cœur des mécanismes de gouvernance économique, capable d’accompagner les entreprises dans leurs décisions stratégiques et les pouvoirs publics dans la sécurisation de leurs politiques économiques. Notre métier doit évoluer, aussi bien en amont qu’en aval en terme de formation initiale, ou continue, qu’au niveau de la pratique.

Au cours du mandat 2023-2026, l’Ordre des experts comptable s’est attaché à accompagner cette transformation. Nous avons notamment renforcé notre dialogue avec les institutions, organisé des événements structurants pour la profession et engagé des chantiers majeurs pour préparer l’avenir du métier.

Les Assises et le Congrès de la profession ont par exemple permis de positionner clairement l’expert-comptable, comme ce tiers de confiance et comme un acteur central dans les transformations liées à l’IA, aux talents et à la durabilité.

Il faut aligner les responsabilités confiées à la profession avec les moyens et la reconnaissance correspondants.

- Vous parlez de l’expert-comptable “tiers de confiance”. Comment ce rôle a-t-il évolué ces dernières années ?

- Le rôle de tiers de confiance de l’expert-comptable s’est considérablement renforcé au cours des dernières années.

Historiquement, cette fonction reposait essentiellement sur les missions d’audit et de certification des comptes.

Aujourd’hui, elle s’étend à des domaines beaucoup plus larges. Les experts-comptables jouent désormais un rôle essentiel dans la fiabilisation de l’information financière et fiscale, dans la sécurisation des dispositifs réglementaires et dans l’accompagnement des politiques publiques.

Par exemple, la profession est désormais impliquée dans des dispositifs liés à l’investissement, notamment pour attester de la réalité des investissements et des emplois créés dans le cadre des politiques d’incitation économique. Avec la DGI, et à côté de la certification des comptes, nos missions se sont élargies aux déclarations rectificatives, à celles concernant les retards de paiement et nous sommes en discussion concernant le visa des bilans.

Ce rôle implique évidemment une responsabilité accrue. La multiplication des obligations déclaratives, la digitalisation des procédures et la complexité croissante des réglementations exposent davantage les professionnels. D’où la nécessité d’aligner les responsabilités confiées à la profession avec les moyens et la reconnaissance correspondants.

La loi qui régit la profession est adaptée aux années 80. Elle ne reflète plus les réalités actuelles.

- Justement, vous avez lancé durant ce mandat une étude stratégique d’envergure sur la profession. Pourquoi cette démarche ?

- Il faut tout d’abord souligner que l’idée de cette étude était en gestation depuis plus d’une dizaine d’années et que le mandat actuel a franchi le pas. Nous avons estimé qu’il était indispensable de prendre du recul et de mener un diagnostic lucide sur l’avenir de la profession. La loi 15-89, qui régit l’Ordre et la profession date de 1993, est adaptée à l’économie des années 80. Elle a permis de structurer la profession, mais elle ne reflète plus totalement les réalités économiques et technologiques actuelles.

C’est dans cette perspective que l’Ordre a conduit une étude stratégique et prospective approfondie, réalisée en concertation avec les professionnels et les institutions publiques avec un Benchmark élargi. Cette étude a permis d’établir un diagnostic clair : la profession dispose d’atouts solides – notamment sa crédibilité institutionnelle et la confiance dont elle bénéficie – mais elle évolue dans un cadre réglementaire devenu partiellement obsolète. L’objectif de cette démarche a été de construire une feuille de route claire pour adapter la profession aux nouvelles attentes des entreprises, de l’État et de la société.

- Quelles sont les principales orientations qui ressortent de l’étude et qu’allez-vous en faire ?

- L’étude a mis en évidence 3 grands axes de transformation.

Le premier vise à renforcer l’organisation professionnelle, afin de disposer d’une gouvernance plus efficace et plus inclusive. Aujourd’hui, par exemple, les membres élus du conseil National ou d’un Conseil régional sont ceux arrivés en tête en nombre de voix. Ces élections sont uninominales et ne permettent pas de constituer des équipes homogènes soudées autour d’un programme. Un scrutin de liste permettrait d’avoir plus de cohérence avec une durée de mandat portée à 4 ans au lieu de 3, pour permettre l’achèvement des programmes.

- Et quid de la séparation entre expertise-comptable et commissariat aux comptes ? En France il y a 2 instances différentes par exemple !

- Le cas français ne constitue pas une règle. Il faut maintenir l’unicité de l’Ordre. Toutefois, les activités audit et non-audit ne doivent pas être appréhendées de la même manière.

Pour l’audit, l’expert-comptable à notamment la lourde responsabilité de la certification des comptes de grandes entreprises et d’entités faisant appel public à l’épargne notamment. Dans ce cas, la mission première de l’Ordre est d’accompagner ses membres à travers la formation, la normalisation et le contrôle qualité.

Pour les activités "non-audit", les préoccupations sont autres. Il s’agit pour l’Ordre d’aider ses membres à ajouter à leur compétences d’expertise-comptable, d’autres briques de compétences en matière de conseil et de missions de tiers de confiance. C’est pour cela que l’étude a recommandé que l’équipe élue soit spécialisée : le président de l’Ordre sera ainsi secondé par 2 vice-présidents : un pour le métier audit et l’autre qui coifferait le métier "non-audit". Cette distinction se déclinerait également au niveau des Conseils régionaux.

Enfin et pour terminer sur l’axe du renforcement de l’Ordre, la création de Conseils régionaux doit également être appréhendée à l’aune de leur viabilité.

L’Ordre dispose de 6 Conseils régionaux, dont quatre de création récente et qui cumulent à peine 15% des membres. Le texte actuel impose d’avoir un Conseil régional dès l’atteinte d’un seuil de 20 membres. Or, la pratique a démontré que ce seuil ne permettrait pas d’avoir des ressources de cotisation suffisantes pour, à la fois, déployer un programme d’action et en rétrocéder une partie au Conseil national. C’est pour cela que l’étude a recommandé un seuil minimal de 50 membres.

L'Ordre compte 887 experts-comptables sans aucun réseau marocain

- Justement, combien de membres compte aujourd’hui l’Ordre ? Quels sont les principaux réseaux de cabinets au Maroc ?

- Au 30 mars dernier, l’Ordre comptait 887 experts-comptables représentant 609 personnes morales et justement on ne compte pas de réseaux marocains. Pourquoi ? La raison est réglementaire et c’est justement sur ce point que porte le 2e axe de transformation : celui de l’attractivité de la profession et le développement des compétences et des lignes de métier.

Pour développer des marques et des réseaux, il faut permettre les regroupements et les prises de participation. Aujourd’hui, un expert-comptable ne peut être gérant que d’une seule société d’expertise-comptable, une entité d’expertise-comptable ne peut pas prendre des parts dans une autre entité d’expertise-comptable et 75% au moins des parts d’une société d’expertise-comptable doivent être détenus par les experts-comptables en tant que personnes physiques.

La marque marocaine en expertise-comptable est inexistante, alors que nous avons des compétences bien formées.

La marque marocaine en expertise-comptable est inexistante, alors que nous avons des compétences bien formées.

Le diagnostic de notre étude est, à ce sujet édifiant : 42% des cabinets d'expertise comptable sont constitués d'un seul expert-comptable et font un chiffre d'affaires inférieur à 1 million de DH.

Comment voulez-vous développer des réseaux, investir dans l’IA, offrir du conseil organisationnel, juridique, fiscale et technologique ? Un cabinet d’expertise-comptable ne fait pas seulement de la tenue de comptabilité ou de l’audit, la plupart de nos missions sont à dimensions multiples. Il faut donc détricoter le carcan légal qui procède d’une logique qui prévalait il y près de 40 ans.

Ouvrir le capital mais avec les garde-fous nécessaires

- Vous pensez à l’ouverture du capital à l’image de ce qui a été fait dans la santé…

- Oui, mais avec les garde-fous nécessaires.

Par exemple, baisser le seuil de 75% des parts détenues par l’expert-comptable à 66% ou même 51% pour fidéliser d’autres compétences (des ingénieurs, des statisticiens…) à travers une participation au capital.

Autre point important, permettre à des cabinets d’expertise-comptable de prendre des participations dans d’autres cabinets. En fait passer de la logique des personnes à la logique des entreprises.

C’est de cette manière que l’on peut avoir des réseaux de cabinets, des mutualisations de moyens pour investir dans les outils technologiques et logiciels qui peuvent nous rendre compétitifs à l’international et particulièrement sur le plan continental.

La marque marocaine en expertise-comptable est inexistante, alors que nous avons des compétences bien formées.

- Vous parliez de 3 axes de transformation. Quel est le troisième ?

- Celui de la modernisation du dispositif de régulation et de contrôle de qualité, indispensable pour préserver la confiance dans la profession.

Aujourd’hui, à travers ses prérogatives, l’Ordre assure une forme d’autorégulation, notamment en matière de contrôle de la qualité de ses membres et de normalisation.

Or, le contexte économique et réglementaire a beaucoup évolué et une concertation avec les instances de régulation est nécessaire. On ne fait pas l’audit d’une banque, comme on le ferait pour une société de télécoms, d’une compagnie d’assurance ou encore d’une entité cotée en Bourse. Aux diligences communément admises à l’international vient s’ajouter une couche légale, spécifique, imposée par les régulateurs.

A côté de cela, et hormis l’audit, la normalisation et les bonnes pratiques doivent être challengées avec les instances étatiques afin d’avoir une grille de lecture commune et évolutive, notamment en matière comptable et fiscale. C’est pour cela que nous avons proposé la création d’instances de coordination entre l’Ordre et les acteurs institutionnels à l’instar de l’AMMC, BKAM, l’ACAPS, la DGI…

- Revenons aux compétences et à la formation. Combien d’experts-comptables sont formés par an au Maroc et comment se fait-il que seul l’ISCAE forme ce type de profil ?

- On compte environ 35 à 40 diplômés par an, certains exercent le métier d’expert-comptable et d’autres sont recrutés par les entreprises dans la finance, le contrôle de gestion et le contrôle interne notamment.

Mais la profession est également alimentée par les experts-comptables diplômés à l’étranger, en France notamment. Aujourd’hui, les 2/3 des membres de l’Ordre sont de formation étrangère.

Comment élargir l’offre marocaine ?

La réponse est double : d’une part, les études d’expertise-comptables sont longues et exigeantes. Elles nécessitent au minimum 7 années d’études post-bac, un stage professionnel de 3 ans, incluant des heures d’audit, et un mémoire. On compte beaucoup de personnes qui ont terminé études et stages et qui restent prisonnières du mémoire de fin d’études parce qu’elles sont déjà dans la vie active.

D’autre part, et pour répondre à la 2e partie de votre question, l’offre n’est pas régionalisée et tous les étudiants ne peuvent se permettre de s’installer à Casablanca pour étudier à l’ISCAE, qu’il faut, au passage féliciter pour son engagement depuis 30 ans dans cette formation.

Pour permettre à d’autres établissements de développer des cycles d’expertise-comptable, il faut un référentiel qui porte le nom de "cahier des normes pédagogiques du diplôme national d’expertise-comptable". Ce référentiel fixe le cursus, les conditions, les parcours… et sert également de base normative pour l’octroi des équivalences aux diplômes étrangers.

- Comment les équivalences sont-elles accordées aujourd’hui aux diplômes étrangers ?

- Justement c’est là que le bât blesse. Une circulaire ministérielle datant que 1995, établie avec la profession en avait fixé les conditions, qui sont d’ailleurs celles appliquées par l’ISCAE ou encore celles caractérisant le diplôme national français.

Aujourd’hui, et avec la réforme de l’enseignement supérieur, des équivalences sont accordées sur une base assez floue qui mêle le rationnel et le politique.

Côté rationnel, on estime sur ce plan qu’une formation supérieure en finances-comptabilité est suffisante, côté politique on brandit l’argument qui consiste à favoriser le retour des Marocains à leur pays. Or, l’exercice du métier suppose des prérequis spécifiques dont, par exemple, 200 heures de pratiques d’audit, AVANT le diplôme et surtout une formation orientée gestion des risques, respect de la conformité et entreprenariat, car, ne l’oublions pas, l’expert-comptable a une vocation initiale à exercer un métier libéral. Sa vocation d’entrepreneur est concomitante à son métier.

Or, on se retrouve avec des équivalences accordées à ces diplômés ne remplissant pas toutes les conditions de formation, ce qui risque de dégrader la qualité du métier. L’Ordre, qui porte la responsabilité de l’inscription des nouveaux membres, refuse parfois d’admettre dans ses rangs des profils, même armés d’équivalence, mais insuffisamment formés ou n’ayant pas la pratique nécessaire. Résultat : nous avons des litiges en justice, mais nous assumons. Il ne faut pas dégrader le métier.

L'arrêté qui a été "arrêté"

-  Mais pourquoi, alors, ce cahier des normes pédagogiques n’est-il pas adopté ?

- Posez la question à l’Etat. Ce projet est un serpent de mer qui nage depuis 2015. La dernière mouture portée par l’actuel mandat a été finalisée depuis plus d’un an et validée aussi bien par la profession que l’administration. Maintenant, elle doit être transformée en arrêté. En somme c’est un arrêté qui est "arrêté".

- Vous parlez de pratique de l’audit, comme d’une question centrale, mais tous les experts-comptables ne sont pas auditeurs, ils exercent d’autres prestations…

- Rectification : tous les experts-comptables au Maroc sont des auditeurs mais tous n’exercent pas l’audit.

Bien sûr qu’ils fournissent d’autres prestations, car ils sont des conseillers stratégiques pour les entreprises. La transformation du métier passe d’abord par la transformation des compétences. L’expert-comptable doit aujourd’hui maîtriser des domaines qui dépassent largement la comptabilité traditionnelle : gouvernance, marchés de capitaux, finance durable, expertise judiciaire ou encore gestion patrimoniale.

Au cours de ce mandat, l’Ordre a fortement investi dans la formation continue à travers son institut de formation. Plus de 815 membres ont suivi des cycles certifiants et des programmes de formation spécialisés en trois ans, couvrant des domaines tels que les marchés financiers, l’expertise judiciaire ou la gouvernance des entreprises.

Mais l’audit, et notamment la certification des comptes reste important : c’est un facteur de fiabilisation de la donnée financière des entreprises, utile pour la structuration des politiques économiques, utile pour évaluer le risque bancaire et pour développer le marché des capitaux…En est-on réellement conscient ?

- Que voulez-vous dire par là ?

- C’est très simple, aujourd’hui, seules les SA et les sociétés qui font plus de 50 MDH de chiffre d’affaires doivent avoir des comptes certifiés. Cela veut dire que les comptes de 2% seulement des entreprises au Maroc sont fiabilisés !

En somme, une entreprise qui fait 49 MDH de chiffre d’affaires et qui emploie 200 personnes peut avoir des chiffres biaisés et présenter un risque pour la banque, pour l’emploi et pour ses fournisseurs. Ailleurs, le seuil est plus bas et il est conjugué à l’emploi et au total bilan.

En France, par exemple, ce seuil est de 30 MDH de CA et dès que l’on dépasse 50 emplois on y est assujetti. Au Portugal, c’est la même chose. En Suède, c’est 3 millions de DH de CA seulement et un seuil de 3 emplois. Ces pays sont-ils moins intelligents que nous ?

- Pourquoi ce seuil n’a pas été abaissé ?

- Nous l’avons proposé. Il y a va de la fiabilisation des chiffres et de la bonne connaissance des risques qui pèsent sur l’économie. Mais quand nous l’avons fait, on nous a taxés de corporatisme.

- Êtes-vous candidat à un second mandat à la présidence de l’Ordre ? Si non, que conseilleriez-vous à votre successeur ?

- Je ne suis pas candidat, l’Ordre regorge de profils aptes à prendre le relais.

Ce que je conseille à mon successeur ? Trois recommandations :

*finaliser la réforme du cadre réglementaire de la profession, en particulier les amendements à la loi 15-89. Cette réforme est essentielle pour adapter la profession aux réalités économiques actuelles et renforcer sa contribution au développement du pays.

*La deuxième recommandations serait de consolider le rôle de l’expert-comptable comme acteur central de la confiance économique, notamment dans les domaines de la transparence financière, de la gouvernance et de la durabilité.

*Enfin, il faudra poursuivre les efforts pour renforcer l’attractivité de la profession, en modernisant les parcours de formation, en accompagnant la transformation numérique des cabinets et en valorisant davantage les carrières.

-oOo-

L'essentiel

Fayçal Mekouar, président sortant de l'Ordre des experts-comptables du Maroc (mandat 2023-2026), dresse dans cet entretien avec Médias24 un diagnostic sans concessions sur l'état de la profession et les réformes à engager.

Chiffres clés à retenir:

887 experts-comptables membres de l'Ordre au 30 mars 2026.

2% seulement des entreprises marocaines ont des comptes certifiés? contre 30 MDH de seuil en France et 3 millions de DH en Suède.

42% des cabinets sont constitués d'un seul expert-comptable avec un chiffre d'affaires inférieur à 1 million de DH.

Les deux tiers des membres de l'Ordre sont diplômés à l'étranger, principalement en France.
35 à 40 diplômés formés par an au Maroc, uniquement à l'ISCAE.

Plus de 815 membres ont suivi des formations certifiantes en trois ans.

Trois réformes prioritaires identifiées :

Modernisation de la loi 15-89 qui régit la profession depuis 1993 — jugée inadaptée aux réalités économiques actuelles.

Ouverture du capital des cabinets pour permettre les regroupements, les prises de participation et le développement de réseaux marocains.

Adoption du cahier des normes pédagogiques du diplôme national — un texte finalisé depuis plus d'un an, validé par la profession et l'administration, mais toujours pas transformé en arrêté.

Contexte

Mekouar ne se représente pas à la présidence de l'Ordre. Il appelle son successeur à finaliser la réforme du cadre réglementaire, consolider le rôle de l'expert-comptable comme tiers de confiance, et moderniser les parcours de formation.

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Reda Berrada
Le 12 avril 2026 à 16h37

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