Exportations de tomates : la suspension ne concerne que la filière industrielle vers l’Afrique
Alors que des informations évoquent une suspension des exportations de tomates marocaines vers l’Europe et l’Afrique, des sources professionnelles du secteur démentent catégoriquement. Les restrictions, limitées et ciblées, ne concernent que certaines catégories de produits destinés au marché africain, dans un contexte de forte tension sur l’offre.
Depuis plusieurs jours, des informations relayées sur les réseaux sociaux et certains canaux informels affirment que le Maroc a suspendu ses exportations de tomates vers l’Europe et l’Afrique, dans un contexte de flambée des prix sur le marché local.
Selon plusieurs sources actives dans l’export des fruits et légumes, aucune décision de suspension globale n’a été prise.
"Il n’y a pas de problème d’approvisionnement ni d’arrêt des exportations. Le marché marocain est approvisionné", assure un opérateur du secteur. Il insiste sur la nécessité de ne pas "pénaliser toute une filière par des informations approximatives" .
Des restrictions limitées aux tomates industrielles vers l’Afrique
Dans le détail, les ajustements évoqués concernent un segment bien précis : les tomates industrielles, destinées à certains marchés africains.
"Pour l’Afrique subsaharienne, il peut y avoir une limitation sur certaines catégories. Mais cela ne concerne pas les tomates destinées à l’export classique", précise une autre source professionnelle.
Autrement dit, il ne s’agit ni d’un arrêt généralisé, ni d’un changement de cap commercial, mais plutôt d’arbitrages ponctuels.
Une crise de l’offre avant tout
La flambée des prix observée depuis la deuxième moitié de mars 2026, avec des niveaux atteignant 17 à 20 dirhams le kilo au détail, trouve son origine ailleurs.
La campagne agricole en cours a été marquée par une conjonction de facteurs défavorables :
- Maladies cryptogamiques liées à une forte humidité (mildiou, botrytis) ;
- Propagation de virus affectant les cultures ;
- Intempéries violentes, notamment une tempête ayant détruit ou endommagé des milliers d’hectares de serres ;
- Difficultés de remise en état des installations, faute de main-d’œuvre ;
- Hausse continue des coûts des intrants (engrais, plastique, énergie).
Résultat : une baisse significative de l’offre, notamment dans la région du Souss-Massa, principal bassin de production.
L’export, un levier d’équilibre
Contrairement à une idée répandue, les professionnels soulignent que l’export n’est pas responsable de la hausse des prix. Il constitue au contraire un mécanisme d’équilibre économique pour les producteurs.
"C’est l’export qui finance le marché local. Sans cela, on produirait à perte, et les prix pourraient atteindre des niveaux bien plus élevés", explique un opérateur.
Le modèle repose sur une péréquation : une partie de la production est vendue à l’export à des prix rémunérateurs, permettant de compenser les ventes à bas prix sur le marché local.
Au-delà de la production, les sources mettent en cause les dysfonctionnements de la chaîne de commercialisation.
Le différentiel de prix entre les zones de production et les marchés urbains, parfois multiplié par deux ou trois, s’explique en partie par la multiplicité des intermédiaires. "Il y a un problème dans la chaîne. Ce n’est pas uniquement une question de production ou d’export", souligne une source du secteur.
Dans ce contexte tendu, les rumeurs autour d’une suspension des exportations ont contribué à alimenter un climat de confusion. Pour les professionnels, il est essentiel de distinguer entre des ajustements ponctuels et une décision structurelle, qui n’existe pas à ce stade.
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.