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AGRICULTURE

Exportations de tomates : la suspension ne concerne que la filière industrielle vers l’Afrique

Alors que des informations évoquent une suspension des exportations de tomates marocaines vers l’Europe et l’Afrique, des sources professionnelles du secteur démentent catégoriquement. Les restrictions, limitées et ciblées, ne concernent que certaines catégories de produits destinés au marché africain, dans un contexte de forte tension sur l’offre.

Exportations de tomates : la suspension ne concerne que la filière industrielle vers l’Afrique
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Le 15 avril 2026 à 18h20 | Modifié 15 avril 2026 à 18h20

Depuis plusieurs jours, des informations relayées sur les réseaux sociaux et certains canaux informels affirment que le Maroc a suspendu ses exportations de tomates vers l’Europe et l’Afrique, dans un contexte de flambée des prix sur le marché local.

Selon plusieurs sources actives dans l’export des fruits et légumes, aucune décision de suspension globale n’a été prise.

"Il n’y a pas de problème d’approvisionnement ni d’arrêt des exportations. Le marché marocain est approvisionné", assure un opérateur du secteur. Il insiste sur la nécessité de ne pas "pénaliser toute une filière par des informations approximatives" .

Des restrictions limitées aux tomates industrielles vers l’Afrique

Dans le détail, les ajustements évoqués concernent un segment bien précis : les tomates industrielles, destinées à certains marchés africains.

"Pour l’Afrique subsaharienne, il peut y avoir une limitation sur certaines catégories. Mais cela ne concerne pas les tomates destinées à l’export classique", précise une autre source professionnelle.

Autrement dit, il ne s’agit ni d’un arrêt généralisé, ni d’un changement de cap commercial, mais plutôt d’arbitrages ponctuels.

Une crise de l’offre avant tout

La flambée des prix observée depuis la deuxième moitié de mars 2026, avec des niveaux atteignant 17 à 20 dirhams le kilo au détail, trouve son origine ailleurs.

La campagne agricole en cours a été marquée par une conjonction de facteurs défavorables :

  • Maladies cryptogamiques liées à une forte humidité (mildiou, botrytis) ;
  • Propagation de virus affectant les cultures ;
  • Intempéries violentes, notamment une tempête ayant détruit ou endommagé des milliers d’hectares de serres ;
  • Difficultés de remise en état des installations, faute de main-d’œuvre ;
  • Hausse continue des coûts des intrants (engrais, plastique, énergie).

Résultat : une baisse significative de l’offre, notamment dans la région du Souss-Massa, principal bassin de production.

L’export, un levier d’équilibre

Contrairement à une idée répandue, les professionnels soulignent que l’export n’est pas responsable de la hausse des prix. Il constitue au contraire un mécanisme d’équilibre économique pour les producteurs.

"C’est l’export qui finance le marché local. Sans cela, on produirait à perte, et les prix pourraient atteindre des niveaux bien plus élevés", explique un opérateur.

Le modèle repose sur une péréquation : une partie de la production est vendue à l’export à des prix rémunérateurs, permettant de compenser les ventes à bas prix sur le marché local.

Au-delà de la production, les sources mettent en cause les dysfonctionnements de la chaîne de commercialisation.

Le différentiel de prix entre les zones de production et les marchés urbains, parfois multiplié par deux ou trois, s’explique en partie par la multiplicité des intermédiaires. "Il y a un problème dans la chaîne. Ce n’est pas uniquement une question de production ou d’export", souligne une source du secteur.

Dans ce contexte tendu, les rumeurs autour d’une suspension des exportations ont contribué à alimenter un climat de confusion. Pour les professionnels, il est essentiel de distinguer entre des ajustements ponctuels et une décision structurelle, qui n’existe pas à ce stade.

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Le 15 avril 2026 à 18h20

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