Finances publiques. Ralentissement du rythme des recettes et amélioration du solde à fin mars 2026
À fin mars 2026, les finances publiques montrent un ralentissement du rythme des recettes, tandis que les dépenses évoluent plus modérément. Cette évolution intervient après une année 2025 marquée par des niveaux exceptionnellement élevés de certaines recettes fiscales et s’accompagne d’une amélioration du solde budgétaire.
Selon le bulletin de la TGR, à fin mars 2026, les finances publiques évoluent à un rythme plus modéré qu’un an auparavant.
Les recettes ordinaires progressent de 8,3%, contre 20,2% à fin mars 2025. Les dépenses ordinaires augmentent de 4,9%. Ainsi, le solde ordinaire s'établit à 15,1 MMDH.
La progression des recettes en 2026 est moins soutenue qu’en 2025. En mars 2025, la hausse des recettes ordinaires reposait sur une forte accélération des recettes fiscales, avec une progression de 24,2%. En mars 2026, les recettes fiscales continuent de progresser, mais à un rythme plus modéré de 9,2%.
Il s’agit d’un ralentissement, mais il faut tenir compte d’un effet de base. La hausse en mars 2025 avait été amplifiée par des mesures exceptionnelles, notamment l’opération de régularisation volontaire qui a soutenu l’IR à hauteur d’environ 3,8 MMDH. En 2026, cet effet disparaît, ce qui explique en partie la modération des recettes.
L’impôt sur les sociétés reste le principal moteur des recettes. Il s’établit à 44,9 MMDH, soit une hausse de 21,9% en glissement annuel.
En outre, l’IS demeure la première source de recettes nettes du budget général, avec 43,5 MMDH et 37,3% de la structure des recettes nettes en 2026, contre 32,2% en 2025. Le poids de l’IS dans la structure budgétaire s’est donc renforcé.
Concernant les recettes de l’IR, leur ralentissement s’explique principalement par les recettes exceptionnelles enregistrées en 2025 au titre de la régularisation volontaire.
En mars 2026, l’IR recule de 9,7%, à 19 MMDH contre 21 MMDH un an plus tôt. Cette baisse ne traduit donc pas nécessairement un retournement général de l’assiette. La TGR indique que l’IR prélevé par la Direction des dépenses de personnel continue d’augmenter de 7,4%, et que l’IR sur profits immobiliers progresse encore de 5,4%. Donc, la baisse de 2026 s’explique d’abord par un effet de base élevé en 2025.
Par ailleurs, la TVA intérieure, en données brutes, augmente de 9,9% en mars 2026, contre 12,7% un an auparavant.
En raisonnant en recettes nettes, la TVA intérieure s’était établie à 8,2 MMDH à fin mars 2025, en baisse de 7,4% en glissement annuel, compte tenu de 4,3 MMDH de remboursements supportés par le budget général.
En 2026, les remboursements de TVA intérieure continuent d’augmenter pour atteindre 5 MMDH. Malgré cela, la TVA intérieure nette remonte à 8,6 MMDH, en hausse de 5,5% sur un an.
Donc, la TVA intérieure ralentit légèrement en rythme brut entre 2025 et 2026. En net, elle se redresse après la baisse de 2025, ce qui renvoie à la fois à la progression des encaissements et à la poursuite de l’effort de remboursement.
Du côté des taxes indirectes, la TIC sur les produits énergétiques augmente de 26,6% en mars 2026, contre 8,8% en mars 2025. Avec la hausse plus modérée de la TVA à l’importation de 3,3%, cela signifie que le soutien venu de la fiscalité douanière en 2026 provient beaucoup plus des produits énergétiques.
Pour ce qui est des recettes non fiscales, elles enregistrent une baisse de 1,8% en mars 2026. La TGR explique ce repli par la diminution des recettes en atténuation des dépenses de la dette, des recettes de monopoles et des fonds de concours.
Sur les dépenses, en mars 2026, la hausse se limite à 4,9%. Les dépenses de personnel augmentent de 5,1%, les intérêts de la dette de 8,7%, tandis que les autres biens et services reculent de 1,4%. Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux diminuent légèrement de 1,4%.
Ainsi, le solde ordinaire ressort positif à 15,1 MMDH. En tenant compte de l’effort d’investissement ainsi que du solde des CST et des SEGMA, le Trésor dégage un excédent de 6,5 MMDH, contre 5,9 MMDH un an auparavant.
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