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Washington Hilton. Ce que l’on sait de l’assaut contre le gala de la presse où se trouvait Donald Trump

Dans la soirée du samedi 25 avril 2026, le prestigieux gala annuel des correspondants de la Maison-Blanche, qui se tenait dans la grande salle de bal du Washington Hilton, a basculé dans le chaos. Alors que le gratin du journalisme, de la politique et des célébrités s’apprêtait à dîner en présence du président Donald Trump, des coups de feu ont retenti, déclenchant une évacuation d'urgence et une traque immédiate au cœur de l'hôtel.

Washington Hilton. Ce que l’on sait de l’assaut contre le gala de la presse où se trouvait Donald Trump
N.K.
Le 27 avril 2026 à 13h31 | Modifié 27 avril 2026 à 15h36

Environ cinq minutes avant le coup d'envoi officiel du programme, une agitation inhabituelle a saisi le fond de la salle de bal. Selon des témoins et des sources citées par le New York Times, un homme a forcé un point de contrôle de sécurité avec une détermination glaciale.

Armé d'un fusil à pompe, d'un pistolet et de plusieurs couteaux, l’individu a tenté de s'ouvrir un chemin vers le cœur de l’événement. Le Secret Service, posté en première ligne, a réagi en quelques secondes. Dans l’échange de tirs qui a suivi, un agent a été atteint en pleine poitrine. "Il a survécu grâce à son gilet pare-balles", a précisé plus tard Donald Trump, saluant le courage de ceux qu’il a qualifiés de "héros".

Le président, accompagné de la première dame Melania Trump, du vice-président JD Vance et d'un aréopage de hauts responsables, dont Scott Bessent (Trésor) et Kash Patel (FBI), a été exfiltré par une issue dérobée sous une escorte lourdement armée.

"Un loup solitaire cinglé" : la réaction de Trump

Deux heures seulement après l'incident, Donald Trump est apparu derrière le pupitre de la Maison-Blanche pour rassurer le pays. "Il était armé jusqu'aux dents. Il a pris d'assaut la sécurité, mais nos agents l'ont neutralisé très rapidement", a-t-il déclaré.

Le président a également diffusé sur son réseau Truth Social des images de vidéosurveillance montrant l'assaillant se ruant à travers les portiques de détection de métaux alors que les forces de l'ordre dégainaient leurs armes.

Interrogé sur une possible piste étrangère, notamment liée aux tensions avec l'Iran, Trump a tempéré : "Pour l'instant, j'ai l'impression que c'était un loup solitaire cinglé. Ce sont des fous, et il faut s'en occuper".

Le suspect : un profil qui déroute les enquêteurs

L'identité de l'assaillant, interpellé sur place, a été révélée dimanche matin. Il s'agit de Cole Tomas Allen, 31 ans.

Loin du profil habituel du marginal, Cole Allen est un homme au parcours académique brillant. Résident de Torrance, en Californie, il est diplômé en ingénierie mécanique de la prestigieuse université Caltech (promotion 2017) et détient un master en informatique de l'Université d'État de Californie. Sur son profil LinkedIn, il se décrit comme un "développeur de jeux indépendant" et un "enseignant de naissance".

Ses collègues et élèves le connaissaient comme un scientifique passionné de technologie. Rien dans son passé ne laissait présager un tel passage à l'acte.

Le manifeste de "l’Assassin fédéral amical" : une plongée dans l’abîme

Mais si le profil de Cole Allen laissait initialement les autorités perplexes, la découverte d’un manifeste glaçant a levé le voile sur la noirceur de ses intentions. Environ dix minutes avant d'ouvrir le feu samedi soir, le suspect a envoyé à sa famille un document de plusieurs pages dont la teneur décrit un homme basculant dans une logique de croisade meurtrière.

Dans cette missive délirante, Allen se baptise lui-même le "Friendly Federal Assassin". Il y liste des hauts responsables de l’administration Trump parmi ses cibles, classés "du rang le plus élevé au plus bas", à l'exception de Kash Patel, le directeur du FBI, qu’il mentionne explicitement comme ne faisant pas partie de ses cibles.

Le contenu du manifeste révèle une haine profonde envers le président. "Je ne suis plus disposé à laisser un pédophile, un violeur et un traître souiller mes mains de ses crimes", écrit-il, visant manifestement Donald Trump.

Allen détaille ensuite ses choix tactiques. Il explique ainsi avoir choisi d’utiliser de la chevrotine (buckshot) plutôt que des balles uniques (slugs) afin de "minimiser les dommages collatéraux" à travers les murs.

Il admet toutefois être prêt à abattre quiconque se dresserait entre lui et ses cibles, décrivant tous les invités présents au gala comme des complices.  "Je passerai à travers presque tout le monde ici pour atteindre mes cibles si c’est absolument nécessaire, car la plupart des gens ont choisi d’assister au discours d’un traître".

Au-delà des attaques personnelles, le manifeste d’Allen s’appuie sur une rhétorique religieuse et politique très sombre. Se référant à plusieurs reprises à sa foi chrétienne, il tente de justifier son passage à l'acte par une réinterprétation des Écritures. Pour lui, l’idée de "tendre l’autre joue" ne s’applique que lorsque l’on est soi-même opprimé, et non face à l’oppression d’autrui.

Il cite notamment les frappes de l’administration contre des navires de narcotrafiquants vénézuéliens et la détention de migrants à la frontière comme des preuves de la "criminalité" du gouvernement.

Ce document, remis à la police par un membre de sa famille horrifié, est désormais la pièce centrale de l'enquête. Il dresse le portrait d'un homme qui, sous des dehors de citoyen modèle, s'était enfermé dans une chambre d'écho idéologique, se persuadant qu'un acte de violence extrême était la seule issue morale possible.

Une cible préméditée ?

Todd Blanche, le ministre de la Justice par intérim, a apporté des précisions sur l’avancée de l’enquête lors d’interventions médiatiques remarquées. Selon lui, même si Cole Allen s’enferme pour l’instant dans le mutisme et refuse de coopérer activement avec les enquêteurs, les preuves matérielles récoltées jusqu’ici racontent déjà l’histoire d’une planification minutieuse et froide.

Loin d’être un acte impulsif, l’attaque semble avoir été préparée avec une détermination méthodique. Allen avait quitté la région de Los Angeles pour entreprendre un long périple en train, marquant une étape à Chicago avant d'atteindre enfin la capitale fédérale. Une fois à Washington, il s’est enregistré comme client au Washington Hilton dès vendredi. Ce choix tactique lui a permis de loger sur les lieux mêmes de l'événement et de circuler avec aisance au sein de l’établissement.

Quant aux intentions réelles de l'assaillant, Todd Blanche a confié sur le plateau de CBS que les premières analyses suggèrent qu'Allen semblait viser spécifiquement des membres de haut rang de l’administration américaine présents ce soir-là.

Les deux armes à feu qu’il portait sur lui lors de l’assaut auraient été acquises de manière tout à fait légale.

Le gala annulé, mais une promesse de retour

L’Association des correspondants de la Maison-Blanche a annulé le reste de la soirée, les fonds récoltés devant initialement servir à des bourses d'études pour de jeunes journalistes. Pour Donald Trump, qui assistait pour la première fois à cet événement en tant que président, ce n'est que partie remise. Il a d'ores et déjà promis de reprogrammer le gala dans les trente jours.

Alors que le FBI et les agences fédérales passent au peigne fin la vie numérique de Cole Allen pour comprendre ses motivations, Washington reste sous le choc. Comment un ingénieur diplômé de Caltech, reconnu par ses pairs, a-t-il pu se transformer en assaillant armé au cœur du pouvoir américain ? On en saura sûrement davantage au fur et à mesure que l'enquête avancera.

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