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DIPLOMATIE

Minurso. La mission des Nations unies au Sahara semble entrer dans sa dernière phase

Un an de mandat, mais une mission désormais sous examen. À New York, la Minurso fait l’objet d’une revue stratégique qui pourrait redéfinir son rôle, entre pression américaine, prudence onusienne et négociations toujours en cours. Détails.

Minurso. La mission des Nations unies au Sahara semble entrer dans sa dernière phase
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Le 5 mai 2026 à 15h37 | Modifié 5 mai 2026 à 16h40

L'essentiel

Adoptée le 31 octobre 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité a aussi rouvert la question de l’avenir de la Minurso, mission créée en 1991 autour d’un référendum désormais absent des résolutions onusiennes depuis 2001.

Sous pression américaine, son mandat a été renouvelé pour un an, en échange d’une revue stratégique sur ses missions futures. Alors que Washington voit dans la Minurso une opération de maintien de la paix coûteuse et inefficace, les Nations unies défendent encore son rôle stabilisateur dans la région.

Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas de remettre en cause l’existence de la mission, mais de veiller à ce qu’elle reste strictement cantonnée à la stabilisation du terrain, sans glissement vers un mécanisme politique ou de surveillance des droits humains. Les éléments recueillis par Médias24 indiquent que cette mission est probablement entrée dans sa dernière phase.

-oOo-

Les détails

Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité votait la résolution 2797. Un texte historique, dans la mesure où pour la première fois en 50 ans de différend autour du Sahara marocain, une décision onusienne prenait le parti du Maroc.

Dans un langage diplomatique certes, puisque son apport le plus concret a été non une reconnaissance affirmée de la souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes, mais plutôt une consécration de la prééminence de l'initiative pour la négociation d'un statut d'autonomie. En cela, l'organe suprême des Nations unies abondait, tout de même, dans le sens du parachèvement de l'intégrité territoriale nationale, ouvrant grandement la voie à son inscription dans le marbre du droit international du fait de sa résolution.

En même temps se posait la question de l’avenir de la Minurso. Instituée en avril 1991 par le même Conseil de sécurité, cette dernière porte, dans son intitulé complet, tout un programme : la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, en référence à la consultation dont elle était initialement censée assurer la supervision, avant qu’il ne s’avère finalement impossible aux parties de s’entendre sur un seul et même corps électoral. Et c'est ainsi qu'à partir de sa résolution 1380 du 27 novembre 2001, plus aucune mention d'un quelconque référendum ne sera faite dans les résolutions adoptées ultérieurement par le Conseil de sécurité, jusqu'à nos jours.

En conséquence, la Minurso en est essentiellement venue à jouer un rôle de maintien de la paix. Ce à quoi, soit dit en passant, elle n'arrive désormais que difficilement, à la suite de la rupture unilatérale par le polisario du cessez-le-feu qui était auparavant en vigueur depuis septembre 1991. En octobre 2023, le mouvement séparatiste téléguidé par la junte militaire algérienne avait même tué un civil marocain lors de frappes de projectiles de probable fabrication iranienne sur Smara, capitale spirituelle du Sahara. Sans bien évidemment que la Minurso puisse y faire quelque chose.

La pression américaine sur la Minurso

Ainsi, lorsque les tractations autour du draft final de la résolution 2797 ont débuté entre les membres du Conseil de sécurité, l'avenir de la mission s'est retrouvé grandement mis en question. La première mouture distribuée le 22 octobre 2025 par les États-Unis à titre de penholder, n'ayant prévu qu'un mandat de trois mois, finalement renégocié à un an après trois rounds de révision. Mais après que Washington a obtenu une concession : celle d'"un examen stratégique relatif au futur mandat de la Minurso, en tenant compte de l’issue des négociations", et ce "dans les six mois suivant la prorogation du mandat".

Bien évidemment, derrière cette pression américaine, il y a avant tout la volonté que la résolution du différend autour du Sahara ne cale plus outre mesure. Mais il y a aussi, surtout, dans l'esprit de l'administration du président Donald Trump l'impératif de sabrer dans les budgets alloués inutilement aux Nations unies, dont les États-Unis sont, juste devant la Chine (20 %), le principal contributeur financier mondial (22 %). Et pour toutes les raisons développées plus haut, la Minurso se trouve, naturellement, dans son œil de mire.

"Nous menons une revue stratégique de la force de maintien de la paix déployée au Sahara occidental depuis près de cinquante ans", déclarait, le 20 mars 2026, le représentant permanent des États-Unis aux Nations unies, Mike Waltz, lors d'une audition parlementaire, en citant donc la Minurso au titre de "ces missions de maintien de la paix inefficaces et coûteuses".

Aux Nations unies, une ligne plus prudente

Du côté des Nations unies, en revanche, le discours demeure différent. Et ce fait était notamment patent lors des consultations consacrées, à huis clos, le 23 avril 2026 par le Conseil de sécurité à la Minurso, dans le cadre de la revue stratégique prévue par la résolution 2797.

Si Médias24 n'a pas été en mesure de recueillir la teneur exacte des propos tenus ce jour-là par les responsables onusiens, il a néanmoins réussi à confirmer que le directeur de la division des politiques et de la médiation au département des affaires politiques et de la consolidation de la paix des Nations unies (DPPA), Asif Khan, avait, à titre de "principal évaluateur chargé de cette revue", plaidé en faveur du maintien de la Minurso, du moins pour le moment.

"Dans son exposé devant le Conseil, M. Khan, de même que l’envoyé personnel Staffan de Mistura et le représentant spécial du secrétaire général pour la Minurso, Alexander Ivanko, ont souligné que la Minurso continue de jouer un rôle stabilisateur dans la région, en contribuant à créer un environnement propice à l’avancement du processus politique", nous a déclaré un porte-parole du maintien de la paix des Nations unies.

Et ce dernier de révéler aussi que "sur la base de ses échanges avec les principaux interlocuteurs concernés et de sa visite dans la région à la fin du mois de mars [du 24 au 30 mars 2026, NDLR]", M. Khan avait "pu présenter (...) une évaluation préliminaire des tâches potentielles futures de la Minurso". Ce qui peut laisser entendre que les fonctionnaires des Nations unies estiment que la mission peut participer au processus faisant suite aux négociations en cours entre le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le polisario. Mais le tout restant conditionné à l'aboutissement "à une solution politique mutuellement acceptable".

"[M. Khan] a expliqué qu’en cas d’accord final, il serait en mesure de développer, dans un rapport, la manière dont les Nations unies pourraient appuyer ce qui aura été décidé par les parties, sous réserve de l’aval du Conseil de sécurité", poursuit-on.

La ligne rouge marocaine

Légaliste, le Maroc a, pour sa part, toujours respecté la Minurso et lui a apporté, à chaque fois qu'il l'a fallu, son appui... tant qu'elle s'astreignait à ce qui est désormais sa mission première : surveiller la paix.

Dans son dernier rapport du 30 septembre 2025 sur la situation concernant le Sahara, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, soulignait lui-même qu'"au cours de la période considérée, la Minurso a continué de renforcer la coordination et la coopération avec l'Armée royale marocaine". Là où, en revanche, "le commandant de la force de la Minurso n’a toujours pas été en mesure d’établir des contacts directs avec la direction militaire du front polisario".

Cela dit, lorsqu'en avril 2013 l'administration Obama, alors aux commandes aux États-Unis, avait cherché à élargir la Minurso à la soi-disant "surveillance des droits humains", la levée de boucliers avait été immédiate à Rabat : dans un virulent communiqué, le Cabinet royal avait alors mis en cause "la partialité de ce type de démarche unilatérale et sans consultation préalable, en termes de contenu, de contexte et de procédé". Faisant par la suite reculer l'oncle Sam.

De ce fait, on peut penser que le Maroc pourrait accepter, dans le cadre de la mise en œuvre d’un futur accord et, surtout, du suivi de sa stricte application par le camp algéro-polisarien, que la Minurso apporte son eau au moulin. Mais sans plus, car il en irait de la souveraineté nationale marocaine. Une souveraineté pour laquelle le Royaume n’a jamais cessé de batailler, parvenant finalement à la faire reconnaître malgré toutes les manœuvres entreprises pour y porter atteinte.

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Le 5 mai 2026 à 15h37

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