Coupe du monde. Le tournoi qui fait exploser les valeurs marchandes
Bien que ce ne soit pas un gage de réussite sur la durée, la participation d’un joueur à un Mondial s’apparente incontestablement à un tremplin vers le très haut niveau, mais aussi et surtout à un puissant catalyseur de valorisation marchande sur le marché des transferts.
Si les places sont si convoitées au sein des sélections nationales à l’approche d’un Mondial, c’est aussi parce que la compétition la plus suivie de la planète football constitue un accélérateur de carrière sans équivalent.
En atteste l’évolution de la valeur marchande de plusieurs internationaux marocains ayant participé au Mondial 2022. La formidable aventure des Lions de l’Atlas, dont le parcours s’est arrêté en demi-finale, a offert un immense coup de projecteur aussi bien aux joueurs évoluant dans le championnat marocain qu’aux pensionnaires des ligues européennes.
Mais ce phénomène ne date pas du Qatar. Déjà lors de l’édition 2018, malgré une élimination précoce dès la phase de groupes, plusieurs internationaux marocains avaient vu leur cote grimper sur le marché.
La participation à une Coupe du monde constitue donc, selon un agent contacté par Médias24, un levier évident de valorisation. "À la base, c’est forcément valorisant. On n’a jamais de sélections en bois à la Coupe du monde. C’est une compétition où tout le monde regarde les joueurs", explique-t-il.
Notre interlocuteur n’hésite pas à comparer l’événement à la Ligue des champions au niveau des sélections nationales. "C’est la plus belle compétition que tu peux jouer. Forcément, ça t’apporte de la visibilité et de la valeur".
Un changement de statut sur le marché des transferts
Afin d’illustrer concrètement ce changement de statut, nous avons pris l’exemple de trois internationaux marocains : Yahya Attiat Allah, Amine Harit et Azzedine Ounahi.
Seul le premier évoluait encore dans le championnat marocain au moment de sa participation au Mondial. Harit était déjà pensionnaire de Bundesliga avant l’édition 2018, tandis qu’Ounahi brillait sous les couleurs du SCO d’Angers avant de révéler toute l’étendue de son talent au Qatar.
Avant de devenir l’une des révélations du Mondial 2022, Azzedine Ounahi brillait déjà sous les couleurs du SCO d’Angers aux côtés de son compatriote Soufiane Boufal. À l’époque, son profil de milieu technique et créatif avait tapé dans l’œil de plusieurs clubs européens. Mais il lui restait encore à confirmer au plus haut niveau. Ce fut chose faite au Qatar, où ses performances ont impressionné observateurs et techniciens grâce à sa qualité dans les petits espaces et son intelligence de jeu.
Les louanges de Luis Enrique après l’élimination de l’Espagne face au Maroc en huitièmes de finale restent encore dans toutes les mémoires.
Même si son influence sur le jeu des Lions de l’Atlas s’est faite plus discrète par la suite, cela ne l’a pas empêché d’être transféré à l’Olympique de Marseille lors du mercato estival 2022 contre un chèque de 8 millions d’euros. Une très belle opération pour le SCO d’Angers, qui l’avait recruté beaucoup moins cher, pour près de 70.000 euros, un an et demi plus tôt. L’OM avait également réalisé une belle affaire puisque sa valorisation était estimée à près de 15 millions d’euros au sortir du Mondial.

Même constat pour Yahya Attiat Allah. Bien qu’il ne soit pas parvenu à rejoindre un grand championnat européen après le tournoi, le latéral gauche du Wydad Athletic Club a vu sa valeur marchande tripler en l’espace de quelques mois pour atteindre 2,5 millions d’euros.
Il faut dire que l’épopée marocaine au Qatar a offert une exposition exceptionnelle à l’ensemble du groupe.

Être international marocain, ce n’est pas anodin
Dans certains cas, une simple participation au Mondial suffit à augmenter la cote d’un joueur sur le marché. "Être international marocain, ce n’est pas anodin. Le Maroc est une top nation africaine", souligne l’agent contacté.
L’exemple d’Amine Harit en est une parfaite illustration. Alors joueur du FC Schalke 04 en Bundesliga, le milieu offensif formé au FC Nantes avait quitté les Canaries pour seulement 2 millions d’euros. Une fois sa participation au Mondial 2018 assurée, sa valeur marchande avait grimpé jusqu’à 25 millions d’euros.
La suite de sa carrière fut toutefois plus contrastée. Après plusieurs prêts entre Schalke 04 et l’Olympique de Marseille, le club phocéen avait finalement levé son option d’achat à hauteur de 12 millions d’euros en juillet 2023.

L’impact d’une participation à un Mondial n’est donc pas uniforme selon les nations représentées. Certaines sélections offrent néanmoins une exposition encore plus forte sur le marché. "Être international brésilien, même sans jouer, reste un statut qui te donne de la valeur", indique notre interlocuteur.
Mais si une sélection suffit souvent à accroître la cote d’un joueur, les performances réalisées durant la compétition demeurent déterminantes. "Il vaut mieux faire une bonne Coupe du monde. Un joueur qui participe sans jouer et qui sort au premier tour n’aura pas le même impact", nuance notre interlocuteur.
En outre, ce dernier insiste également sur le caractère profondément variable du marché international. "C’est parfois du cas par cas dans le football".
Il met enfin en garde contre certaines dérives liées à la survalorisation des sélections nationales et aux logiques spéculatives du marché. "Parfois, certains joueurs sont surévalués uniquement parce qu’ils sont internationaux, alors que leur niveau réel ne suit pas toujours".
Une problématique qui pourrait encore s’accentuer avec l’élargissement de la Coupe du monde à 48 sélections.
Faisant désormais partie du gratin du football mondial, le Maroc n’est sans doute pas concerné par la surévaluation. Et ce ne sont pas les joueurs qui auront l’immense honneur de porter le maillot de l’équipe nationale de l’autre côté de l’Atlantique qui diront le contraire.
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