Hôtellerie: Ce que l’on sait du projet de l'Académie Royal Mansour
L'Académie Royal Mansour qui prévoit d'ouvrir ses portes dès septembre prochain en partenariat avec la prestigieuse école Ferrandi Paris, ambitionne de révolutionner la formation dans le tourisme de luxe. Médias24 a recueilli tous les détails disponibles sur un projet décrit par nombre de professionnels comme un tournant majeur pour la montée en gamme de l’hôtellerie marocaine.
Si nous n'avons pas pu recueillir d'informations directement auprès du management du groupe Royal Mansour ou de son partenaire académique Ferrandi- Paris, les éléments publiés sur le site de l'académie enrichis par des déclarations d'opérateurs permettent cependant d’en préciser son calendrier, son modèle de formation et son enveloppe d’investissement.
Développée en partenariat avec l’une des références mondiales de la gastronomie et management hôtelier, la première académie marocaine dédiée aux métiers de l’hôtellerie de luxe est présentée comme un projet capable d’accompagner la montée en gamme du secteur et de transformer durablement les standards habituels de formation.
Une offre de formation encore insuffisante dans l’hôtellerie
Selon une source proche du dossier, le Maroc dispose en effet d’un réseau relativement structuré de formation dans les métiers du tourisme et de l’hôtellerie, mais encore limité sur le segment du luxe.
"À ce jour, l’Institut supérieur de technologie hôtelière et touristique de Tanger (ISTHT) reste le principal établissement public spécialisé, aux côtés des centres de formation de type instituts de technologie hôtelière et touristique (ITHT) gérés par l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) et, enfin, de plusieurs écoles privées qui forment au total chaque année près de 25.000 personnes aux métiers du tourisme", explique notre interlocuteur.
Et d’ajouter que Casablanca concentre une grande partie de l’offre privée avec l’École hôtelière de Casablanca (EHC), Casablanca Hospitality School (CHS) ainsi que Vatel, présente à Casablanca et Marrakech, qui proposent des formations inspirées des standards internationaux du management.
Mais pour le président du groupe Atlas Voyages, qui gère plusieurs lieux d’hébergement dans la ville ocre et la station balnéaire d’Agadir, le dispositif actuel accuse un retard dans la formation spécialisée au tourisme de luxe, précisément le segment ciblé par la future Académie Royal Mansour.
Un partenariat avec une référence internationale
Selon Othmane Cherif Alami, l’un des principaux atouts de l’Académie Royal Mansour résidera dans son partenariat avec Ferrandi Paris, considérée comme l’une des écoles les plus prestigieuses au monde dans les domaines de la gastronomie, du management hôtelier et de l’hôtellerie de luxe.
Réputée à l’international, l’institution française forme en effet depuis plus d’un siècle des profils destinés aux grands établissements de luxe à travers une pédagogie mêlant excellence académique, pratique professionnelle et immersion dans les standards internationaux du service haut de gamme.
Si dans un premier temps l’établissement formera principalement des profils semi-boursiers destinés aux hôtels de très haut standing de la chaîne Royal Mansour, l’hôtelier avance qu’à terme, son ouverture profitera à tout l’écosystème hôtelier de luxe du Maroc, en particulier dans les métiers de la restauration et du service.
Une académie pensée pour des promotions sélectives
Concernant les cursus proposés, l'Académie proposera de former des profils avec une dimension professionnalisante.
- un certificat qualifiant de 9 mois pour des postes de majordomes ou de responsable d'esthétique et SPA,
- un autre d'une durée d'un an pour devenir agent de restauration,
- un diplôme de 2 ans pour devenir technicien en cuisine, en boulangerie pâtisserie ou en service de restauration
- un diplôme de technicien spécialisé pour devenir réceptionniste, gouvernant(e), attaché de direction...
Sur le modèle des grandes écoles internationales comme Ferrandi Paris ou l’École hôtelière de Lausanne, cette institution proposera par la suite des filières de type masters pour des postes de direction en management hôtelier.
À moyen terme, le scénario de montée en charge devrait porter sur plus d'une centaine d’étudiants par an avec un principe assumé de promotions limitées qui permettra de préserver un niveau élevé d’encadrement et de pratique.
D’après les données officielles, les frais annuels atteindront en moyenne 40.000 DH mais ce montant sera minoré à un tiers voire un quart si les étudiants s'engagent à travailler entre 2 et 3 ans dans un établissement Royal Mansour.
Former une nouvelle génération du luxe hôtelier marocain
Ce projet intervient à un moment où le secteur touristique connaît une forte croissance, qui nécessite des ressources humaines hautement qualifiées. Pour les professionnels interrogés, l’enjeu dépasse le seul périmètre de Royal Mansour. Il concerne la capacité du Maroc à disposer de profils formés aux exigences du très haut de gamme.
"Pour l’instant, les professionnels n’ont ni les moyens ni les soutiens pour créer des académies privées de formation dont on a énormément besoin, mais je pense que cette initiative pourrait pousser les grands groupes hôteliers à investir à leur tour dans la formation spécialisée", indique Othmane Cherif Alami.
Selon les informations recueillies par Médias24, l’investissement global du projet est estimé autour de 150 millions de DH. Cette enveloppe, confirmée par des sources proches du dossier, illustre l’ambition d’une académie conçue à la fois comme un outil de formation et comme un marqueur du repositionnement du tourisme marocain.
Dans cette perspective, cette école pourrait s’imposer comme un levier stratégique pour améliorer durablement la qualité de service, renforcer les compétences nationales et positionner davantage le Maroc sur le segment international du luxe.
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