La fin d'exercice est rude pour Cartier Saada qui vient de publier des indicateurs financiers qui virent au rouge pour le quatrième trimestre de son exercice 2025/2026, clos fin mars. L'entreprise cumule les vents contraires. Entre effondrement des cours internationaux, blocages portuaires et concurrence féroce, l'impact sur la rentabilité est immédiat. La société cotée annonce officiellement que son résultat net annuel sera négatif.
Sur les trois derniers mois de l'exercice (1ᵉʳ janvier au 31 mars 2026), le chiffre d’affaires s'est contracté de 25,5 %, s'établissant à 67 millions de dirhams (MDH) contre 90 MDH un an plus tôt. Ce décrochage trimestriel vient alourdir le bilan annuel. Sur l’ensemble de l’exercice, les revenus reculent de 7 %. Une baisse globale que l'entreprise qualifie, dans sa communication financière, de "limitée", au vu de la violence des chocs subis en début d'année.
L’export, moteur traditionnel de la dynamique du groupe, a plié sous une double pression. Les ventes à l'international ont chuté de 29 % sur le trimestre. D'un côté, la concurrence mondiale s'est avérée particulièrement agressive. De l'autre, le marché de l'olive a connu un retournement dans la mesure où une récolte oléicole exceptionnellement abondante a déclenché une correction marquée des prix à l’export, dans le sillage du repli des cours mondiaux de l’huile d’olive. Ce qui s'est traduit par une dépréciation de la valeur des stocks et par une baisse des prix.
À cette conjoncture commerciale dégradée s'est ajouté un facteur logistique majeur. Des conditions météorologiques très défavorables ont paralysé les infrastructures de transport. Le port de Casablanca a ainsi connu des interruptions cumulées représentant près d’un mois d’activité sur le seul dernier trimestre. Un coup d'arrêt qui a lourdement pénalisé les expéditions de l'industriel.
La combinaison de ces facteurs devrait mécaniquement peser sur la rentabilité de la société au 31 mars 2026, avec un résultat net de l’exercice qui devrait ressortir en territoire négatif.
Face à cette accumulation d'obstacles, l'entreprise pointe du doigt le manque de soutien sectoriel. Dans sa communication, Cartier Saada rappelle subtilement que la filière attend toujours l’activation concrète des mesures d’accompagnement et de soutien prévues par le contrat-programme de la filière oléicole, signé pourtant depuis 2023.
Pour la suite, les perspectives agricoles offrent une lueur d'espoir. La campagne en cours démarre sous de bons auspices, avec des conditions climatiques "globalement plus favorables". Le management reste toutefois sur ses gardes. Les incertitudes géopolitiques et économiques persistent à l'international, tout autant qu'une concurrence particulièrement agressive.
