Écoles françaises : les parents dénoncent des millions collectés sans travaux effectifs
À Casablanca, les associations de parents d’élèves du réseau AEFE montent au créneau contre le manque de visibilité budgétaire et les retards persistants des projets immobiliers, financés depuis plusieurs années par les familles. Selon elles, près de 15 millions d’euros auraient déjà été collectés à travers les hausses successives des frais de scolarité.
L’immobilisme autour des projets immobiliers des établissements français de Casablanca-Mohammédia ravive la colère des parents d’élèves. Dans une lettre ouverte adressée à la direction générale de l’AEFE, les associations UCPE/FCPE Maroc, PEEP Maroc et APEEF dénoncent des retards persistants dans plusieurs projets de rénovation et de reconstruction, alors que les familles continuent de supporter des hausses répétées des frais de scolarité.
Les associations, qui disent représenter près de 12.000 parents d’élèves, pointent particulièrement le blocage du SPSI 3 2022-2026 (Schéma pluriannuel de stratégie immobilière), un programme immobilier concernant quatre établissements du pôle Casablanca-Mohammédia : le collège Anatole France ainsi que les écoles Théophile Gautier, Bizet et Ernest Renan. Initialement estimé à 16 millions d’euros en 2021, le coût du projet aurait depuis augmenté d’environ 30%, atteignant près de 21 millions d’euros.
Selon les associations, les familles financent ces projets depuis plusieurs années déjà, à travers des augmentations substantielles des frais de scolarité. Elles affirment qu’environ 15 millions d’euros ont été provisionnés à ce jour sans qu’aucun chantier n’ait démarré. Les représentants des parents dénoncent ainsi "une situation d’immobilisme administratif devenue inacceptable".
Dans leur lettre, les associations alertent également sur l’état actuel des infrastructures, évoquant des locaux "dégradés, vétustes ou provisoires", jugés incompatibles avec "l’excellence du réseau de l’enseignement français à l’étranger". Elles craignent que plusieurs élèves quittent le système sans jamais bénéficier des infrastructures promises.
Les parents réclament désormais le déblocage immédiat du SPSI 3, l’annonce d’un calendrier précis pour le lancement des travaux, ainsi qu’un moratoire sur les augmentations des frais de scolarité pour l’année 2026-2027 tant que les chantiers ne sont pas effectivement lancés.
Cette mobilisation fait écho aux tensions déjà observées à Rabat-Kénitra. Dans un communiqué, les associations de parents d’élèves des établissements français de Rabat ont réagi à la décision de l’AEFE de revoir à la baisse la hausse prévue des frais de scolarité, ramenée de 7% à 6%.
Si elles saluent un "rétablissement du dialogue" avec la direction générale de l’AEFE, elles regrettent néanmoins l’absence d’informations détaillées sur le budget actualisé et les délais de reconstruction du collège Saint-Exupéry, ainsi que le manque de visibilité sur les projections budgétaires pour les années 2027 et 2028.
Les associations du pôle Rabat-Kénitra annoncent également poursuivre leur mobilisation contre le transfert du paiement des pensions civiles vers les établissements scolaires, considéré comme l’une des causes des augmentations des frais de scolarité. Elles indiquent qu’une action judiciaire a été engagée devant les juridictions françaises compétentes avec d’autres fédérations de parents à travers le monde.
Ces prises de position successives traduisent une montée de la contestation au sein du réseau AEFE au Maroc, où les parents demandent davantage de transparence sur l’utilisation des fonds collectés et sur les projets d’investissement financés par les hausses des frais de scolarité.
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