GST Souss-Massa : à Agadir, Akhannouch lance une réforme sanitaire sous forte attente
Dans une région marquée par la pression sur l’hôpital public, les récents incidents à la maternité de Hassan II, et le lancement du nouveau CHU Mohammed VI, le GST doit démarrer en août 2026, avec un budget adopté, un programme d’action 2026-2027 et l’objectif de mieux coordonner les soins entre établissements.
L'essentiel :
- Le premier conseil d’administration du GST a adopté le budget 2026, le programme d’action 2026-2027, l’organigramme du groupement ainsi que le statut-type des professionnels de santé. Son démarrage effectif est prévu en août 2026.
- Cette nouvelle structure doit incarner une autre logique de gestion sanitaire : mieux coordonner les établissements, fluidifier le parcours patient, renforcer l’équité d’accès aux soins et faire du budget un véritable outil de planification territoriale.
- Le GST Souss-Massa sera surtout attendu sur le terrain, dans sa capacité à réduire les ruptures de prise en charge, à mieux articuler les soins primaires, hospitaliers et universitaires, et à restaurer la confiance dans les structures publiques de santé.
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Les détails :
Le lancement du Groupement sanitaire territorial (GST) de Souss-Massa prend une portée particulière au regard du contexte régional. À Agadir, l’hôpital public a récemment été placé sous forte pression après plusieurs décès maternels au Centre hospitalier régional (CHR) Hassan II. Jugé obsolète, cet établissement fait l'objet d'un projet de reconstruction. Par ailleurs, la région s'est doté d'un nouveau CHU inauguré en novembre 2025.
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a donc présidé, lundi 25 mai 2026, les travaux du premier conseil d’administration de cette nouvelle structure régionale, appelée à devenir l’un des principaux instruments de la réforme du système de santé dans la région.
Ce GST, dont le démarrage effectif est prévu en août 2026, doit notamment permettre de mieux organiser l’offre de soins, de fluidifier le parcours des patients et de renforcer la coordination entre les établissements de santé. Lors de cette réunion, le conseil d’administration a adopté le budget du GST de Souss-Massa pour l’exercice 2026, ainsi que son programme d’action pour 2026 et 2027. Il a également approuvé l’organigramme du groupement et le statut-type des professionnels de santé qui en relèvent.
Le lancement de ce nouveau GST intervient après ceux des régions Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Rabat-Salé-Kénitra. Il s’inscrit, selon la chefferie du gouvernement, dans la mise en place d’un nouveau modèle de gouvernance régionale de la santé, fondé sur l’autonomie de gestion, l’efficience, l’intégration des différents niveaux de soins et la prise en compte des spécificités territoriales dans la décision sanitaire.
Une réforme attendue dans un contexte sensible
Au début de la réunion, Aziz Akhannouch a salué la dynamique enregistrée dans la mise en œuvre des GST. Il a estimé que ce chantier, conduit dans le cadre de la vision royale, doit jeter les bases d’un nouveau mode de gouvernance du secteur, fondé sur la qualité de l’offre de soins, l’amélioration du parcours thérapeutique, l’équité d’accès aux services de santé et la coordination entre les établissements d’une même région.
Le chef du gouvernement a également souligné que le conseil d’administration du GST de Souss-Massa devait ouvrir une nouvelle logique de gestion sanitaire dans la région. L’objectif, a-t-il indiqué, est d’en faire une unité effective de planification, d’exécution et d’évaluation, où l’établissement de santé n’est plus pensé isolément, mais comme un maillon d’un parcours de soins intégré. Le budget, dans cette logique, doit devenir un outil d’équité, et non un simple cadre comptable.
L’accent a été mis, à cet égard, sur le rôle du Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir. Entré en service en 2025 avec une capacité de 867 lits, cet établissement hospitalier de référence dessert près de trois millions de citoyennes et citoyens de la région et des territoires voisins. Il constitue également, selon les données présentées, le premier établissement de santé en Afrique à recourir à la chirurgie robotique pour réaliser des interventions mini-invasives avec une précision tridimensionnelle.
Dans le même cadre, les travaux de reconstruction et de mise à niveau du CHR Hassan II à Agadir, d’une capacité de 450 lits, doivent être lancés avant la fin de l’année.
C’est donc sur le terrain que le GST Souss-Massa sera attendu. La réforme ne sera pas seulement évaluée à l’aune de ses organigrammes, de ses budgets ou de ses programmes d’action, mais sur sa capacité à réduire les ruptures de prise en charge, à améliorer l’orientation des patients et à rétablir la confiance dans les structures publiques de soins.
Le parcours patient au cœur du dispositif
Le directeur général du GST de la région Souss-Massa, Tarik El Harti, a présenté les différents aspects organisationnels et financiers liés au fonctionnement du groupement. Il a insisté sur l’importance de la gouvernance médicale, présentée comme un facteur déterminant pour la réussite de cette transformation institutionnelle.
Il a également indiqué que le programme médical régional constituera la référence pour la planification et l’organisation de l’offre de santé, le contrôle du parcours thérapeutique et la coordination entre les niveaux de soins primaire, hospitalier et universitaire. Il a, par ailleurs, mis en avant le rôle de la médecine de famille au sein des établissements de santé primaire, point de départ du parcours thérapeutique, censé permettre une meilleure orientation des malades, éviter l’encombrement injustifié des hôpitaux, rationaliser le recours aux spécialités médicales et améliorer la continuité de la prise en charge.
La réunion a enfin porté sur la valorisation des ressources humaines, à travers la formation continue et l’amélioration de l’attractivité des régions pour les compétences médicales et paramédicales. Elle a également permis de souligner la nécessité d’accélérer la mise en œuvre d’un système d’information sanitaire intégré, présenté comme un levier de gouvernance, de suivi, d’amélioration du parcours du patient et de gestion plus efficiente des ressources.
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