Grand stade de Casablanca: le flou règne entre les départements concernés
Dans une récente déclaration, Rachid Talbi Alami nous affirmait qu’il n’avait toujours pas identifié le site qui accueillera le futur complexe sportif. Une insertion parue dans la presse annonce pourtant le lancement par la primature d’une procédure d’expropriation d’un terrain de 50 hectares pour l’abriter.
Une annonce publiée le 13 décembre dans la presse, soit la veille des propos du ministre à notre rédaction, remet en cause ses affirmations sur la localisation du foncier qu’il niait avoir identifiée.
Cette insertion médiatique donne plusieurs détails sur le terrain d’accueil du futur grand stade, qu’elle situe dans la commune de Mansouria qui fait partie de la province de Benslimane.
Il y est question d’un projet de décret d’une expropriation d’utilité publique d’un grand terrain privé qui sera affecté à la construction du futur complexe sportif. Ce dernier est appelé à prendre la relève du complexe sportif Mohammed V, qui pose des problèmes de voisinage et de sécurité publique.
Sous la supervision de la primature, la direction régionale de Casablanca des domaines de l’Etat énonce la composition du terrain à exproprier et ses limites géographiques. Cette expropriation concernera 4 terrains mitoyens d’une superficie respective de 9, 13, 9 et 18 hectares. Au total, ce sont 50 hectares que l’Etat compte racheter à 5 enfants de la famille Hakam.
Selon les 4 titres de propriété dont le numéro d’identification se suit, la superficie totale est située sur le foncier dit "Béni Amar". La primature affirme que cette proposition d’expropriation émane du ministère de l’Economie et des finances, après consultations avec le département de l’Intérieur.
La procédure enclenchée s’appuie sur la loi 7-81 relative à l'expropriation pour cause d'utilité publique et à l'occupation temporaire, ainsi que sur le décret d’application 2.82.382 du 16 avril 1983.
Lancée le 13 décembre 2017, le processus d’expropriation pourra être contesté par les propriétaires de la famille Hakam jusqu’au 15 février 2018.
Une source autorisée du ministère des Finances nous confirme que ce terrain sera bien affecté à l’édification du futur stade. Selon cet interlocuteur, il présente tous les atouts pour accueillir les rencontres sportives et en particulier la Coupe du monde de football en 2026 dans le cas où le Maroc serait désigné, en juin 2018, pays organisateur par la Fifa.
"C’est une commission mixte pilotée par le ministère de l’Intérieur qui conduit l’opération d’expropriation. Il y aura peut-être des réclamations des propriétaires pour obtenir un meilleur prix mais l’opération devrait aboutir à un accord dans les meilleurs délais car c’est un projet stratégique pour le Maroc", déclare optimiste notre interlocuteur.
Malgré plusieurs tentatives pour interroger le ministre de la Jeunesse et des sports, ce dernier est resté injoignable. Rappelons qu’il avait affirmé, jeudi 14 décembre, à Médias24 que son département n’avait toujours pas trouvé le terrain qui accueillera le futur stade.
"Certains affirment que nous avons porté notre choix sur un terrain de 50 hectares dans la commune balnéaire de Mansouria, proche de Mohammédia, dans la province de Benslimane. Tout ceci est complètement faux", déclarait Talbi Alami en précisant que cette identification était sa priorité.
Concurrence interministérielle ou manque de communication entre départements ministériels, nous n’en saurons pas plus sur la raison de cette incohérence d’action entre les services concernés.
Au final, l’expropriation proposée par les Finances et l’Intérieur (sans en aviser le département des Sports?) accélérera peut-être la construction du stade que Talbi Alami n’espérait pas opérationnel avant 2022.
Ci-après, l'annonce du projet de décret pour exproprier le terrain qui accueillera le futur grand stade de Casablanca:
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
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