img_pub
Rubriques

EDF: l'Etat est prêt à injecter des fonds, “si besoin” est

m24-En-continu
Par
Le 17 mars 2016 à 16h13

L'Etat français, actionnaire à plus de 84% du groupe EDF, est prêt à injecter des fonds pour redresser les comptes de l'électricien, confronté à un marché sous pression et à d'importants investissements à venir, a assuré jeudi le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

"S'il y a besoin de recapitaliser, nous le ferons", a-t-il affirmé, lors d'une visite à la centrale nucléaire de Civaux (Vienne), alors que la démission du directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, la semaine dernière, a ravivé les craintes concernant la situation financière de l'entreprise et la pertinence du projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, en Angleterre.

Dans la foulée, le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, avait expliqué, dans une lettre aux salariés, que le groupe "négoci(ait) avec l'Etat pour obtenir des engagements de sa part (lui) permettant de sécuriser (sa) situation financière", avant toute décision définitive sur Hinkley Point.

"S'il y a besoin de renoncer encore aux dividendes, nous le ferons", a expliqué jeudi M. Macron. Les arbitrages seront pris "d'ici le début du mois de mai", a ajouté le ministre, alors que l'assemblée générale du groupe est prévue le 12 mai.

L'Etat a déjà choisi cette année de recevoir le dividende d'EDF en actions plutôt qu'en numéraire, évitant au groupe de débourser 1,8 milliard d'euros.

"Le ministre est venu dire que l'Etat soutiendra en toute circonstances EDF", s'est félicité M. Lévy, qui a accueilli le ministre à son arrivée à la centrale.

A la Bourse de Paris, l'action EDF prenait 0,65% à 9,76 euros à 16H11, dans un marché en repli de 0,61%.

Selon le magazine Challenges, l'Etat pourrait s'engager à recevoir le dividende en actions "sur les cinq prochaines années", ce qui représenterait "11,7 milliards" de trésorerie préservée pour EDF. "Ma calculette ne dit pas la même chose", a dit M. Lévy à ce propos.

"L'Etat prendra sa part de responsabilité (...) en étant sûr que chacune et chacun fait sa part d'efforts", a toutefois insisté M. Macron, appelant notamment EDF, déjà engagé dans des réductions de coûts et des cessions d'actifs, à "faire des efforts sur les dépenses courantes".

Le ministre était aussi venu à Civaux pour "(s)'expliquer" devant les salariés du groupe après des propos tenus la semaine dernière à l'Assemblée nationale qui avaient suscité de la colère, et qui ont poussé jeudi une centaine de salariés d'EDF à accueillir à grand bruit le ministre devant la centrale.

- Colère de salariés -

"Quel mépris pour les femmes et les hommes d'EDF !", a jugé Sébastien Menesplier, secrétaire général adjoint de la Fédération CGT mines-énergie, devant les grilles de la centrale, avant l'arrivée du ministre.

"J'ai conscience que ça a été mal pris par certains, je suis aussi venu m'en expliquer parce que (...) ce n'était pas une attaque", a voulu rassuré M. Macron, qui s'est également entretenu près d'une heure avec des représentants syndicaux du site.

Mais il n'a pas lâché sur le fond répétant que "le compromis social a été trop généreux", pendant les dernières décennies, citant des "protections" sociales historiques ou les augmentations salariales.

EDF, qui affiche un endettement net de 37,4 milliards d'euros, doit financer dans les prochaines années le rachat de la branche réacteurs d'Areva, le programme de maintenance lourde des 58 réacteurs français et le projet de deux EPR britanniques d'Hinkley Point.

Les salariés présents ont rappelé leur volonté de voir reporter ce projet et leur opposition à une possible ouverture du capital de RTE, la filiale à 100% d'EDF qui gère le réseau de transport d'électricité.

Sur le premier sujet, les problèmes d'EDF "existaient avant et sans Hinkley Point", a assuré M. Macron, rappelant que c'est la faiblesse actuelle des prix du marché de l'électricité et l'exposition croissante d'EDF à la concurrence qui placent le groupe "dans une situation difficile".

"Le problème que nous avons à résoudre c'est: +c'est quoi EDF dans un monde avec un prix de marché à 26 euros (le mégawattheure)", trop bas pour financer des investissements nouveaux, a renchéri M. Lévy.

Concernant RTE, M. Macron a souligné que l'ouverture du capital à des investisseurs publics, et "peut-être pas uniquement", pouvait constituer "un levier".

Par
Le 17 mars 2016 à 16h13

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité