Meurtre d'un étudiant blanc par un Sikh au Royaume-Uni: Starmer appelle au calme
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé au calme mercredi après des violences dans une manifestation à Southampton contre la police, critiquée pour avoir menotté en décembre un étudiant blanc, agonisant, accusé à tort d'injures racistes par son meurtrier, un homme sikh.
Le dirigeant travailliste a aussi reproché à Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, d'attiser la violence deux semaines avant une élection partielle cruciale pour l'avenir du gouvernement, où Reform UK espère voir son candidat l'emporter sur celui du Labour.
Henry Nowak, 18 ans, est mort le 3 décembre 2025 après avoir été poignardé à plusieurs reprises alors qu'il rentrait d'une soirée à Southampton, sur la côte sud de l'Angleterre.
Un jeune homme sikh de 23 ans, Vickrum Digwa, a été condamné lundi pour ce meurtre à la prison à vie assortie d'une peine de sûreté de 21 ans.
Il a menti aux policiers au moment des faits en déclarant avoir été victime d'une agression raciste et avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups.
Les agents l'ont cru et menotté Henry Nowak, qui était en train de succomber à ses blessures, en lui signifiant son arrestation.
Ce drame, et la diffusion de la vidéo de l'intervention filmée par la police, ont conduit l'extrême droite à accuser cette dernière de "préjugés anti-Blancs".
Onze policiers ont été blessés mardi lors d'un rassemblement qui a commencé devant le commissariat de Southampton puis a dégénéré près des lieux du crime, où des manifestants s'en sont pris aux forces de l'ordre en lançant des briques, des bouteilles et des poubelles dans leur direction. Deux personnes ont été interpellées.
- "Tragique erreur" -
"Peu importe la douleur que nous ressentons" après le meurtre d'Henry Nowak, "il n'y a aucune justification à davantage de violence", a déclaré Keir Starmer au Parlement mercredi.
"Les attaques visant des policiers à Southampton la nuit dernière étaient honteuses et totalement inacceptables", a ajouté le dirigeant travailliste.
Il a reproché à Nigel Farage d'avoir "appelé à la rage" et d'"exploiter cette tragédie pour attiser le ressentiment et semer la division".
"La crainte (pour la police, ndlr) d'être accusée d'être raciste l'emportait sur celle de faire face au meurtre d'Henry Nowak", a écrit sur X Nigel Farage mardi. "Nous devrions réagir à cela avec une rage pure et glaciale", a-t-il ajouté.
La police a annoncé qu'elle allait réexaminer des directives contre le racisme datant de 2025, critiquées en particulier par l'extrême droite.
Un document sur "les ambitions à long terme d'un service de police antiraciste" suggère que les personnes devraient être traitées différemment en fonction de leur origine ethnique. Il recommande aux agents de ne pas être "indifférents à la couleur de peau".
Il a été écrit afin d'améliorer les pratiques policières à l'égard des personnes noires qui, selon les statistiques, ont deux fois plus de chances d'être arrêtées que les personnes blanches en Grande-Bretagne.
Une instance nationale regroupant des hauts responsables de la police, le NPCC (National Police Chiefs' Council), va réexaminer ces directives.
"Nous sommes à l'écoute de préoccupations légitimes concernant la manière dont certains de ces engagements sont formulés ou rédigés et, si nécessaire, nous pouvons et allons apporter des modifications", a indiqué le responsable du NPCC, Gavin Stephens.
La secrétaire d'Etat chargée des forces de l'ordre, Sarah Jones, a estimé que la formulation dans la directive n'était "pas appropriée". "Tout le monde devrait être traité de manière égale devant la loi", a-t-elle ajouté.
Trois des policiers qui ont arrêté Henry Nowak sont toujours en fonction, a indiqué la police du Hampshire, dont dépend Southampton. Ils sont considérés comme témoins dans l'enquête lancée par la police des polices.
Selon le jugement, Henry Nowak rentrait chez lui quand il a été attaqué par Vickrum Digwa. L'étudiant lui a demandé s'il était "méchant" et l'a filmé avec son téléphone, probablement après avoir vu qu'il portait un couteau.
"Le ton de sa voix n'était ni agressif ni menaçant, mais, comme la suite l'a montré, il s'est agi (de sa part) d'une tragique erreur de jugement", a écrit le juge.