img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AGRICULTURE

Agriculture: La campagne céréalière est compromise

Malgré les dernières pluies, le bilan pluviométrique est inférieur à la normale. Des spécialistes craignent une production entre 40 et 50 millions de quintaux cette année contre 103 millions annoncées pour 2017-2018.

Agriculture: La campagne céréalière est compromise
S.N.
Le 7 mars 2019 à 18h20 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Les légères pluies de ces deux derniers jours (mercredi 6 et jeudi 7 mars) ont concerné la partie nord du Royaume et les reliefs du Moyen Atlas. Elles ne changent rien à la situation globale.
 
Le bilan pluviométrique de la saison 2018-2019 jusqu’à fin février était globalement défavorable : excédentaire sur le Saïss et l’ouest du Gharb, normal sur le Gharb, l’ouest de la Chaouia et de Abda, et déficitaire ailleurs. Ceci, en comparaison avec une année normale (moyenne des 30 dernières années).
 
Ce qui confirme le diagnostic d’un ingénieur agronome contacté par Médias24 :
 
« A partir de la Chaouia (région de Settat), les agriculteurs ont depuis des semaines lâché le bétail pour ne pas tout perdre. Le bétail est important dans ces zones tournées vers l’élevage plutôt que vers l’agriculture en raison de l’aridité du climat qui s’est installée au fil des années ».
 
« Dans le Gharb, région bien arrosée avec ses barrages et sa nappe phréatique, les agriculteurs ont commencé à irriguer leurs cultures céréalières malgré le coût élevé. Ce qui montre qu’ils n'espèrent plus un retour des précipitations ».
 
« Dans le Saïss, la situation est moyenne. Dans certaines zones côtières où l’humidité est élevée et dans certaines micro-zones, la situation est moins grave qu’ailleurs à cause de l’irrégularité spatiale des pluies qui a marqué cette année ».
 
Ce jeudi 7 mars 2019, la situation est considérée comme critique et la campagne céréalière compromise. Cet ingénieur agronome, un banquier et même un responsable au niveau du ministère de l’agriculture sont unanimes à le dire.

Il est encore difficile de faire une appréciation générale de la situation qui peut encore évoluer légèrement pendant les semaines à venir. Mais les personnes contactées s’accordent à dire qu’au stade actuel, une campagne céréalière de 40 à 50 millions de quintaux serait le maximum que le secteur puisse réaliser. L'année dernière, la production avait atteint 103 millions de quintaux, selon les chiffres annoncés par le ministère de l'agriculture. Explications techniques.

La situation peut s'améliorer légèrement

Le stade actuel de la culture du blé est l’épiaison, c’est-à-dire l’apparition de l’épi des plantes. Il s’agit de l’avant-dernière phase du rendement : l’épi se forme, apparaît, puis se remplit des graines.

Quand cette phase se déroule dans des conditions climatiques défavorables, il ne faut pas s’attendre à une amélioration. Les graines se forment et ne se remplissent pas, et l’on obtient de l’échaudage.
 
C’est une étape où les séquelles sont irréversibles, contrairement à celle de la croissance végétale des plantes où même si la pluie tarde, la croissance peut reprendre en cas de pluie.
 
L’épiaison a démarré presque partout. Dans les zones bien servies en eau, cela va se dérouler plus ou moins bien. Dans les régions où la situation est moyenne, le remplissage des graines se fera dans des conditions défavorables.
 
Donc on aura un rendement variable, sachant que nombre d’agriculteurs n’ont pas donné beaucoup d’engrais de couverture ni bien effectué les travaux de désherbage à cause de la rareté des pluies. Les plantes n’ont donc pas beaucoup de réserves nutritives et hydriques.
 
« S’il y a de la pluie dans les prochaines semaines, cela aidera légèrement mais la situation dans les régions où le stress hydrique est le plus élevé restera difficile. 40 à 45 millions de quintaux est la production que l’on peut espérer dans les conditions actuelles, avec trois principales régions contributrices : le Gharb, le Saiss et la Chaouia. Ailleurs, il y aura de petites quantités pour la consommation locale et pour la survie », conclut notre expert.

>>Lire aussi: Agriculture : risques sur la campagne céréalière 2018-2019

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : Agriculture
S.N.
Le 7 mars 2019 à 18h20

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité