Algérie: Pourquoi autant de haine?
Le discours du 6 Novembre a réitéré une réalité: le conflit du Sahara est un conflit régional mettant face à face le Maroc et l'Algérie, et la seule façon de le résoudre est de mettre l'Algérie face à ses responsabilités.
Ce n'est pas une affaire de frontières mais réellement d’existence.
Pour l'Algérie, il ne s'agit pas de défendre la cause sahraouie. Si Alger s'est impliquée, y compris militairement, c'est parce qu'il s'agit pour la nomenklatura d'un objectif stratégique.
Les dirigeants, la sécurité militaire croient dur comme fer que le destin de l'Algérie c'est d'être la Prusse de la région, grâce à ses ressource en hydrocarbures, et pour ce faire, il faut comprimer le Maroc, le réduire, le couper des pays avec lesquels il a entretenu des rapports étroits depuis des siècles, l'encercler. L'islam subsaharien étant introduit par les dynasties marocaines.
Il y a 15 ans, Ahmed Midaoui, alors ministre de l'Intérieur, recevait son homologue algérien. Lors de la conférence de presse, ce dernier, d'origine marocaine par ailleurs, a déclaré sans ambages: "la réouverture des frontières signifie un transfert de plusieurs milliards de dollars au Maroc, c'est une perspective que nous n'accepterons jamais". Peu leur importe que le consommateur algérien paie plus cher des produits que le Maroc exporte avec abondance.
Rares sont les dirigeants algériens qui contestent cet enfermement obsessionnel, même les pressions de l'Union Européenne, les rapports des institutions de Bretton Woods, n'ont pas fait évoluer d'un iota la position des élites algériennes. Y compris celles qui s'inscrivent dans une logique libérale.
Il faut tenir compte de cette réalité pour pouvoir agir. Les dirigeants de l’Algérie indépendante ont réussi à diffuser de manière conséquente leurs idéologie au sein de la société. Le destin de l'Algérie, c'est d'être le patron de la région et l'ennemi c'est le Maroc, parce qu'il est génétiquement expansionniste.
A cet égard, ils ont utilisé la Guerre des sables, et l'accusation selon laquelle "les Marocains nous ont méprisés [hagrouna]" de Ben Bella.
Ils continuent de le faire à la stalinienne, en répétant le même discours sans se lasser. C'est ce qui explique que dans un pays aux indicateurs sociaux déficients, les dépenses en armement ne soulèvent pas de protestations.
Le rôle de la société civile est important. Il faut aider les élites algérienne à déconstruire ce discours, à se débarrasser de ces obsessions.
C'est un travail de très longue haleine. En attendant, malheureusement, le statu-quo va perdurer. C'est parce qu'ils en sont convaincus que nos dirigeants ont désenclavé l'Oriental par la rocade méditerranéenne.
Le coût du non-Maghreb est exorbitant, mais c'est un argument inaudible à Alger où l’obsession maladive l'emporte sur la raison.
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