Algérie, un président ne devait pas parler comme ça
Antony Blinken a rencontré le président algérien le 30 mars dans la cadre de sa tournée dans la région. Une rencontre durant laquelle le président algérien a parlé surtout du Maroc et de sa "vision" des relations maroco-algériennes.
Dès l’arrivée d’Antony Blenken Secrétaire d’État américain à Alger le 30 mars courant il fût reçu par le président algérien Abdelmadjid Tebboune au palais Almouradia. Le ministère américain des affaires étrangères a publié par la suite un communiqué faisant part de cette activité, somme toute diplomatique, en reprenant principalement le discours prononcé par le président algérien.
Face à son interlocuteur, le président algérien commence par souligner que les rencontres entre algériens et américains sont toujours imprégnées d’une certaine intensité et d’un meilleur rapprochement que par le passé. Les deux pays partagent des similarités comme la lutte pour leur libération contre le colonisateur et les fêtes d’indépendance des deux pays qui ne sont séparées que de quelques heures ente le 4 et 5 juillet.
Avant de parler de l’Algérie, il reconnait que la démocratie américaine est une grande démocratie. L’Algérie est pour lui entrain de construire la sienne avec ses propres valeurs et son histoire à elle. Tebboune a estimé que les institutions de son pays sont réellement représentatives du peuple. Dans les grands conflits qui secouent la planète nous sommes avec vous lui a-t-il lancé, en ajoutant que nous rêvons d’un monde équilibré un monde où la liberté est défendue.
Ceci était l’introduction de son discours, l’entrée avant le plat de résistance. Dans notre environnement l’Algérie est entourée de pays qui ne lui ressemblent pas exception faite de la Tunisie, a-t-il relevé. Nous avons des relations proches avec la Tunisie parce qu’il y a des ressemblances, lui a-t-il lancé de bute en blanc. Sur les autres frontières nous n’avons que des incendies. La Libye est déstabilisée, et le terrorisme guette le Sahel comme au Tchad Burkina-Faso Mali Niger et il ajoute même la Mauritanie.
Tirades traditionnelles
A la porte à côté, dit le président, il y a le Royaume du Maroc où depuis l’indépendance nos relations ont connu des hauts et des bas. Ici commence les tirades traditionnelles de la diplomatie algérienne qu’on ressasse devant chaque visiteur et dans n’importe quelle assemblée importante soit-elle ou mineure. Interpelant directement à Blinken, il lui assène : personne n’a oublié, et les algériens n'oublierons jamais, que le Maroc nous a attaqués en 1963. Il faudrait rappeler qu’à cette époque Blinken avait juste un an.
L’Algérie n’avait pas une armée régulière et les marocains ont attaqué avec des hélicoptères et avions une part de notre terre en faisant 850 victimes. Après, ce même Maroc n’a pas voulu reconnaitre l’indépendance de la Mauritanie, qui était membre des Nations Unies, et ne l’a reconnue que douze années plus tard selon le président algérien. Il ajoute aussi qu’à cette époque le Maroc avait même un ministère chargé des affaires mauritaniennes. Il a omis cependant de lui rappeler que même notre parlement était dirigé a l’époque par un marocain d’origine mauritanienne.
Tout ce préambule était pour aborder le plat de résistance et l’omniprésente question servie dans toutes les sauces aux visiteurs étrangers. C’est de notre faute si nous n’avons pas su bien gérer la question du Sahara avant 1975 lui a-t-il révélé, démontrant inconsciemment ainsi l’implication des militaires algériens et leur désir de vouloir dominer la région en cherchant à diviser un pays voisin qui ne cherche qu’ à consolider son intégrité territoriale.
Analyses surannées
Comme Blinken venait d’arriver du Maroc, Tebboune lui déclare que les algériens ne sont pas ce que les marocains disent sur eux, au contraire ce sont ces derniers qui veulent déstabiliser l’Algérie. Comment ? Tebboune répond par lui-même : je ne vois pas de raisons à cela, alors que l’Algérie a toujours protégé le Maroc. Et la formation du polisario, son armement et la mobilisation de sa diplomatie sur cette seule question ? Aucune réponse sur ces sujets.
Le président regrette devant Blinken que ce n’est pas normal que les frontières avec le Maroc restent fermées pendant quarante ans sur cinquante, comme si c’est le Maroc qui a pris cette décision. Et la fermeture de l’espace aérien et l’arrêt du gazoduc ? C’est toujours la faute du voisin ? Pour le président algérien, la position de l’Algérie concernant le Sahara est un principe immuable, comme pour son soutien jadis à Timor-Leste, ou à la cause palestinienne.
La question de notre intégrité territoriale était donc, et comme à l’accoutumée sur la table du président Tebboune et son chef de la diplomatie Laamamra. On imagine leur soif de pouvoir dérouler, devant leur hôte américain, leurs analyses surannées qui ont fait leur temps. Blinken qui connait bien la région, lui qui a vécu en France, sait que ce problème a été créé de toutes pièces par les militaires algériens pendant la guerre froide. Ils y ont mis une grande partie des ressources du pays pour une cause perdue d’avance, moyens qui devaient servir tout d’abord le développement de leur pays.
Soixante ans après leur indépendance les voilà encerclés de conflits de toutes parts, comme l’a confirmé Tebboune devant son hôte américain. Quant au Sahara, région du Maroc, elle n’a jamais été un pays indépendant et encore moins, une république comme le veulent les militaires algériens, ni durant les siècles passés ni durant ceux à venir. Par l’histoire, la géographie et par ses populations, le Sahara a de tout temps été lié à la couronne marocaine. C’est ce que beaucoup de pays ont compris, et c’est ce que Alger devrait comprendre.
La visite de Blinken se déroule dans un environnement difficile pour l’Algérie. La Russie, son allié principal s’enlise en Ukraine et se trouve encerclée par des sanctions économiques de toutes parts. Les accointances traditionnelles d’Alger avec les ennemis déclarés de Washington, comme l’Iran, n’aide en rien à la compréhension de sa politique internationale qui va à l’encontre des intérêts de son propre peuple. Tout cela s’ajoute à ce que le président algérien lui-même a relevé devant son hôte : un pays encerclé par des foyers de tensions. Mais à qui la faute ? That’s the question.
à lire aussi
Article : Marchés de gros de Casablanca : tomate en hausse, viandes rouges en baisse au 22 avril 2026
DATA. Au 22 avril 2026, les prix relevés sur les marchés de gros de Casablanca évoluent de manière contrastée, selon les données de la SDL Casa Prestations. La tomate poursuit sa hausse, l’orange progresse également, tandis que les viandes rouges, la banane importée et la courgette enregistrent les replis les plus marqués par rapport à la semaine précédente.
Article : Sahara : l’Autriche considère le plan marocain d'autonomie comme une “base réaliste pour une solution politique durable”
À l’issue d’une rencontre entre Nasser Bourita et la cheffe de la diplomatie autrichienne, Vienne a réaffirmé son soutien à la résolution 2797 de l’ONU et au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, qu’elle considère comme une base réaliste pour une solution politique durable au différend du Sahara.
Article : Baricitinib. Pourquoi la justice a validé le brevet d’Incyte
Exclusif. Après trois ans de procédure et une série inédite d’expertises, le tribunal de commerce de Casablanca a validé le brevet du Baricitinib. Médias24 a consulté le jugement motivé, un document de 70 pages qui détaille pourquoi la justice a tranché en faveur du laboratoire américain Incyte Corp.
Article : Cannabis licite : production à 19.576 quintaux, 5.765 autorisations et 7.526 contrôles en 2025
La production de cannabis licite a atteint 19.576 quintaux en 2025, contre 18.810 un an auparavant, tandis que l’ANRAC a délivré 5.765 autorisations opérationnelles, encadré 3.141 hectares cultivés et plus de 5.300 agriculteurs, enregistré 110 produits médicaux et cosmétiques, et effectué 7.526 opérations de contrôle, selon le directeur général Mohamed El Guerrouj.
Article : Festival Gnaoua 2026 : plus de 400 artistes attendus
La nouvelle édition du Festival Gnaoua et musiques du monde, prévue du 25 au 27 juin 2026, promet une série de fusions musicales inédites et une célébration de l'héritage du regretté Maâlem Mustapha Baqbou. Plus de 400 artistes, dont 42 Maâlems, se produiront sur les différentes scènes de la ville.
Article : Mondial 2026 : une nouvelle mise en vente de billets prévue ce mercredi 22 avril 2026
Pour marquer le cap symbolique des 50 jours avant l'ouverture, la FIFA s’apprête à injecter une nouvelle salve de billets sur le marché. Mercredi 22 avril 2026, les supporters du monde entier auront une chance supplémentaire de réserver leur place pour l'un des 104 matchs de la compétition.