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Biden, le dernier discours sur l’état de l’Union

C’est une tradition bien inscrite dans la constitution américaine qui oblige le chef de l’État à s’adresser au peuple à travers le Congrès pour présenter le bilan de l’année passée et annoncer son programme d’action pour l’année qui suit, ou pour le temps qui lui reste de son mandat. Cette année, Biden a réussi cet exercice, en prononçant un discours fleuve qui a duré plus d’une heure. Une manière pour lui de montrer qu’il a toujours la forme pour confronter son adversaire Donald Trump.

Le 18 mars 2024 à 14h20

Le discours de Biden de cette année a constitué une campagne électorale avant terme. Biden était offensif à l’égard de Trump qu’il a cité à treize reprises sans toutefois le nommer. Il l’a critiqué pour la politique qu’il a menée lors de sa présidence, et pour celle qu’il propose de nouveau aux américains pour se faire réélire. Il l’a attaqué aussi pour son opposition aux législations relatives à l’avortement et sur les armes, ainsi que sur l’immigration. Il n’a pas hésité à lui rappeler son non-respect de la démocratie lors de l’attaque du Capitole en janvier 2021 qui reste dans toutes les mémoires.

Biden a consacré également une partie importante de son discours aux questions économiques qui intéressent au plus haut degré les américains. Il a vanté son bilan positif, évoquant les quinze millions d’emplois créés depuis le début de son mandat. Il a affirmé en outre que le taux de chômage a été le plus bas depuis cinquante ans, et que seize millions d’américains avaient lancé leurs propres affaires depuis la prise de ses fonctions en 2021.

C’est au niveau de la politique extérieure que Biden a été très critique, reprochant à son adversaire républicain sa soumission au président russe Vladimir Poutine concernant la guerre en Ukraine. Il lui a rappelé l’attitude de l’autre président républicain Ronald Reagan, qui exigeait du président de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev la démolition du mur. Le comportement de Trump est scandaleux, dangereux et inacceptable, selon lui. Il a exhorté le Congrès à soutenir l’Ukraine pour mettre fin à l’agression russe, et à débloquer l’aide, jugée cruciale, pour soutenir Kiev à mieux résister aux attaques de l’armée de Poutine.

Les massacres que subissent les palestiniens à Gaza a été l’autre sujet évoqué dans son discours. Biden a informé qu’il travaille d’arrache-pied pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat qui permettrait la libération des otages. Il a informé qu’une aide humanitaire y sera acheminée rapidement, et conseillé au gouvernement israélien de ne pas l’utiliser comme monnaie d’échange. Face à lui, des élus de gauche ont porté des keffiehs palestiniens en guise de protestation. Une élue d’origine palestinienne a même brandi une pancarte où on pouvait lire : arrêtez d’envoyer des bombes.

Biden ne pouvait esquiver la souffrance qu’endure le peuple palestinien. Les crimes perpétrés par les troupes israéliennes à Gaza ont été dénoncés par une large partie des américains, y compris parmi la communauté juive. En quittant la Maison Blanche pour aller vers le Congrès où il devait prononcer son discours, le convoi du président a été obligé de changer d’itinéraire pour éviter les manifestants propalestiniens qui protestaient contre la guerre à Gaza et l’appui inconditionnel qu’apporte Washington à Israël.

Ce discours de Biden sur l’état de l’Union vient juste quelques jours après celui adressé à la Nation russe par le président Vladimir Poutine en février dernier. Poutine a lui aussi évoqué les questions internationales vues de Moscou, comme la guerre d’Ukraine, les menaces de l’Occident et sa vision stratégique sur les grandes questions qui intéressent les citoyens russes. Celui de Biden a été en partie une réponse au chef d’État russe signifiant que Washington restera à côté de l’Ukraine et lui apportera toute l’aide nécessaire pour repousser les troupes russes.

Dans l’histoire américaine les discours sur l’état de l’Union sont un moment fort de la vie politique de la nation inscrit de surcroît dans la constitution du pays. Ils sont l’occasion pour le président de faire le bilan de l’année, rendre compte de ce qui a été réalisé, tracer le chemin et indiquer la direction. Tous les présidents américains saisissent cette occasion pour adresser des messages aussi bien à la nation qu’aux alliés et aux adversaires des États-Unis.

Certains de ces discours ont marqué l’histoire, comme celui prononcé en 1941 par Franklin Roosevelt qui incita les américains à sortir de leur isolationnisme alors que la seconde guerre mondiale faisait rage. Quelques mois plus tard, le pays entrera effectivement en guerre contre l’Allemagne nazie. En 1981 à la même occasion, Donald Reagan prononça son discours ultralibéral avec sa phrase restée célèbre, "le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes, il est le problème". Le président George Bush a, de son côté, utilisé la même plateforme en 2002 pour entrer en guerre contre ce qu’il appela l’axe du mal et envahira plus tard l’Afghanistan et l’Irak.

Les discours à la nation prononcés face aux élus sont un moment important de la vie politique des Etats-Unis. Toutes ces adresses permettent de communiquer directement avec les citoyens à travers leurs élus. Le chef de l’État partage, à cette occasion, ses choix politiques et économiques, les réalisations du gouvernement, les défis et les objectifs à relever. Ces communications favorisent à l’évidence la transparence et la compréhension des enjeux nationaux et internationaux.

Ces discours prennent encore plus d’ampleur en cas de crise politique ou sociale, ou face à des catastrophes ou à des dangers imminents. En cas d’annonce grave, ils servent à rassurer et apaiser. Parfois ils sont aussi l’occasion de galvaniser les troupes contre un ennemi extérieur. Mais en règle générale, les présidents américains y présentent des plans d’action, et encouragent la solidarité et la résilience nationales. S’adresser à la nation est donc un moment fort de la vie nationale américaine pour mobiliser la population autour de valeurs et d’objectifs communs.

Les discours sur l’Union sont souvent marqués par une rhétorique forte et inspirante pour le propre camp présidentiel. Face aux préoccupations des citoyens, on y fait référence à l’histoire du pays pour coller à la réalité de l’ensemble du peuple américain. Ces discours sont aussi une projection de puissance qui met en avant la force du pays et son influence sur la scène mondiale. C’est pour ces raisons qu’on y trouve souvent des déclarations sur la politique extérieure et les interventions à l’étranger, en relation avec la sécurité nationale et les intérêts suprêmes des États-Unis.

A l’international, et en raison de la puissance américaine, la perception de ces communications est différente. Les discours des chefs d’Etat sont scrupuleusement analysés et décortiqués, aussi bien par les pays amis que par les pays adversaires. Ils présentent, aux yeux des autres nations, l’expression de la position officielle sur les grands sujets internationaux. Ils s’inscrivent souvent, soit dans la promotion de la paix et de l’entente, ou ils légitiment la guerre et la confrontation contre des adversaires potentiels.

C'est ce qui ressort du discours de Biden de cette année, quand il s’est attardé sur la question ukrainienne, signifiant par là son importance pour Washington. Il a renouvelé à cette occasion son soutien à Kiev lui promettant plus d’armes et de moyens pour repousser les troupes russes. Il s’est adressé aux congressmen les incitant à voter l’aide financière de 60 milliards de dollars. L’Ukraine peut arrêter l’invasion russe si elle dispose d’armes dont elle a besoin, selon lui. Quant à la question palestinienne, Biden a recommandé à Israël de préserver la vie des civils et de ne pas entraver l’aide humanitaire, qui ne peut être utilisée comme monnaie d’échange.

Ce dernier discours peut être le dernier du mandat de Biden en tant que président s’il n’est pas réélu en novembre prochain. Son intervention cette fois-ci ressemblait plus à une campagne électorale qu’à un discours de routine faisant le bilan de l’année précédente et traçant les perspectives de l’année qui suit. À 81 ans, il est le plus vieux président américain qui se présente à une élection présidentielle à cet âge. Il a réussi le passage de cet examen qu’est le discours sur l’état de l’Union. Il a pu apaiser les inquiétudes de ses citoyens quant à sa santé et à ses aptitudes à gouverner le pays pour quatre ans supplémentaires. C’est maintenant aux américains de choisir s’ils veulent encore de lui dans un monde à la recherche de nouveaux repères.

Le duel Biden-Trump, le dernier combat des vétérans

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Le 18 mars 2024 à 14h20

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