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Cibler les maladies non transmissibles

Partout dans le monde, l'un des principaux facteurs qui détruit des vies et qui entrave la croissance économique est également l'un des plus difficiles à traiter. 

Le 29 octobre 2015 à 17h51

Les maladies non transmissibles (MNT), comme les cardiopathies, le diabète et le cancer représentent actuellement deux-tiers de tous les décès dans le monde entier.

Non seulement ces maladies non transmissibles écourtent la vie, mais elles font en outre peser un lourd tribut économique sur leurs victimes, sur leurs familles et leurs communautés, sapent la productivité économique et augmentent les dépenses de santé. Au cours des deux prochaines décennies, le total des pertes économiques issues des maladies non transmissibles pourrait s'élever à 30 mille milliards de dollars.

Relever le défi complexe posé par les maladies non transmissibles va nécessiter un effort international coordonné. Heureusement, quelques étapes importantes dans cette voie ont été réalisées dernièrement. En septembre, l'Organisation des Nations Unies a adopté les Objectifs de Développement Durable, une série de 17 objectifs qui guideront le programme mondial de développement pendant les 15 années à venir.

Parallèlement aux cibles visant à éliminer la pauvreté et aux mesures visant à protéger l'environnement, figure un engagement portant sur la réduction de la mortalité causée par les maladies non transmissibles. C'est la première fois que le programme de développement officiel de l'ONU s'attaque directement au problème.

Il s'agit d'une étape bienvenue, mais qui n'est que la première étape d'un long voyage. Les charges physiques et économiques liées aux maladies non transmissibles frappent le plus durement là où elles sont le plus difficilement supportées: les pays à revenus bas et moyens, où se produisent 80% des décès liés aux MNT. En conséquence, des millions de personnes ayant récemment échappé à la pauvreté pourraient bien y être confrontées.

Mobiliser les ressources à tous les niveaux

La pression sur l'opinion publique et sur les pairs suscitée par les ODD peut aider accélérer les avancées. Mais atteindre ces cibles va demander une attention soutenue, en mobilisant les ressources et l'expertise des gouvernements, des organisations internationales à but non lucratif et surtout du secteur privé.

Mon expérience dans le secteur de la santé m'a amené à conclure que deux facteurs importants vont se révéler déterminants dans la lutte contre les défis posés par les maladies non transmissibles. Les progrès dépendront d'abord et avant tout de l'élaboration de démarches locales efficaces qui pourront être adaptées et reproduites à grande échelle.

Il n'y a pas de solution universelle à des problèmes comme le diabète ou les cardiopathies. Mais étant donné que les maladies non transmissibles affligent les communautés de toutes les régions du monde, il existe de nombreux points communs qui n'ont pas besoin d'être sans cesse redécouverts.

En 2013 par exemple, la Fondation Carlos Slim a mené une évaluation de référence rigoureuse sur huit cliniques de soins primaires pour comprendre l'état de la prévention et du traitement du diabète.

En fonction des données recueillies au cours de l'étude, la Fondation a piloté le modèle CASALUD pour améliorer le dépistage, le traitement et la prévention par des appareils faciles d'utilisation et à faible coût, capables de mesurer une gamme de signes vitaux pertinents, en particulier les niveaux de glucose dans le sang. Les cliniques participantes ont été équipées d'un système en ligne pour le suivi des stocks de médicaments afin d'éviter les pénuries.

L'approche a été si efficace que bureau de la santé du Mexique utilise le modèle CASALUD comme base de sa campagne nationale de lutte contre l'obésité, qui peut déclencher le diabète et d'autres maladies non transmissibles. Soit un excellent exemple passage à grande échelle à partir d'une expérience locale.

Le secteur privé doit contribuer

Le deuxième élément crucial du succès dans la lutte contre les maladies non transmissibles est un engagement à exploiter les ressources du secteur privé. Cela comprend non seulement la mobilisation des investissements privés, mais aussi le déploiement de vastes quantités d'expertise technique, opérationnelle et adaptée aux conditions locales, acquises par les entreprises privées dans le cadre de leurs activités dans le monde entier.

En établissant des partenariats avec les gouvernements et les organisations internationales et locales, les entreprises peuvent aider à réduire l'impact de maladies dévastatrices et coûteuses.

Je suis informé de cela parce que mon entreprise s'implique justement dans un effort de ce type: le Partenariat Lilly NCD, par lequel nous coopérons avec des partenaires et des gouvernements de l'Inde, du Mexique, d'Afrique du Sud et du Brésil dans la lutte contre les maladies non transmissibles.

Au Brésil par exemple, nous sommes en en étroite collaboration avec les principales organisations locales, dont l'Université fédérale de Rio Grande do Sul, afin d'améliorer la prévention des maladies, en mettant l'accent sur l'aide aux mères qui ont été diagnostiquées d'un diabète de grossesse et courent maintenant le risque de développer un diabète de type 2.

Des programmes comme le nôtre démontrent ce qui peut être obtenu par des partenariats substantiels, axés localement sur des partenariats public-privé dans le monde entier. Assurer le succès des ODD (dont fait partie la réduction de la mortalité due aux maladies non transmissibles) va obliger les entreprises à aller au-delà de la traditionnelle philanthropie à et concevoir des solutions créatives aux problèmes socio-économiques.

Si nous reconnaissons que l'innovation provient de la compréhension des conditions locales et de l'optimisation des vastes ressources du secteur privé, nous pouvons garantir une meilleure santé (et une croissance économique plus rapide) à très long terme.

© Project Syndicate 1995–2015

Par Rédaction Medias24
Le 29 octobre 2015 à 17h51

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