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Des médiateurs sans garde-fous : la diplomatie des risques non calculés

Dans un Moyen-Orient sous tension extrême, la médiation vire à l’absurde. Les frappes surprises, les alliances fragiles et les manœuvres des puissances régionales mettent à l’épreuve les intermédiaires, qui se retrouvent parfois traqués plutôt que protégés.

Le 6 avril 2026 à 15h57

On n'y comprend rien. Non, pas de la magie. De l'insensé, voire de l'absurde servi sur un plat de fortune ! Un médiateur en pleine besogne est traqué par ceux-là qui recourent à ses services. Puis, il tombe des nues. Il subit abasourdi l’effet des feux croisés émanant de la direction dans laquelle il a une confiance aveugle. L'instigateur tierce-personne est de mèche avec les parties en conflit ou avec leurs parrains. Pourtant, l’incident ne devrait pas surprendre. L’histoire contemporaine regorge de précédents similaires.

Des experts des affaires moyen-orientales sont arrachés à leurs lits, le 9 septembre 2025, quand leurs smartphones vibrent, annonçant que quelque chose de grave vient de se produire. Doha, la capitale qatarie, sous les feux de la rampe ces dernières années, est la cible d’une frappe israélienne.

Un immeuble est particulièrement visé, le siège de la représentation du mouvement palestinien Hamas. Une frappe chirurgicale qui cible des dirigeants de ce mouvement. Ces derniers se trouvent à Doha dans le cadre de la médiation du Qatar entre Hamas et Israël pour mettre fin à la guerre de Gaza déclenchée le 23 octobre 2023.

De quoi faire jaser les réalistes et les idéalistes qui prônent la résolution pacifique des conflits. Les cibles visées sont touchées avec des dégâts humains certains, dont la mort de cinq dirigeants de Hamas. C'est quoi cette mascarade ? Le Qatar dérange-t-il à ce point ? Ou, comme le suggèrent certains experts avérés, les médiateurs qataris ne remplissent plus la mission qui leur est confiée comme planifié ?

Peut-être le doigté des autres intervenants serait-il en mode stand-by ? Toujours est-il que la frappe israélienne dessine les contours et les limites de la médiation entreprise par des acteurs étatiques en position d'asymétrie flagrante.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou présente, le 29 septembre 2025, des excuses timorées à Doha à partir de la Maison Blanche après que les États-Unis ont dit n'avoir pas été mis dans les confidences préalablement à la décision prise d’effectuer la frappe. Les excuses portent sur la violation de la souveraineté du Qatar et la mort d’un garde qatari.

Asymétrie et dommage collatéral

Le Qatar voit son ascendant dans ce type d'intermédiation s'évaporer comme une ondée magnanime à la veille d'un été qui s'annonce chaud. Elle est loin l'euphorie manifestée au lendemain du succès de sa médiation entre les États-Unis et les Talibans qui est couronnée par la signature d’un accord de paix, le 29 février 2020.

Le Qatar, qui donne parfois l'impression de fonctionner avec deux têtes : une tête politique et diplomatique raisonnable et posée et une tête médiatique qui sème le trouble dans la périphérie arabe et islamique, est pris au piège de son ambivalence. C’est la première fois que le pays est ciblé par une attaque en provenance de Tel Aviv.

Doha est depuis des années partie prenante dans le financement de Hamas et de sa survie politique. Il adopte à cet égard un jeu de balancier entre le mouvement et l’Autorité nationale palestinienne. Un jeu qui fait grincer les dents des autres intervenants arabes dans la gestion du dossier israélo-palestinien. Est-ce que le temps diplomatique du Qatar arrive à terme ou est-il proche de l’être ?

Bien avant le Qatar, il y avait le Koweït. Le Koweït se taille la réputation de garder sa neutralité intacte quand des divergences se produisent entre les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Il adopte la même position quand des problèmes surgissent entre des pays arabes et l'Iran.

Le Koweït tire les enseignements du flottement des positions arabes au lendemain de l'invasion de son territoire par l'Irak en 1990. Il adopte la même position entre 2017 et 2021, à l'occasion de la tension entre le Qatar d'une part, et l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte de l’autre. Cette médiation n’aurait pas réussi si les États-Unis, après une indifférence incompréhensible au début, n’étaient pas intervenus en dernier ressort.

Si en général le Koweït s'en tient aux décisions prises par la Ligue des États arabes au sujet des litiges interarabes, il n'en garde pas moins une liberté de manœuvre afin de ne pas fermer la porte à d'éventuelles ouvertures diplomatiques.

Cependant, le Koweït n’est pas ménagé chaque fois que le bilan de ses positions diplomatiques avérées est dressé. On lui reproche d’être trop distant par rapport aux questions arabes et plus proche des positions iraniennes. Les Koweïtiens ont un argument plus convaincant. Ils gardent une distance égale vis-à-vis des sunnites et des chiites qui caractérisent le champ religieux au Koweït. Ils ont un parlement fort qui a été à l'origine de plusieurs motions de censure (2016-2025) qui ont poussé des gouvernements successifs à la démission.

Depuis des décennies, les mouvances islamiques font le bon et le mauvais temps . Ils sont moins fervents que par le passé, mais ils continuent d'impacter l'échiquier politique interne grâce aux alliances transnationales avec les autres composantes religieuses régionales. Ce qui leur permet d'être plus actives quand des crises politiques ou diplomatiques surviennent dans la sous-région, comme c'est présentement le cas.

Un autre pays de la région se taille la réputation d'être un médiateur silencieux et efficace : Oman. Cette réputation tire sa force d'une stabilité qui force l'admiration. Il faut dire que le pays est sorti plus fort malgré plusieurs tentatives de déstabilisation qui remontent aux années 1965-1976.

À l'époque, le Front populaire pour la libération d’Oman et du golfe arabe (FPLOGA), un mouvement dissident d’obédience communiste, prend les armes pour faire tomber le sultan Saïd ibn Taїmour. Il prend quartier dans la province de Dhofar. Bien que des éléments rebelles rejoignent l’armée constituée par le nouveau sultan Qabus ibn Saïd, en 1970, le mouvement n’est pas définitivement dissout et garde des relais à l’étranger.

Le mouvement séparatiste n’aurait pas accepté les termes de la trêve s’il n’y avait pas eu l’intervention militaire de l’Iran en 1975 qui le prive des lignes de ravitaillement dont il bénéficie jusqu’alors. C’est ce qui explique qu’Oman garde d’excellentes relations avec l’Iran et abrite des négociations entre les voisins de ce dernier et les pays arabes du Golfe.

Par ailleurs, Oman compte parmi les pays qui ont des relations ouvertes avec Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est reçu officiellement à Mascate en octobre 2018. Rien de surprenant, car, en 1975, en pleine progression de la dissidence de Dhofar, des conseillers militaires israéliens sont sur le terrain pour venir en aide à l’armée omanaise. Ils épaulent des forces spéciales britanniques qui jugulent la progression des séparatistes.

Par ailleurs, Oman joue un rôle crucial en tant que médiateur entre l'Iran et ses voisins arabes, notamment entre ce dernier et l'Arabie saoudite en 2023. Il se distingue par sa médiation récente entre les États-Unis et l’Iran.

Oman monte cependant au créneau pour se lamenter du fait que le déclenchement de la guerre tripartite entre ces derniers, Israël et l'Iran ne se justifie pas, car Washington et Téhéran étaient sur le point de conclure un accord convenable pour les deux parties. L’accord porte sur l'essentiel des dossiers en suspens, en l'occurrence le dossier nucléaire, les missiles balistiques et les mouvements proxies iraniens dans les pays voisins.

Équation à plusieurs inconnues

Les trois dossiers constituent un casse-tête pour un autre pays qui se voit contraint de jouer la prudence et la vigilance grâce à la pratique de la médiation : le Pakistan. Il est sollicité ces dernières semaines pour faciliter les contacts directs et indirects selon les circonstances du moment entre les États-Unis et l'Iran. Des avancées auraient été enregistrées, mais à quelques heures de l’ultimatum lancé par le président américain Donald Trump, rien n’est moins sûr.

De même qu’Islamabad abrite les 29 et 30 mars 2026 une réunion des ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, d'Égypte, de Turquie et du Pakistan sur les derniers développements dans la région. Les arrangements militaires et sécuritaires entre les quatre Islamabad, Ankara et Riad convenus le 17 septembre 2025 passent au crible du nouveau chamboulement géostratégique.

D'aucuns estiment que la médiation pakistanaise est illusoire parce qu'elle s'inscrit dans le cadre du jeu d'influence entre le Pakistan et l'Inde. Elle consolide l'axe Islamabad, Ankara et Ryad. Mais elle permet surtout au Pakistan de capitaliser sur ses interventions en Afghanistan le 27 février et le 3 mars 2026 pour juguler le soutien des Talibans afghans à leurs alliés pakistanais, le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et des mouvances liées à l’Etat islamique au Khorassan (El-K) répandues en Asie du Sud et en Asie centrale.

Or la diplomatie de la médiation poursuivie par les pays susmentionnés ne les a pas épargnés. Ils ont été, à des degrés variés, les cibles collatérales de la guerre tripartite entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Ce dernier, adoptant la politique de la terre brûlée (l'analogie vaut ce qu'elle vaut), a lancé des missiles et des drones sur le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et même sur Oman et l’Irak.

Les observateurs ne sont pas au bout de leur surprise. Au moment où les informations se télescopent sur les lieux de rencontre entre négociateurs américains et iraniens, voilà que des messages équivoques sortent de la capitale Téhéran.

Les uns récusent toute référence à des négociations en bonne et due forme entre les États-Unis et l’Iran. Ils insistent sur des échanges par des pays intermédiaires, dont le Pakistan. Les autres révèlent l’émergence d’une tendance au sein du pouvoir iranien (du moins les canaux qui sont autorisés à parler) qui privilégierait une solution diplomatique avec des concessions douloureuses mais qui sauveraient l’Iran et lui permettraient de ne pas chuter dans l’anarchie totale.

Cette tendance semble être plausible à la lecture des propositions faites par Mohammad Javad Zarif, ancien ministre des Affaires étrangères, qui prône un dénouement de la crise à commencer par l’arrêt de la guerre avec comme objectif la fin d’une animosité entre les Etats-Unis et l’Iran qui dure depuis 47 ans. Le deal proposé doit comprendre le droit de l’Iran de développer son programme nucléaire pacifique, revu à la baisse avec des garanties internationales.

Toutefois la proposition la plus importante est la signature par les deux parties d’un traité solennel de non-agression sans possibilité de dénonciation à l’avenir. Le plan proposé par Zarif exprime une conscience maintenant consacrée chez une partie de la classe politique iranienne – dite éclairée – selon laquelle la priorité doit être donnée à la reconstruction du pays. Cela doit passer par l’abandon de la politique d’endiguement (et d’interférence dans les affaires) des voisins que l’Iran a mise en œuvre depuis 1979.

Cependant, déjà, des voix intransigeantes, attribuées aux faucons au sein des Gardiens de la révolution islamique, condamnent l’initiative de Javad Zarif et appellent à sa condamnation à mort. Elles demandent que le même sort soit réservé à l’ancien président Hassan Rouhani, qui privilégie la voie de la diplomatie pour mettre fin à l’hécatombe que subit l’Iran.

Alors quelles interprétations peut-on faire de la médiation (toutes formes comprises) en tant que moyen adéquat de résolution de conflits et de maintien de la paix et de la sécurité ? Cela dépend des acteurs impliqués dans ce processus.

Un : le choix du médiateur n'est jamais innocent. Les médiateurs peuvent se bousculer au portillon des grandes capitales. Cependant, ils ne décident pas des résultats de la sélection finale. Il ne faut surtout pas que leurs candidatures soient portées à la connaissance des médias et du public.

Les médiateurs sont classés en fonction de leur rang sur l'échiquier diplomatique et de leur poids dans la hiérarchie stratégique. Les médiateurs grandes puissances et puissances intermédiaires ne sollicitent vraiment pas un service donné ; elles imposent une décision. Généralement, les arrangements sont conclus dans le grand secret. Le public n'en prend connaissance que des mois, voire des années plus tard.

Par contre, les médiateurs moins lotis, en termes de marchandage musclé, sont sollicités pour jouer de l'intermittence circonscrite dans le temps et l'espace. On pourrait arguer que toutes les médiations s'inscrivent dans la même logique : le temps et l'espace. Pas tout à fait.

Le choix des médiateurs – disons des acteurs mineurs – constitue un ballon d'essai pour dégeler l'iceberg des divergences profondes. Une fois ce cap franchi, ces médiateurs sont relégués au second plan pour jouer apparemment l'intendance. Les choses les plus sérieuses sont discutées directement entre les parties en conflit.

Deux : la hiérarchisation des conflits. La médiation dans les conflits asymétriques est expéditive. Elle joue sur les rapports de force et répond à la logique de "Take it or leave it!" L'acteur en situation de dépendance à l'égard de son adversaire acteur majeur ou des partenaires de ce dernier n'a pas beaucoup d'options. Il peut trouver des sympathisants au sein de certains forums régionaux ou internationaux, mais ces soutiens à la carte restent lettre morte.

Par contre, la médiation entre les acteurs symétriques, jouissant de la même capacité de marchandage, peut donner des résultats. Toutefois, la mise en œuvre des arrangements atteints dépend, en premier et dernier ressort, de l'interprétation qui en est faite par leurs partenaires acteurs majeurs.

Trois : la médiation est déterminée par une sorte de quota entre, d’une part, des partenaires alliés, des partenaires associés et des partenaires aléatoires et, de l'autre, des acteurs triés à la sauvette pour éteindre un feu déclenché par surprise. Dans le premier cas, les tâches sont bien définies. Dans le deuxième cas, la mission dépend de l'évolution de la situation et de la classification des acteurs sur l'échiquier de l'effectivité et de la maestria à maîtriser les dérapages causés.

Quatre : les médiations qui réussissent relativement sont celles qui se déroulent dans le secret, loin des chasseurs de scoops médiatiques et des dividendes diplomatiques immédiats. Elles répondent à des critères précis, dont la volonté politique sincère des parties en conflit de mettre définitivement fin à leurs divergences.

Cinq : À l'instar de l'échiquier politique interne à l'issue des élections locales, régionales et législatives au terme desquelles les militants qui s'investissent entièrement dans les campagnes électorales sont récompensés, l'échiquier diplomatique international recense des acteurs étatiques qui s'investissent dans la politique internationale et sont, en conséquence, récompensés en considération de leurs rôles en tant que médiateurs à la carte.

Six : la prolifération des conflits rend les médiations très éphémères et sans impact sur la paix et la stabilité souhaitées par le commun des mortels. Les médiateurs finissent par être gagnés par l’essoufflement et la lassitude.

Le tournis diplomatique, synonyme d’égarement

Alors pourquoi les médiateurs dans une situation asymétrique deviennent-ils présentement les dindons de la farce ? La réponse coule de source : compte tenu de la pertinence du paradigme de la fin des acteurs proxies (étatiques et non étatiques), les dés sont désormais jetés d'une manière aléatoire. Peu importe le médiateur, son importance est assujettie à sa performance ici et maintenant.

On constate une sorte de ruée de certains acteurs mineurs à proposer des services plus gracieusement que par le passé. Des experts y voient un affolement, sinon une panique justifiée. Car ces acteurs sont conscients que, quels que soient les compromis atteints dans le passé, ils sont sur la liste des cibles futures. Leurs alliés acteurs majeurs peuvent utiliser l'opacité de leurs systèmes politiques internes et leur divagation stratégique pour les sacrifier à la première occasion.

Dans les médiations qui se respectent, il y a un prérequis incontournable : le minimum de conditions objectives, l'engagement des parties en conflit et la marge de manœuvre de l'intermédiaire. En l'absence de ce prérequis, la médiation est un coup d'épée dans l'eau.

Il y a cependant des médiations qui ont marqué l'histoire diplomatique du Moyen-Orient. On leur doit le doigté marqué du sceau de la discrétion et de l'efficacité. Il en est ainsi des différentes médiations entreprises par le Maroc entre l'Égypte et Israël et entre l'OLP et Israël durant les années 1970.

Le Maroc est désormais reconnu pour s'impliquer dans les médiations porteuses. Il n'intervient pas pour chercher des scoops ; il intervient quand les conditions du succès sont réunies. Les résultats obtenus constituent une base solide pour la résolution définitive des conflits. Le Maroc balise le terrain et s'éclipse en douceur. Il laisse le devoir de la mise en œuvre aux parties en conflit.

Il en est ainsi de la guerre civile en Libye. En dépit des manœuvres de certains pays voisins de la Libye, des pays européens et des pays arabes du Golfe, les accords conclus à Skhirat, le 17 décembre 2015, par les représentants du Congrès général national et ceux de la Chambre des représentants, restent la seule référence solide et prometteuse. Ils sont consolidés par les accords de Bouznika en 2020 et en 2023.

Il existe aussi des exemples de propositions de médiation qui ont laissé les observateurs pantois. Il en est ainsi de deux types de médiation qui ont eu lieu à un intervalle de deux décennies et demie. La première médiation est celle entreprise par la Côte d'Ivoire entre des personnalités palestiniennes et israéliennes en 1985.

La médiation ivoirienne est intervenue dans la foulée de la normalisation des relations entre Israël et un certain nombre de pays africains. Cette médiation a fait long feu. Elle est tuée dans l'œuf en raison, entre autres, de la guerre entre l'Irak et l'Iran (1980-1988) et de la sous-estimation du rôle du président Houphouët-Boigny.

La deuxième médiation est celle exprimée par l’Algérie entre la Russie et l'Ukraine en 2023. Une initiative louable mais qui est un vœu pieux. Elle manque de crédibilité car l'Algérie est en conflit ouvert avec tous ses voisins à l'exception de la Tunisie.

De même que le geste est totalement hypocrite. L'Algérie sollicite le soutien de Moscou pour adhérer aux BRICS et courtise Kiev pour sécuriser ses importations de blé ukrainien. Parallèlement, l'Algérie approvisionne des pays européens en gaz naturel ; ces mêmes pays qui imposent un embargo à l'importation du gaz russe.

Les médiateurs qui se respectent ne sont pas des traiteurs dans les marchés forains ou des agents de mise en relation fortuite. Ils doivent avoir le charisme, l’aura et la détermination à ne pas abandonner à mi-chemin quand la tâche s’avère corsée.

Cela explique pourquoi les pays qui ont une tradition étatique avérée ne se précipitent pas pour proposer des médiations. S’ils sont sollicités, ils prennent le temps nécessaire avant de se lancer dans la médiation. L’erreur de groupe n’est pas permise. Car si l’un des belligérants est intraitable, toutes les manœuvres de conciliation tombent à l’eau. L’erreur de groupe est toujours fatale.

Les médiations ne sont pas un exercice de voltige sans conséquence. Elles fixent les garde-fous selon un script bien rédigé et sans liberté d’interprétation autre que celle des parties en conflit. Il en découle que certains pays préférèrent parler de rôle de facilitateur plutôt que de celui de médiateur.

Ces pays adoptent une telle position parce qu’ils sont conscients de la hiérarchie des conflits et des acteurs. Tout peut basculer sans qu’ils en soient informés au préalable. Car la diplomatie est une affaire d’attitude mentale et de psychologie de groupe : les parties en conflit et les acteurs qui tirent les ficelles de loin. La prolifération des médiateurs à l’occasion de la guerre tripartite entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran en est l’illustration éloquente.

La hiérarchie de la puissance est manifeste. Elle donne de l’insomnie à tous les observateurs et les décideurs qui sont arrachés à leurs lits au milieu de la nuit. Ils ne doivent pas dormir à leur guise en attendant l’issue de l’ultimatum du président Trump qui doit expirer à l’heure où cet article est sous presse.

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Le 6 avril 2026 à 15h57

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