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Des villes iconiques : l’écran fumé des exploits diplomatiques

Casablanca est citée dans de nombreux documentaires sur l'histoire coloniale. Les interprétations fusent dans l'arène quant à la qualité du produit et à l’importance des intervenants politiques et militaires.

Le 22 décembre 2025 à 17h53

Cependant, le silence prend le dessus chaque fois que "Casablanca", le film iconique, entre par effraction en scène. Il est évoqué de manière singulière, contrairement à d’autres films aussi importants tournés totalement ou partiellement à Marrakech, à Fès, à Essaouira ou à Ouarzazate ; des fictions qui sont devenues des classiques du cinéma mondial.

Or, sur un registre encore plus révélateur, il y a les noms de certaines villes qui sont devenues des icônes pour avoir été le théâtre de négociations heureuses (ou malheureuses), en considération de la place, du contexte et de la hiérarchie des acteurs concernés.

Les accords, les conventions et les ententes conclus rappellent les noms de ces villes et, parfois, ils renvoient à de petits patelins perdus entre les sentiers scabreux de la politique internationale. Les révélations sur ce qui s'y passe sont servies en compte-gouttes. Parfois, cela est distillé sur un ton revanchard à travers des mémoires ou des fuites destinées à noyer le poisson et à dérouter des chercheurs et des analystes peu amènes et plus regardants.

La magie et l'émerveillement, que produit la prononciation des noms de ces villes, s'accompagnent d'une dose de curiosité compréhensible. Ceci est d'autant plus évident que l'exercice traduit une propension à l'analogie et entretient un souci légitime de tirer les choses au clair.

Les villes fétiches sont visitées comme par enchantement à l’approche d’anniversaires de commémorations heureuses ou malheureuses. L'émerveillement dépasse l’extase de fortune ou le recueillement de circonstance.

Avec la modernisation des infrastructures, ces villes-monuments se présentent parfois comme des orphelinats. Les édifices rappellent des soupirs, des sueurs, des attentes, des fièvres de toutes les couleurs.

Il m'est arrivé de visiter des lieux ayant abrité des réunions qui ont changé le cours de l'histoire de certains pays et peuples. De petites salles minuscules où des drafts et projets d’accords ont été paraphés sous la menace ou sous la persuasion. Des compromis atteints de justesse. Des compromissions qui sentent le soufre. Des regrets qui ne soulagent personne.

Souvent, j'imagine cette main tremblotante du négociateur principal faisant voyager son regard dans le vide environnant et dans les conteurs de la table en tentant d'avaler la distance qui les sépare du papier à parapher et de l’issue de secours. Cet instant dont la solennité résonnera au-delà de la salle de conférence.

Le décor est planté, mais le cœur n’y est pas

Les regards des personnes présentes, les flashs des caméras, les journalistes aux aguets et la gravité de l’instant sont ressentis comme la fin d’une époque. L’instant est plus terrifiant que le sentiment d’un condamné à mort qui se prépare à en découdre avec la guillotine et auquel on lui demande de confier sa dernière volonté.

Le temps passe et les gens se surpassent sur le piédestal des prouesses amnésiques. Les lieux de la tragédie sont visités par des touristes de tous bords. Certains font des promesses de mariage ou expriment des vœux de belles vies à venir.

Le spectacle est triste. Il rappelle tous ces amoureux qui célèbrent Valentine, en oubliant que le personnage rappelle une hécatombe et une tragédie. L’acte n’a rien à voir avec ce sentiment noble que les humains appellent de leurs vœux, à savoir convoler en justes noces pour le meilleur et pour le pire.

L'impact du geste du négociateur qui appose son paraphe sur un document solennel sur l'histoire de la communauté, le pays et la nation, qu'il représente, est ressenti à la cadence de la marée haute et de la marée basse. Les verres levés pour célébrer l’événement n’ont pas de goût. Le vainqueur s’attarde sur les lieux. Il organisera la vraie célébration ailleurs. Le vaincu ne sait plus quel nom donner au verbe ‘siroter’.

Plus tard, l'histoire révélera des détails sur les motivations des pays signataires, l’attitude des  dirigeants et la marge de manœuvre des négociateurs mandatés. À titre posthume, l'histoire permettra aux uns de faire amende honorable et aux autres de broyer du noir.

Existe-t-il des préférences entre les villes iconiques ? Sans doute. Toutefois, l'importance et la magie de chaque ville ou village dépendent de la manière dont elle est présentée au public local et international.

Or, souvent, la présentation est étriquée, remodelée, sinon exagérée ou trempée dans un style trompeur dont l’humidité brule les yeux des historiens curieux et sérieux. Si certains d’entre ces derniers poussent la curiosité plus loin, ils sont taxés de révisionnistes ou de trouble-fêtes.

En réalité, il existe un côté caché ou non-dit des villes qui ont été le théâtre de génocides, de massacres et de tragédies à n’en point finir. Il me vient en tête l’excellent film, ‘Harrison’s Flowers’,  réalisé par Elie Chouraqui en 2000.

Il raconte l’histoire d’un journaliste-photographe qui est envoyé en ex. Yougoslavie, notamment sur le front de la guerre en Croatie pour enquêter sur un conflit considéré minime à l’époque (1991). Il est porté disparu, puis annoncé mort, mais sa femme refuse d’y croire et prend la décision d’aller le chercher sur le sentier des affrontements meurtriers qui font rage.

Le film est intéressant en ce sens qu’il déconstruit un narratif qui percevait le conflit sous une dimension confessionnelle qui s’avère, par la suite, délibérément erronée.

Quelle relation avec l’idée des villes iconiques ? Le prétexte. L’alibi. Le dessous des cartes. La guerre meurtrière assimilée à une saccade de génocides commis sur les fronts serbe, croate et bosniaque est maquillée par la conclusion des accords de Dayton en décembre 1995 instituant la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, mais n’effaçant jamais le souvenir du massacre de Srebrenica quatre mois auparavant.

Les technologies de l'information fascinent parce qu'elles transforment le virtuel en une réalité gobée sans souci de vérification en deux étapes. Je suis fasciné par cet exercice à la fois périlleux et simple que pratiquent certains youtubeurs. Il consiste en la présentation d'un documentaire sous des titres différents, qui ressemble à ceci : Que deviennent les personnages de tel ou tel film fétiche ?

Parfois, ces youtubeurs poussent l'audace jusqu'à sélectionner des photos ou des scènes présentant les intéressés sans retenue ou sans pudeur. L'exercice est différemment présenté sur d'autres plates-formes, parce que l'initiative appelle à la prudence et à la recherche des éléments tangibles pour que le produit présenté soit crédible et comestible.

Gloire et déception

Il y a des villes qui ont alterné entre des périodes de gloire et des périodes de déception. Pour les plus curieux qui s'apitoient sur le sort des pays victimes de décourages coloniaux, Berlin est la plus citée. Théâtre de la conférence de 1884-1885, il subit un sort tragique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

La ville est divisée et sert pendant quarante-cinq ans de témoin privilégié de la guerre froide. Puis, elle refait peau neuve au lendemain de la décomposition de l'URSS. Elle aura bénéficié d'un arrangement similaire à ceux conclus en 1945, à l'occasion de la conférence de Yalta.

Des villes iconiques appartenant aux pays voisins de l'Allemagne en payent le prix le plus fort. La guerre des Balkans causera le morcellement de l'ex. Yougoslavie en contrepartie de la réunification allemande et de la création de l'Union européenne.

Par ailleurs, des lieux ont eu des bonheurs différents. Ils ont été choyés pour avoir créé des brèches inespérées dans des processus de résolution de conflits corsés. Ils ont, cependant, essuyé des échecs inattendus.

Il en est ainsi de Camp David, dans l’État du Maryland, à une dizaine de kilomètres de Washington D.C. Camp David a été le théâtre de la conclusion des accords portant le même nom entre l’Égypte et Israël en 1978. Camp David n’a pas pu réaliser la même prouesse dans les négociations entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine en 2000.

Il en est de même pour Helsinki, capitale de la Finlande. Helsinki est un cas d’école, dans la mesure où elle a constitué un lieu qui, dans une certaine mesure, rappelle la séparation Est-Ouest dans son acuité avivée par la guerre froide.

C’est à Helsinki que l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE, 1995) a pris sa forme actuelle. L’OSCE, précédemment appelée Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE-1973), se situe dans la trajectoire de l’Acte final d’Helsinki (1975).

Helsinki est une capitale qui vit au rythme des tensions Est-Ouest qui demeurent vivaces malgré la fin hypothétique de la guerre froide durant laquelle elle était une plaque tournante des réseaux d’espionnage et de coups bas entre les deux blocs.

Minsk, capitale de la Biélorussie, peut être intégrée dans cette catégorie. Elle rappelle le rôle de Berlin du temps où celle-ci était divisée entre l’Est et l’Ouest. Dans le cadre de la mise en œuvre des mécanismes de résolution des conflits au sein de l’OSCE, Minsk a été choisie pour abriter des négociations sur les conflits gelés issus de la période soviétique.

Deux conflits sont particulièrement retenus à cet égard ; d’une part, le conflit du Haut-Karabakh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, et d’autre part, la tension entre la Russie et l’Ukraine. Dans les deux cas, les accords conclus portent le nom de Minsk. Ils ont connu des bonheurs différents.

L’Azerbaïdjan et l’Arménie sont en train de régler leur conflit sans vraiment s’en tenir aux conclusions du groupe tripartite (États-Unis, Russie et France) sur le conflit. Le Protocole de Minsk signé en 2014 entre l’Ukraine et les sécessionnistes de Donetsk, Louhansk et Oblasts n’aura servi à rien. Le conflit s’enlise de plus en plus et l’issue dépendra d’une inspiration géniale des protagonistes. C’est loin d’être le cas.

L’image tamisée des organisations internationales

Un bémol cependant. Quand le siège d'une organisation régionale ou internationale est choisi pour les négociations ou la conclusion d'un accord, le résultat est mi-figue et mi-raisin.

L'évaluation des coûts de la paix et de la guerre est laissée aux économistes. L'évaluation politique et diplomatique est laissée aux planificateurs politiques et stratèges militaires.

Mais l'évaluation la plus judicieuse est celle des historiens. Si ces derniers portent la casquette de politologue, la moisson est importante. Justement, certains récits historiques peuvent être tronqués, jonchés de pierres et de garde-fous. Depuis la fin hypothétique de la guerre froide, des villes ont été choisies pour abriter des négociations et conclure des accords de paix.

Le choix de ces villes a été mal inspiré, en ce sens que ces villes étaient relativement moins cotées sur l'échelle des endroits magiques. Le contexte, le timing et l’atmosphère d’ensemble ne permettaient pas le dénouement des crises aussi difficiles.

En somme, le choix était un pari sur la réalisation de percées limitées dans le temps. L'échec potentiel était associé à l’incompétence des médiateurs locaux. Le plus curieux, c'est le fait que ces derniers acceptent le verdict en émettant le vœu de rester dans le parage des arrangements géopolitiques à l'échelle régionale immédiate.

Le refrain sur la répartition des rôles entre acteurs majeurs et acteurs mineurs dans des configurations stratégiques serrées est on ne peut plus judicieux. Le marketing diplomatique se fait loin des organisations internationales attitrées. La raison en est que celles-ci ne résolvent pas les crises les plus aiguës, car la résolution de celles-ci est basée sur l'impératif du compromis et du consensus.

En fait, ces institutions internationales prescrivent des remèdes et ne guérissent jamais le mal profond. Le marketing diplomatique fait que des villes sont proposées sans que les candidats aient une connaissance parfaite des tenants et aboutissants des conflits à la résolution desquels ils veulent laisser une empreinte.

Or, durant les cinq dernières années, un constat est indéniable : les médiateurs étatiques qui ont associé leur talent de fins négociateurs et la ville qui leur sert de décor commencent à perdre de leur aura. Cette perte traduit la fin du rôle des États proxies et des mouvements qui leur offraient le paravent idéal.

L'Alaska offre une illustration parfaite de l'absurde en politique. Vendue aux États-Unis en 1867 par la Russie, elle abrite un sommet entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine en 1925. D’aucuns qualifient cette rencontre de nouveau Yalta. Et cela fait que les commentateurs se télescopent. L'Ukraine est au menu des discussions, mais la paix n'est pas le plat de résistance des deux chefs d’État.

Puis, il y a ces petites localités dont personne n'a jamais entendu parler. La compétition diplomatique et les petits calculs laissent échapper les opportunités de paix.

Dans la périphérie arabe, l'exemple le plus significatif est celui qui met en scène les Émirats arabes unis et le Qatar au sujet de la guerre d'Afghanistan. Abu Dhabi et Doha ont livré une bataille acharnée pour accueillir les négociations entre les composantes politiques et ethniques de l’Afghanistan.

Doha autorise l’ouverture d’un bureau des Talibans en 2013. Une ouverture avec la bénédiction des États-Unis. Des négociations entre les talibans et les États-Unis sont couronnées par la signature d’un accord dans la capitale qatarie en février 2020.

Il y avait une compétition plus large entre Abu Dhabi et Doha avec l’ambition de conquérir une place plus avancée sur l'échiquier géopolitique global. Ce repositionnement paraissait légitime à un moment où l'Arabie saoudite et l'Égypte perdaient du terrain sur ce registre.

Cette compétition connait des hauts et des bas. La manière dont le Qatar se comporte tétanise des pays de la région. Impliqué dans les projets de façonnement du Proche-Orient, il a été à deux doigts d’être envahi par une coalition comprenant les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Bahreïn.

Des endroits oubliés qui marquent l’histoire

Un autre exemple, encore plus édifiant, porte sur la crise libyenne. Voici un pays qui dispose de toutes les potentialités requises pour un développement dans la sérénité. Les choix faits par Kadhafi lui ont coûté cher. Au bord de l'implosion, le pays est tiraillé et fait l'objet de convoitises qui prennent différentes formes.

Tripoli, qui a été, sous Kadhafi, la capitale des complots et des rêves révolutionnaires frisant la folie, est boudée par la diplomatie internationale. Cependant, la petite ville de Skhirat, située au sud de Rabat, représente une bouée de secours. Le Maroc abrite des négociations sérieuses entre les composantes politiques libyennes les plus représentatives ou du moins celles qui aspiraient à parvenir à une solution réaliste. Des résultats positifs qui laissent entrevoir une solution possible.

L'accord de Skhirat est présenté comme la base de toute solution basée sur le réalisme et la continuité prometteuse.  C'était sans compter avec l'intervention des pays voisins. Tour à tour, l'Égypte, l'Algérie, la Turquie, l'Italie, la France, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Russie et les États-Unis s'y mettent pour brouiller les pistes. Qu'à cela ne tienne, Skhirat reste la référence et les autres intervenants l'admettent officiellement ou officieusement.

Les partisans de la résolution pacifique des conflits peuvent arguer que ce qui compte, c’est la réalisation de la paix et la consolidation de la stabilité dans le monde. Le lieu où la paix est atteinte importe peu. Juste. Mais en politique et en diplomatie, le plus important, c’est le fait que le choix du lieu n’est pas toujours rationnel. Le destin des acteurs qui, de gré ou de force, signent des accords de paix mérite que l’on y réfléchisse sans état d’âme.

À cet égard, Casablanca sort du lot, en inspirant le film iconique, mais aussi en rappelant la conférence secrète en 1943 des forces alliées dont l’objectif a été de décider de la stratégie militaire en pleine Seconde Guerre mondiale.

La ville blanche, encore une fois, a abrité la réunion du groupe de Casablanca avec la participation des dirigeants du Maroc, de Guinée, d’Égypte, du Ghana, de Libye et du Mali pour ébaucher les grandes lignes de ce qui devait être plus tard l’Organisation de l’unité africaine (1963).

En définitive, les lieux ne sont qu’un prétexte, une inspiration qui regorge d’énergies négatives et positives. Il appartient aux esprits vifs de saisir les opportunités offertes pour que la cacophonie accidentelle ne prenne pas le dessus sur l’harmonie que tout le monde appelle de ses vœux.

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Le 22 décembre 2025 à 17h53

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