Donald Trump à la Knesset, peut-on croire encore à la paix ?
Donald Trump est arrivé en Israël pour consolider un cessez-le-feu arraché au terme d’une guerre meurtrière à Gaza. Tandis que les États-Unis cherchent à reprendre la main sur le processus de paix, la question d’un État palestinien reste, une fois encore, éludée.
Les événements se précipitent rapidement au Moyen-Orient depuis l’annonce du plan de paix par Donald Trump. Celui-ci se trouve déjà depuis ce matin en Israël pour rassurer ses dirigeants trop portés à continuer leur guerre à Gaza. Il a aussi partagé le bonheur des familles israéliennes après la libération des prisonniers qui étaient entre les mains du Hamas depuis maintenant plus de deux ans.
Il faut rappeler que la première phase de l’accord de cessez-le-feu, obtenu aux forceps, combine l’arrêt des combats et l’échange des prisonniers de part et d’autre.
Avant de s’envoler pour cette région, et à la question furtive d’un journaliste qui lui demande s’il est réellement convaincu que ce conflit touche à sa fin, Trump répond fermement que la guerre est bel et bien terminée, avant d'ajouter : "Vous comprenez cela ?"
On savait que le président américain avait exercé de fortes pressions sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour qu’il mette fin à sa guerre sanguinaire et suicidaire contre les Palestiniens à Gaza, sous prétexte de mettre fin au Hamas.
Le Premier ministre israélien, un va-t’en-guerre devenu un électron libre attaquant tous ses voisins, commence à gêner réellement la stratégie américaine dans la région. On ne sait pas à ce stade comment les Israéliens décideront de son sort, lui qui a engagé Israël dans une bataille sans fin, massacrant les civils palestiniens de Gaza, enfants, femmes et vieillards sans distinction, ni humanité.
Netanyahou a réussi à ternir, et pour longtemps, l’image de son pays, devenu aux yeux d’une large majorité des nations un pays génocidaire, qui tient peu compte des droits humains. Ceci a été constaté lors d’une réunion ce dimanche sur la Place des otages à Tel-Aviv, quand l’envoyé Steve Witcoff a été acclamé et le nom de Netanyahou fortement hué.
En recevant Trump au sein de la Knesset, le Premier ministre israélien a plus évoqué, lors de son discours, le multiple soutien américain à Israël que l'annonce de perspectives claires de paix qui doivent passer par l’établissement d’un État palestinien. Netanyahou a réitéré la gratitude d’Israël pour la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale, ainsi que l’annexion du Golan, et même de la Cisjordanie qu’il a qualifiée de Judée-Samarie.
L’opposant et ancien Premier ministre Yair Lapid, qui a pris lui aussi la parole devant Trump, a rendu un hommage appuyé à l’Américain, mais en étant moins martial que Netanyahou. Il a déploré la détérioration de l’image d’Israël après cette guerre, à laquelle il faudrait absolument remédier selon lui.
Trump, lors de son discours à la Knesset, et malgré la cohue créée par un parlementaire apparemment mécontent de cet accord, a montré son soulagement après la libération des otages, et l’espoir naissant à la suite de cet accord de paix. Sur un ton lyrique, il a déclaré que le soleil se lève pour la paix et pour l’espérance, pour Israël autant que pour la région.
Alors que la poussière tombe, le jour se lève sur cette région que nous allons transformer, a-t-il acclamé. Il n’a pas tari d’éloges sur tous ceux qui ont aidé à mettre fin à la guerre, du côté américain comme du côté israélien. À l’égard de Netanyahou, à qui il a forcé la main pour arriver à cet accord, Trump a révélé que ce n’était pas la personne la plus facile dans les négociations.
Trump a continué par ailleurs à louer les qualités du Premier ministre israélien en le désignant comme un politicien populaire auprès des Israéliens pour la simple raison qu’il a "gagné la guerre à Gaza", selon lui. On sentait dans les termes utilisés de son discours qu’il cherchait à réconforter Netanyahou pour lui avoir imposé un cessez-le-feu dont il ne voulait pas.
L’Israélien avait promis il y a quelques jours de finir le job à Gaza quel qu'en soit le prix. Ce retournement risque de compromettre l’avenir politique de Netanyahou chez lui et de le marginaliser davantage lors des prochaines élections annoncées pour 2026.
Comme à chaque intervention face aux Israéliens, les présidents américains évitent d’évoquer l’essentiel et la pierre angulaire du conflit, à savoir l’établissement d’un État palestinien. Il ira en Égypte tout à l’heure pour le sommet de Charm el-Cheikh où ses autres partenaires arabes, musulmans, et européens le lui rappelleront certainement. Un cessez-le-feu c’est bien, mais l’établissement d’un État palestinien sur les frontières de 1967 serait encore mieux. Trump a répété, lors de son discours devant la Knesset, que les pays arabes riches viendront en aide pour reconstruire Gaza et créer la croissance dans la région.
Les Arabes sont toujours sollicités pour financer la reconstruction des destructions commises par Israël, pour que ce dernier revienne par la suite tout détruire. C’était le cas au Liban, et dans bien d’autres pays. Ce cercle infernal devrait prendre fin.
Sans un tribunal international qui clarifie les responsabilités des uns et des autres, ainsi que les indemnités à verser pour la reconstruction de tout ce qui a été détruit, à commencer par les vies humaines perdues innocemment, la région du Moyen-Orient en général et la Palestine en particulier ne sortiront jamais de cette confrontation permanente et de ce cercle infernal.
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