Enfants handicapés: entre textes et réalités
J’ai assisté mardi 23 décembre à un séminaire sur l’école inclusive. Le Maroc est signataire de la convention internationale sur le droit des enfants handicapés à l’école, non pas dans des ghettos, mais sur les mêmes bancs que les enfants dits normaux. Il est signataire d’une série de chartes sur les droits de tout un chacun à l’acquisition de compétences, en mettant en place les instruments assurant l’égalité des chances. La nouvelle constitution consacre ces principes de manière claire.
Seulement, rien n’est fait en matière de politiques publiques. Lors de ce séminaire, les cadres se du ministère de l’Education sont succédé pour vanter les efforts de leur département. En particulier, ils mettent en avant les CLIS, les classes pour l’inclusion scolaire. Ce sont des classes à l’intérieur des écoles publiques qui accueillent les enfants handicapés.
A peine plus d’un millier sur tout le Maroc, alors que 8% des enfants souffrent d’un handicap. Selon eux, l’avancée, c’est que quelques-uns peuvent accéder à l’enseignement dit normal. Seulement, ces enfants doivent faire l’objet d’évaluations de plusieurs médecins spécialistes qui décideront s’ils sont aptes à rejoindre les élèves de leur âge. C’est de l’eugénisme à peine déguisé.
C’est une question de droit. N’importe qui peut voter, on ne requiert pas un QI déterminé, il peut même se faire élire. Mais un enfant handicapé doit faire ses preuves avant d’exercer son droit à l’éducation. Il faut restituer le débat. Toute société doit assurer à tous les enfants les meilleurs moyens pour acquérir des compétences.
C’est coûteux, mais beaucoup moins que l’exclusion qui en fait des centres de coûts à vie. Ce principe en appelle un autre : c’est à l’école de diversifier son offre pour accueillir tout le monde, ce n’est pas à des enfants aux besoins spécifiques de s’adapter à un système normé. Encore plus quand il est en faillite.
L’école est le centre de tout projet sociétal. Quand nous affirmons notre attachement à la diversité, il passe surtout par l’école. Maintenant, il y a un coût budgétaire. Dans la lutte pour la généralisation de la scolarisation, nous approchons les 98%. Sauf que les 2% restant, les handicapés, mais aussi les enfants de nomades, ceux qui sont trop excentrés dans un habitat disséminé sont plus couteux à scolariser.
Le coût marginal, en parlant en comptable, est élevé. Mais une société solidaire ne réfléchit pas en comptable, un état de droit n’exclut personne de l’accès à ses droits pour éviter des dépenses. Maintenant on, peut continuer à parader en exhibant des textes qui n’ont aucune effectivité. Ce n’est ni crédible, ni utile.
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