Europe-Maroc. Les dessous d’une vindicte
Une majorité d’eurodéputés vient de condamner le Maroc sur l’autel des droits de l’Homme, mais en réalité, il s’agit de raisons plutôt géopolitiques et affairistes.
À priori, on est tenté de s’aligner sur n’importe quelle décision mettant en avant les droits de l’Homme et encore plus si la victime présumée est une "presse opprimée". C’est le scénario idéal dont le parlement européen fut le théâtre cette semaine. Pourtant, cette question de liberté d’expression et de médias n’est qu’un prétexte pour distiller un venin anti-marocain à double objectif.
Des lobbyistes anti-lobbyisme !
Quelques heures après le verdict du parlement européen, les dessous de cette vindicte commencent à se dissiper. Les groupes anti-Maroc se sont déployés intelligemment en manipulant des rapports d’ONGs, dont les rédacteurs sont loin d’être des prophètes, pour des fins d’intérêts géopolitiques croisés. Cette montée de bouclier menée par deux eurodéputées franco-algériennes en dit long sur le premier objectif. Karima Delli et Salima Yenbou sont les portes drapeaux d’un anti-marocanité exacerbant. Delli ne mâche pas ses mots en affirmant qu’il "faut en finir avec le lobbying des pays, le plus influent de tous. L’Europe doit suspendre les accords avec le Qatar et le Maroc"! Elle revendique la fin du lobbyisme alors qu’elle-même est lobbyiste pro-algérienne! Yenbou, profitant de son statut de présidente du groupe de travail Voisinage Sud s’est voulue l’avocate de la liberté des médias au Maroc et de défense de droits de l’Homme. Mais curieusement, quand en fin 2019 le même parlement européen voulait condamner l’Algérie pour la répression contre le Hirak, elle avait rejeté la résolution dénonçant "le risque de politiser les droits de l’Homme et le risque de décrédibiliser l’opposition par une ingérence étrangère". La schizophrénie dans tous ses états! En fait, les deux eurodéputées franco-algériennes sont toujours en ligne avec la politique étrangère de leur pays d’origine en défendant régulièrement les thèses algériennes pro-polisario. Ces deux eurodéputées agissent dans la lumière mais traînent avec elles, dans l’ombre, un courant d’eurodéputés épousant la même doctrine : détruire l’image du Royaume!
Le business d’abord
Il ne faut pas être naïf. Les eurodéputés jouent sur plusieurs terrains et font souvent plus d’affaires que de politique. Les récentes enquêtes et révélations l’ont clairement montré. Car en plus des cas cités ci-haut, il y a d’autres courants qui flirtent avec les intérêts des grands groupes agricoles notamment ceux de l’Espagne, de la France, de la Hollande en plus des scandinaves. L’accord d’association entre le Maroc et l’Europe n’a jamais été mâché par ces groupes dont la concurrence marocaine est fatale. Ce groupe de lobbyistes qui prônent le business n’hésite pas à utiliser les coups bas pour enrayer l’élan marocain utilisant à tort et à travers la question du Sahara afin de bloquer ledit accord agricole. Poussées par les businessmen européens, ils se trouvent joints avec enchantement par les lobbyistes pro-algériens. Ainsi les visées géopolitiques épousent les intérêts affairistes en ayant ensemble le Maroc dans la ligne de mire, sans occulter ceux qui, par un néocolonialisme fachiste, voient d’un mauvais œil le Maroc mettre pied en Afrique dans tous les domaines et reléguer dans certains secteurs les grands groupes européens au second rang. L’eurodéputé Thierry Mariani n’a-t-il pas affirmé que "la gauche française ne condamne jamais l’Algérie et l’Union Européenne lui passe tout en espérant son gaz. À la place, nous débattons du Maroc qui est pourtant un pivot de notre partenariat stratégique en Afrique".
C’est pourquoi le parlement européen ne peut s’ériger en donneur de leçons alors que lui-même est pénétré par différents courants d’influence.
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