Feuilles d’Afrique. Nigeria, “le parrain” face à ses challenges
Bola Ahmed Tinubu, ancien gouverneur de Lagos, vient de remporter les élections présidentielles dans le pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria. Son mandat ne sera pas de tout repos vu l’ampleur des défis et des priorités.
Issu du parti au pouvoir, sa succession de Muhammadu Buhari est qualifiée de continuité du pouvoir en place. Quant à l’opposition, elle a contesté les résultats de scrutin pendant trois jours mouvementés avant de se résigner et de promettre une opposition encore plus farouche pendant les quatre prochaines années. Celui qu’on nomme "le parrain" pour son immense influence aura besoin de toute son ingéniosité pour relever les principaux défis que sont le redressement de l’économie, la sécurité alimentaire et la lutte contre l’insécurité ambiante.
Des priorités en cascade
Si l’on demande aux Nigérians de déterminer leurs priorités, ils auront l’embarras du choix. Cependant, l’insécurité est un fléau qui gagne du terrain et occupe aujourd’hui l’espace urbain après qu’il ait été pendant des années répandu dans les zones frontalières.
Une double insécurité donc entre organisations mafieuses et groupes terroristes. Le trafic des stupéfiants, encouragé par un système corrompu, domine les grandes villes y compris la capitale, ce qui génère des affrontements armés entre groupuscules rivaux dont, souvent, d’innocents citoyens sont les victimes. Mais le gros lot d’insécurité est la conséquence d’une montée en puissance du terrorisme. Les zones frontalières du nord souvent dominées par le mouvement Boko Haram sont aujourd’hui investies également par une branche proche de Da’ech. Un terrorisme "importé" suite à l’instabilité observée dans la bande sahélo-saharienne.
La sécurité alimentaire est quant à elle un élément de préoccupation de tout gouvernant de ce pays de 220 millions d’habitants (450 millions en 2050). Selon Matthias Schmale, coordinateur résident et humanitaire des Nations Unies pour le Nigéria, "l’insécurité alimentaire signifie l’incapacité de répondre aux besoins fondamentaux de soi-même ou de sa famille". Et c’est justement le cas de plus quatre millions de Nigérians situés dans le nord-Est proie de terrorisme et par conséquent de mouvements d’exode. Le Nigéria, première économie africaine avec un PIB de 504,2 milliards de dollars, compte pourtant sur des aides des Nations Unies et de quelques pays développés afin d’atténuer les effets de la malnutrition qui a gagné plusieurs provinces du nord.
Une économie prometteuse mais …
Selon les prévisions du Fonds monétaire international, le PIB du Nigéria passerait de 504 milliards de dollars en 2022 à 945 milliards de dollars en 2027, soit une fulgurante progression de 87%. Toutefois, cela n’aurait qu’un impact insignifiant sur le quotidien des Nigérians suite aux problèmes de gouvernance que Tinubu est appelé à résoudre afin de pouvoir relever les défis de la compétitivité de l’économie du pays, attirer davantage d'investissements notamment dans les hydrocarbures.
La sécurité et le climat des affaires, en plus des infrastructures, sont cruciaux pour drainer du business. Et c’est justement dans le registre du climat des affaires que va se décider le sort du financement du gazoduc Nigéria-Maroc. Si cette infrastructure de taille n’apparait pas compromise suite au changement de régime, force est de constater que les deux pays porteurs du projet ont bel et bien besoin d’investisseurs institutionnels étrangers. Et cela requiert un niveau acceptable d’infrastructures, de la sécurité et un cadre propice au business.
À cet égard, Tinubu a d’ores et déjà fixé son modèle en déclarant lors de la campagne électorale que "le Nigéria peut construire une Nation comme le Maroc. Nous le pouvons, et avec la grâce de Dieu nous le ferons". De bon augure pour le partenariat entre le Royaume et le Nigéria notamment par les solutions révolutionnaires élaborées par OCP en matière de production d’engrais sur place, et la mise à niveau offerte aux petits agriculteurs nigérians. Vivement donc une rencontre de haut niveau entre les décideurs marocains et leurs homologues nigérians pour arrêter la feuille de route de partenariat bilatéral à relancer sans délai.
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