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Irresponsable

Je reviens de Safi, toute la ville ne parle que de Chaaba, c’est une vallée boisée qui constituait un poumon pour la ville. Elle est traversée par un oued qui était actif il y a encore deux décennies. Dans mon enfance, j’ai eu droit à des raclées mémorables parce que j’allais y jouer.

Le 20 octobre 2014 à 14h31

Aujourd’hui, des constructions y poussent comme des champignons, ce ne sont pas des constructions anarchiques, elles sont autorisées.

Ce qui inquiète les Safiots, ce n’est pas la défiguration de leurs villes, ou la dégradation de l’environnement, ils s’y sont résignés. Ce qui les inquiète, c’est la construction sur une zone inondable.

A Marrakech il n’a fallu que trois jours de pluie pour qu’un nouveau quartier soit sinistré. L’eau a emporté un bâtiment public, un arrondissement. C’était le même cas, puisqu’on avait construit sur un oued qu’on pensait à jamais asséché.

Or scientifiquement, cette certitude est impossible à avoir, les cours d’eau reprennent toujours le même chemin et les changements climatiques, on l’a vu au sud de la France, sont critiques.

Qui a délivrée ces autorisations, pourquoi l’agence urbaine n’a pas délivrée son veto, les gens ont leurs idées. N’ayant pas de preuve, je me contente de dire que c’est d’une irresponsabilité absolue et que si un jour cette zone est inondée et qu’il y a des victimes, les tribunaux doivent sévir parce qu’il s’agira d’homicides involontaires.

Mais que faire pour le moment ? Les gens ont construit en toute légalité, de bonne foi, ne sachant pas nécessairement les risques encourus. Ils ont des droits acquis, et s’il faut détruire, qui va les indemniser et comment ? Si on les laisse et qu’on interdit d’autres constructions, la situation serait injuste vis à vis de ceux qui ont acquis des terrains qui se retrouvent inconstructibles et donc sans valeur.

C’est une situation presqu’inextricable et, à l’origine, ce sont les autorités locales, municipalités et agences urbaines qui ont créé le problème, puisque les autorisations ont été délivrées par ces autorités et que les terrains, au départ, relevaient du domaine public.

Ce cas illustre bien les défaillances des réglementations régissant l’urbanisme, même la détermination des responsabilités est très compliquée. Que des « rapaces » en profitent ne peut étonner personne, le drame, c’est que ces failles existent.

C’est une urgence de remettre de l’ordre, parce qu’il s’agit là de sauver des vies humaines et cela ne peut se faire qu’en bétonnant les procédures.

 


 

Par Rédaction Medias24
Le 20 octobre 2014 à 14h31

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