Je suis triste
Je voulais intituler cette chronique autrement et donner libre cours à mon tempérament, plutôt nerveux. Je me suis ravisé devant l’ampleur des manifestations en France et leur contenu. Des millions d’humains ont signifié dans la dignité leur envie de vivre ensemble. Ce sont eux qui imposent le respect, pas les officiels.
Des millions de gens ont crié, dans un silence assourdissant, leur attachement à des valeurs telle que la liberté, la tolérance, la fraternité. Valeurs pour lesquelles je suis prêt à mourir, pour lesquelles je me bats, avec mes moyens, depuis longtemps.
Mais je suis lucide. Je sais très bien que ce mouvement fondateur, n’aura d’effet que s’il réussit à changer les paradigmes, à interdire le champ public aux extrêmes.
La liberté que les manifestants ont voulu célébrer n’est pas celle de stigmatiser une race, une religion, une culture. Cela n’a jamais été le credo de Charlie Hebdo qui est celui de l’irrévérence vis-à-vis de tous les dogmes.
Mais on ne peut plus accepter sur des plateaux de télévision, des gens qui mettent hors la république, 7 millions de français, et en les payant en plus. Eric Zemmour gagnait très bien sa vie en se livrant à cet exercice. L’image de juifs, musulmans, chrétiens athées, réunis pour célébrer le vivre-ensemble est imposante et vaut plus que tous les écrits du monde.
Pourtant je suis triste. L’intelligentsia est déjà dans l’après. Les uns tentent de récupérer l’événement, de le ramener à leur communauté, alors qu’il s’agit d’une attaque contre les valeurs universelles. Les autres préparent déjà leurs arguments sur les prétendues défaillances sécuritaires. Un événement planétaire, humaniste va servir des intérêts électoralistes.
Je suis triste parce que trop d’internautes ont soutenu le terrorisme au nom du prophète de l’Islam, parce que des enfants ont refusé de respecter des minutes de silence dans les écoles françaises, parce qu’un éditorialiste marocain nous annonce la guerre des religions comme une fatalité et nous demande de nous positionner. Ça sera sans moi l’idiot, je ne tuerai personne parce qu’il a des convictions autres que les miennes.
Je suis atterré par l’attitude de notre ministre des affaires étrangères. Présent à Paris, il a refusé de manifester, parce qu’il y aurait eu des pancartes contre le prophète. Il n’y en avait pas, les manifestants refusaient tous l’amalgame. C’est d’une débilité absolue.
En 2003, suite aux attentats de Casablanca, Salaheddine Mezzouar soutenait un point de vue plus offensif face à la régression intégriste. Il est allié des islamistes et croit devoir payer son écot, pour quelques strapontins. Sinon il faut croire que toute la chaîne de décision est avariée.
Moi, je suis droit dans mes bottes. La Salafiya Jihadia est une idéologie barbare qu’il faut éradiquer avec la violence la plus extrême. Toute complaisance intellectuelle à son égard est une complicité dans ses crimes. Je persiste et signe. Je m’appelle Jamal Berraoui.
à lire aussi
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère marocain de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
Article : Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement
Sur Medi1TV, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères a présenté l’issue "politique" du différend autour des provinces du Sud comme un facteur d’accélération d’une dynamique européenne déjà amorcée sur le terrain.
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.
Article : Mondial 2030. Où en sont les chantiers des stades de Casablanca ?
Casablanca accélère la modernisation de ses infrastructures sportives à l’approche de la Coupe du monde 2030. Plusieurs stades emblématiques de la ville font l’objet de projets de réhabilitation ou de reconstruction, avec des investissements importants mobilisés. Round-up.