La France, l’extrême droite et la montée des périls
Pour ceux qui aiment la France et ce qu’elle représente, le constat est amer. Comment le pays des droits de l’Homme a pu lentement basculer, dans ses débats politiques, vers les idées de l’extrême droite ? Pour ceux qui l’aiment moins, la réponse est toute trouvée. La France, ou au moins une partie d’elle, démontre par là son incapacité à s’adapter à un monde en perpétuel changement.
De ce côté-ci de la méditerranée, quand on suit les informations venant du pays des lumières, on est tout simplement affligé par le matraquage idéologique quotidien des idées de l’extrême droite. Dans chaque débat ou déclarations d’hommes politiques et autres journalistes, les thèses ultradroitières reviennent souvent comme des leitmotivs.
Cette contamination des débats politiques, dont l’impact semble toucher une grande partie de l’électorat français, est véhiculée principalement par les médias et les réseaux sociaux. Ceux-ci mettent en avant des personnages et des intellectuels, dont certains sont en rupture de ban, pour semer à tout vent des idées extrémistes, à travers un langage crû qui sent le soufre.
En théorisant sur la souffrance des français qui subissent la crise socioéconomique, l’extrême droite dénature le débat politique car son ultime objectif reste d’attirer les faveurs des électeurs mécontents. Il n’y a pas un jour qui passe sans que les mêmes thèmes favoris, tels l’islam ou l’immigration, ne soient évoqués, puis répétés à satiété et sans retenue.
Après chaque débat dans les médias, d’autres analystes prennent le relais et viennent surfer sur les mêmes déclarations polémiques. Celles-ci se répandent dans la société, comme une traînée de poudre. Au lieu de favoriser la cohésion sociale pour faire face aux multiples défis qu’il faudrait relever, l’extrême droite aime faire peur et annoncer l’apocalypse. Elle n’hésite devant rien pour faire croire aux français la montée des périls qui menace l’identité française, et la guerre civile qui s’annonce.
Idées extrémistes et xénophobes
Ce sont principalement la télévision et la radio qui, sous couvert de démocratie, participent à déverser le fiel des extrémistes souvent en direct et à longueur de journée. Inviter un identitaire qui sait parler crû, est devenu le seul moyen de faire de l’audience. En ces temps de pandémie et de crise économique, les bouc-émissaires sont vite trouvés en ciblant les étrangers. Toutes les astuces de la manipulation collective sont utilisées pour empêcher les auditeurs de raisonner et réfléchir sainement.
La rhétorique et les sujets de prédilection sont toujours les mêmes : l’immigration et l’islam. On découvre subitement que les musulmans ne peuvent pas s’assimiler à la société française, et que l’sslam est devenu incompatible avec les lois de la république. Le comportement, certes condamnable d’une fraction des étrangers devient, par extrapolation, une caractéristique de toute une communauté.
Les journalistes qui, autrefois, savaient encadrer les hommes politiques, ont cédé la place à d’autres journalistes qui expriment eux-mêmes, et sans vergogne, les idées les plus extrémistes et xénophobes. Certains mettent à dessein tout événement social ou situation tragique qui vont dans le sens de leurs analyses. Là où les politiques ont calé, les journalistes et les médias de l’extrémisme ont vite réussi à les remplacer.
Le rôle joué par les médias a donné une grande visibilité à certaines vedettes de l’extrême droite et à leurs idées. Dès qu’une parole excessive est prononcée, c’est à la classe politique de réagir, soit pour commenter, soutenir ou dénoncer l’opinion d’un extrémiste. Les vrais débats politiques qui alimentait la vie politique française ont déserté les écrans au profit des thèmes imposés par les porte-voix de l’extrême droite.
Ce ne sont plus les grandes questions dignes d’une grande nation qui sont abordées. Les choix économiques et sociaux intéressent peu, de même la place de la France dans le concert des nations. Ce qui mobilise et fait vendre ce sont les questions liées à l’immigration et à l’islam. Les idées constituantes de l’extrême droite française sont simplistes et simples à aborder.
Elles tournent généralement autour de la théorie du grand remplacement du peuple français par des étrangers, thème cher à Éric Zemmour, Alain Soral ou Roland Camus. Les autres sujets ont trait à l’islamophobie, l’homophobie, l’antisémitisme, la misogynie et l’antieuropéanisme. On parle de la priorité nationale, de la suspension du regroupement familial, du durcissement de l’obtention de visas ou des demandes d’asile. Ce courant politique ne se définit en fait qu’en s’opposant à tout ce qui étranger.
Mutation de la classe politique française
Beaucoup de français constatent avec agacement, et regrettent, les dérives de certains politiciens et des médias. Ils se trouvent impuissants devant tant d’avalanches d’idées extrémistes qui envahissent chaque jour les écrans. La violence politique fait désormais partie de leur quotidien par médias interposés. Par des débats populistes, ce n’est plus l’analyse objective qui prévaut. Au contraire, on a l’impression qu’on cherche à préparer les esprits au cloisonnement, à l’intolérance, à la peur et, possiblement, à la confrontation et à la guerre civile.
Ayant perdu la bataille des idées, certains politiques de droite ont vite rejoint les rangs de l’extrême droite. Ils se concentrent sur les mêmes créneaux pour se faire élire. D’autres, principalement ceux de gauche, se sentent obligés de se définir par rapport aux thèmes et au tempo imposés par l’extrême droite. Les obsessions identitaires ne sont plus l’apanage des seuls extrémistes. La mutation de la classe politique française est impressionnante.
Quand certaines personnalités de différents bords politiques reprennent les mêmes thèmes, l’extrême droite française crie au vol, et demande aux français de se méfier de ces faux prophètes. La gauche, par contre, qui développe une politique sociale respectant les lois, est vite taxée d’islamogauchiste dans le but de la décrédibiliser aux yeux des citoyens.
L’année 2022 sera l’occasion pour les Français d’élire un nouveau président. De fortes probabilités existent pour qu’un des dirigeants de cette droite extrême soit le prochain locataire de l’Élysée. Mais de par leur histoire émaillée de révoltes et de soulèvements, les Français seront vite dans la rue pour instaurer, comme à leur habitude le contrepouvoir qui limitent les prérogatives du chef d’Etat. De même, ce dernier devra tenir compte des intérêts des communautés étrangères qui vivent sur le sol français s’il veut réellement tenir compte des intérêts de la France dans le monde.
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