La marche verte de la communauté internationale
Au cours des explications de vote qui ont suivi l’adoption de la résolution du conseil de sécurité, le représentant algérien a tenté de délégitimer ce texte. Ahmed Faouzi analyse ses propos et y répond.
S’il y a une place qu’il ne fallait pas occuper ce vendredi 31 Octobre au sein du Conseil de sécurité des Nations-Unies, c’est bien celle du Représentant Permanent de l’Algérie auprès des Nations-Unies Amar Benjama.
Il lui était difficile de convaincre les autres délégations de la position de son pays qui cherchait, une fois encore, à prolonger le conflit autour du Sahara marocain après un demi-siècle de confrontation. Le Conseil, dans un élan collectif, a organisé une grande marche commune qui rappelle celle de 1975 pour dire à Alger ça suffit.
Dans son intervention, le diplomate algérien a essayé de justifier l’injustifiable en puisant dans tout son jargon anti colonial pour expliquer la non-participation de son pays au vote sur la nouvelle résolution qui aurait dû mener, selon lui, vers l’organisation du référendum.
Par cette absence, il a tenu, au nom de son pays, à ne pas participer à un texte, dit-il, qui ne respecte pas la doctrine onusienne en matière de décolonisation. Pour plaire aux Américains, il s’est référé à l’ancien président Wilson et à la charte des Nations-Unies qui a permis à plusieurs peuples de disposer d’eux-mêmes.
La résolution votée par une large majorité des membres souffre, aux yeux de l’Algérien, d’insuffisances et interroge selon lui. Elle est en deçà des aspirations du peuple sahraoui, dont il s’est improvisé le porte-parole et le porte-étendard. La nouvelle résolution est pour son pays un cadre étriqué qui organise un déséquilibre entre les deux parties, souligne-t-il. Pour lui, elle met l’accent seulement sur l’ambition territoriale de l’une des parties, c’est-à-dire le Maroc, et passe sous silence l’autre partie, qui est pour lui le Polisario, c’est à dire l’Algérie.
Amar Benjama, qui bouillonnait, a tenté également de piocher dans l’argumentaire juridique pour trouver des vices de fond à la résolution. Imaginez que ce cadre soit répliqué ailleurs, ce serait alors tout l’ordre international qui se trouvera dangereusement fissuré, a-t-il solennellement déclaré devant ses pairs. A l’égard des Américains qui tentent de jouer les bons offices, il a déploré que le porte-plume, malgré tous les efforts, ait passé sous silence les aspirations du peuple sahraoui. Il a estimé que c’est une occasion ratée et que son pays le regrette, selon sa propre expression.
L’Algérien a aussi affirmé que pour son pays, cette résolution ne crée pas encore le momentum et les conditions nécessaires pour sa réussite. Que l’Algérie demeure fidèle au principe de règlement pacifique des différends et aux objectifs de la charte des Nations-Unies. Il nous a assurés que son pays sera toujours prêt à s’engager en toute souveraineté dans toute négociation avec responsabilité et créativité dans toute négociation qui respectera scrupuleusement les principes cardinaux d’équité d’impartialité, et de justice en vue de règlement définitif de ce conflit.
On aimerait bien lui dire que le Maroc, pour sa part, ne fait que défendre les mêmes principes mais cependant dans le cadre de son intégrité territoriale.
La résolution du Conseil de sécurité reconnaissant l’autonomie comme le seul outil de règlement nous ouvre maintenant des belles perspectives pour transformer l’essai et retirer définitivement le Sahara de la liste des territoires non-autonomes. Et de procéder dans le même élan pour geler ou exclure la rasd de l’Union Africaine pour que cette Organisation continentale soit au diapason de la volonté de la communauté internationale.
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