La presse française : aux urnes citoyens !
La presse française comme les journalistes français ont été pris au dépourvu par l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron dimanche dernier. Aucun média ne semblait être au courant de cette initiative risquée, dont on n’est pas encore sûr des conséquences sur le pays d’abord, puis sur l’ensemble des pays européens ensuite. Aujourd’hui, mardi 11 juin, une simple lecture de la presse hexagonale donne l’impression que toute la classe politique française est sonnée par cette décision, consciente de la nécessité de resserrer les rangs face à cette échéance.
Une brève lecture de deux journaux opposés que sont L’Humanité, journal communiste d’une part, et Le Figaro, libéral et proche du patronat d’autre part, nous enseigne sur l’état d’esprit qui règne en France. De gauche comme de droite, quasiment tous les médias ont été pris au dépourvu par l’initiative présidentielle. Le pire, c’est que personne ne sait plus où se dirige le pays dirigé, selon cette même presse, par des inexpérimentés dans une Europe et un monde en pleine recomposition.
L’Humanité
Ce journal fondé par Jean Jaurès a mis aujourd’hui à sa Une : "Le cri du peuple de gauche". Il écrit que beaucoup de Français appréhendaient le jour où l’extrême droite se hissera aux portes du pouvoir. Ce moment tant redouté est arrivé, d’après le journal. Après le choc du score de l’extrême droite au scrutin européen et la stupéfaction suscitée par Emmanuel Macron avec l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, l’heure maintenant est à l’action.
Le journal écrit que c’est le sens de l’appel lancé par 350 personnalités du monde politique et intellectuels, pour qui les partis politiques ne doivent pas rester seuls. Il faut que les citoyens s’en mêlent pour qu’une dynamique de mobilisation voie le jour, peut-on lire. Devant le constat d’échec de la gauche, celle-ci sait que lorsqu’elle est désunie, elle ne pèse guerre dans la balance politique. La société civile doit donc faire bloc contre le danger qui risque d’arriver. Pour L’Humanité, l’extrême droite arrive toujours au pouvoir quand la gauche est divisée.
Sous la plume de Fabien Gay, celui-ci traduit dans son éditorial que l’heure est à la résistance et à l’offensive. Vingt jours nous séparent désormais du premier tour des élections législatives, qu’il qualifie d’élections improvisées. Il continue : à l’image de la "Start-up nation" dont il se fait le promoteur, ce président de la République décide de frapper fort et vite. Nous aurions tort de penser qu’il s’agit uniquement d’un coup de poker. Le capital veut poursuivre la structuration de la vie politique de façon binaire, autour d’un duel entre un pôle libéral et un pôle réactionnaire.
Le Figaro
C’est une autre grille de lecture que proposent les colonnes du journal de droite et ouvertement libéral Le Figaro qui, lui aussi, reste critique vis-à-vis de Macron. Le titre de son édition de ce jour est : "Le pari de Macron déroute la majorité". Pour ce quotidien, les députés de la majorité sont sous le choc après la décision présidentielle.
Sous la plume de son éditorialiste Yves Thréard, ce journaliste se pose la question : qu’espère Macron de cette initiative ? Puis de donner lui-même la réponse en affirmant qu’il est peu probable que les Français changent radicalement d’opinion en un mois d’intervalle. Il argumente que sur 101 départements, 96 ont placé le Rassemblement National en tête aux élections européennes. Le chef de l’État compterait il sur les abstentionnistes pour renverser la tendance aux législatives des 30 juin et 7 juillet ?, se demande-t-il.
L’éditorialiste du Figaro ajoute qu’en prononçant la dissolution de l’Assemblée, le président a affirmé vouloir écrire l’histoire plutôt que la subir. La phrase prononcée par Macron lors de son discours, "j’ai entendu votre message et vos préoccupations", le journaliste la qualifie de paroles et de promesses. Les Français ne sont pas dupes, ils ne l’écoutent plus tout simplement. Et pourquoi serait-il subitement aujourd’hui plus lucide alors que depuis sept ans il s’obstine à improviser une politique du "en même temps" souvent incompréhensible et inefficace.
La critique du journaliste est encore plus acerbe quand il qualifie Macron, qui s’est érigé au début comme un rempart contre le Rassemblement National, de promoteur de l’extrême droite. Faute d’avoir agi clairement et rapidement contre l’immigration, la délinquance et le délitement de l’autorité, Macron a mené la France à la situation dans laquelle elle se trouve maintenant. Ce n’est pas en échafaudant un front républicain, en bricolant des alliances de dernière minute et en tirant des cordes sans laisse, un coup à gauche un coup à droite, que le camp présidentiel sauvera la face, selon l’éditorialiste.
Puis Yves Thréard de tourner l’initiative de Macron en dérision. En encourageant les Français à se rendre à des élections législatives comme à une session de rattrapage, le président semble leur dire : j’ai confiance en vous pour changer d’avis. Mais les Français ont-ils encore confiance en lui ? Puis de conclure qu’à trois ans de la fin de son mandat, Macron prend un risque immense. Plus dure sera la chute, lui prédit l’éditorialiste.
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.