Le Maroc et l’Amérique latine : franchir le seuil des ouvertures tâtonneuses
Que savons-nous de l’Amérique latine ? Question brute et agressive, et quand bien même justifiée ? Les gens ne se la posent pas quand ils épiloguent sur la politique étrangère du Maroc à l’égard de ce continent.
Pour le commun des mortels, l’Amérique latine, l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et les Caraïbes, c’est du pareil au même. L’histoire, les cultures, le destin des contrées qui les meublent sont assaisonnés comme on assaisonne une paëlla exagérément épicée.
À la question surprise posée tantôt, on pourrait avoir des réponses vagues, genre les feuilletons mexicains ou brésiliens des années 1980-1990 qui se sont accaparés l’attention des foyers marocains à l’aune de l’entrée des télévisions en couleur. On peut entendre un résumé sans faute sur l’histoire de la Coupe du monde de football où le Brésil et l’Argentine se sont disputé l’aura dans les cœurs des Marocains.
Pour les plus avertis, on pourrait avoir des lectures sur la période inachevée des trois A (Afrique, Amérique latine et Asie) durant les années 1960, où une troisième guerre mondiale a été évitée de justesse (1962). On entrerait alors dans un exercice d’acrobatie politique dans lequel l’idéologique serait au menu pour servir le même plat sur le capitalisme, le socialisme, l’État providence, l’État centralisateur, le libéralisme, l’autoritarisme, la démocratie des peuples, la démocratie octroyée. Et la liste pourrait être élargie à n’en point finir.
Des relations à distance cultivant l’incompréhension
Pour les intellectuels versés dans l’une des idéologies précitées, on pourrait avoir des explications sur Frida Kahlo (1907-1954) et son aventure avec Leon Trotski (1879-1940), en fermant les yeux sur sa vie mouvementée, ses crises de santé et ses aventures libertaires. On serait étonné de recevoir des détails sur Pablo Neruda (1904-1973) et son assassinat, sur Salvador Allende (1908-1973) renversé par des militaires de mèche avec la CIA pour mettre en échec la politique de nationalisation généralisée et freiner la montée en puissance de courants gauchistes dans toute l’Amérique du Sud.
Dans cet exercice, Che Guevara (1928-1967), mort à la fleur de l’âge pour servir un idéal transnational qui l’aurait fait rire s’il était encore de ce monde, pourrait tirer le gros lot. Il rivaliserait avec l’autre compagnon de guerre, Fidel Castro (1926-2016), dont la réputation de prononcer des discours fleuve, des heures durant, ne lui aurait servi à rien non plus.
On serait bien servi encore sur l’épopée de Simón Bolívar (1783-1830) et le rêve d’une Amérique du Sud unifiée et prospère. Tous ces repères historiques sont exagérés et mélangent le mythique et l’historique ou le wishful thinking, pour utiliser une expression à la mode.
Pour les intellectuels mi-apolitiques mi-engagés, selon l’humeur du moment, le réalisme magique est une marque de fabrique de l’Amérique latine. Ils feignent d’ignorer que cette expression a été introduite pour la première fois par l’Allemand Franz Roh en 1925.
Le réalisme magique a été ensuite savamment illustré par Arturo Uslar Pietri en 1948, Alejo Carpentier en 1949 et une pléiade de romanciers lauréats du prix Nobel de la littérature, dont Miguel Angel Asturias (1967) ou Gabriel Garcia Marquez en 1982. Le réalisme magique, qui tente de réinventer l’histoire d’une Amérique du Sud qui se cherchait dans ses profondeurs culturelles existentialistes et ses aspirations à tourner la page des atrocités commises sans vraiment aller au fond des choses.
Certains seraient tentés d’arguer que la diplomatie et la politique étrangère, d’une manière générale, sont une question de prises de décision ici et maintenant. Les hallucinations sur la relation entre l’histoire, la culture et le comportement diplomatique sont une perte de temps n’expliquant que dalle. Une opinion qui, de toute évidence, manque de pertinence.
Si bien que des explications s’imposent avant de revenir sur la question principale de la politique latino-américaine du Maroc.
Premièrement, une histoire mouvementée. L’histoire mouvementée est liée aux interférences étrangères depuis les Espagnols, les Allemands, les Néerlandais, les Belges, les Britanniques, les Français, les Portugais et les Américains. La saccade des annexions, des guerres civiles, de rattachement et d’effritement des populations autochtones, de coups d’État fomentés par des intérêts étrangers associés à des oligarchies locales, etc., conditionne les prises de position de nombreux pays d’Amérique latine et des Caraïbes.
Les séquelles de l’histoire sont encore très fortes. Elles déterminent le comportement diplomatique des pays de la région. Des exemples peuvent être cités à cet égard. Le sort du Guatemala annexé par le Mexique en 1821, colonisé par la Belgique en 1842 et par l’Allemagne en 1892, et victime de longs épisodes de guerre civile. La succession des guerres frontalières de l’Équateur et du Pérou (1858, 1941, 1981) sanctionnées par des pertes territoriales pour le premier pays que l’accord de 2008 a permis momentanément de résoudre.
Deuxièmement, une culture politique chargée et versatile. La culture politique des États latino-américains et des Caraïbes est réputée pour faire de la résistance à toutes les formes de domination ou d'influence jugées arrogantes. Sur le plan régional, des acteurs majeurs que sont le Brésil, l'Argentine, le Chili et le Mexique viennent en tête de liste des pays catalogués en tant que tels. Le mouvement de basculement entre l'Est et l'Ouest durant la majeure partie du siècle dernier et — un peu moins — durant la première décennie du 21ᵉ siècle conforte cette lecture.
Le comportement politique et diplomatique des pays d'Amérique latine et des Caraïbes traduit la prétention à la confirmation identitaire. Celle-ci est entretenue dans trois sources historiques lointaines symbolisées par la culture des Aztèques, des Incas et des Maya, et une source contemporaine : l'héritage européen pour les fractions détentrices du pouvoir—pour ne citer que les plus dominantes.
Troisièmement, des doctrines politiques machinalement répertoriées. La classification des doctrines politiques entre pro-occidentaux, anti-américains et prosocialistes a longtemps été considérée comme acquise. Par ailleurs, le non-engagement n’a jamais réellement fait partie des ambitions politiques de la plupart de ces pays.
Un constat qui ne soulève pas d’objection est le fait que les pays récalcitrants à l'ouverture, à l'occidentale, se sont laissé ruiner politiquement et économiquement (Cuba, Venezuela, Nicaragua, Panama, El Salvador, l'Equateur, la Bolivie). Les pays qui ont opté pour l'économie de marché (le Mexique, le Chili et l'Argentine) se sont fait punir par des crises financières (1991-1994 et 2008). Ils n'arrivent pas à s’en sortir.
Le projet de conférence tricontinentale (Afrique-Amérique-Asie) des années 1960 l’a démontré de manière éloquente. Par ailleurs, l’histoire contemporaine de ces pays a vu l’intervention américaine directe ou indirecte à travers une politique d’encerclement efficiente au Chili, en Colombie, au Guatemala, en Haïti, au Mexique, au Nicaragua et en République dominicaine. L’Union soviétique, pour sa part, a maintenu son soutien aux partis communistes au Brésil, au Chili et à Cuba (intervention notamment lors de la crise des missiles d’octobre 1962).
Quatrièmement, des conflits et litiges dans une zone de confrontations militaires à grande échelle et un contrôle fragile. À l’instar d’autres pays dans le monde, les pays d'Amérique latine et des Caraïbes sont empêtrés dans des conflits intranationaux limités et des guerres civiles endémiques. Ils font mieux que les autres en étant un havre pour les réseaux de banditisme et la mainmise de cartels de drogue.
Cinquièmement, un régionalisme handicapé par les aspirations à l’ascendance et à la retenue. Le régionalisme dont l’Amérique latine se vante est une autre paire de manches. Il connaît des résultats mi-figue, mi-raisin en raison de la démission de certains pays pour le leadership, de la prolifération d’organisations régionales, de l’exclusion de certains d’entre eux et de la conclusion d’accords de libre-échange par d’autres.
Prise de conscience prometteuse
Du reste, la gestion régionale des conflits sous-régionaux ou internes a été faite de manière laborieuse. Elle a été perçue avec beaucoup de suspicion. Toutes les médiations entreprises par le Brésil, l'Argentine ou le Mexique (pour ne citer que ces pays) à l'égard de la guerre civile en Colombie (FARC) ou au Pérou (Sentiers lumineux) ont échoué parce que les belligérants et les médiateurs avaient des agendas diamétralement opposés.
Le Maroc a rencontré des difficultés pour expliquer le dossier de l’intégrité territoriale à des pays qui souffrent de malentendus politiques et de legs coloniaux difficiles à évacuer de leur conscience collective. Dès lors, la politique étrangère de certains pays vis-à-vis du Maroc est influencée par les épisodes malencontreux du passé historique, par leur culture politique et par des contraintes de la géopolitique régionale. C'est le cas de la Bolivie, du Nicaragua, de l'Équateur, de l’Uruguay, du Salvador (jusqu’à une date récente) ou du Venezuela.
Ces pays, sans prendre le recul nécessaire, se prêtent à des associations et des assimilations privilégiant les solidarités idéologiques. Les associations mécaniques font l’impasse sur les réalités historiques, culturelles et politiques des pays qui n’entrent pas dans leurs boussoles diplomatiques.
Du côté marocain, il y a eu l’entretien inconscient du comportement assujetti à la structure féodale des relations internationales, dont le Maroc lui-même est victime. Il a été observé chez la classe politique une sorte d’acceptation que la promotion des relations entre le Maroc et l’Amérique latine doit passer par le sondage des relations de celle-ci avec les anciens colonisateurs espagnols et portugais.
Un comportement similaire de certains pays à l’égard des relations avec les pays d’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne. D’aucuns jugeaient de s’en référer à la France, à la Belgique ou au Royaume-Uni pour ne pas brusquer les choses.
De même, l’élite marocaine de culture hispanique s’est focalisée sur l’Espagne et aurait, certains critiques le laissent entendre, entretenu des préjugés véhiculés en Espagne sur les différentes cultures latino-américaines. Ce faisant, cette élite intériorisait les mêmes préjugés à l’égard de sa propre culture.
Des révélations sont faites, depuis quelques années, faisant état de lacunes dans l’interprétation des documents espagnols se rapportant à l’histoire du Maroc. Des lacunes préméditées ou par inadvertance seraient relevées en ce qui concerne l’histoire controversée de l’Espagne et du Portugal avec l’Amérique latine.
Preuve en est le rituel des sommets entre l’Espagne et l’Amérique latine qui se sont souvent fait l’écho de divergences profondes quant au traitement réservé à certains pays membres. Par solidarité ou par ras-le-bol, des voix se sont élevées parfois pour dénoncer des relations asymétriques qui éternisent des rapports hiérarchiques qui n’ont plus raison d’être.
Si bien que les relations entre le Maroc et l’Amérique latine ont évolué en dents de scie. Au milieu des années 1960, le Maroc faisait partie des pays que le Brésil intégrait dans sa vision de la coopération Sud-Sud.
C’est à l’occasion des forums de dialogue entre la Ligue des États arabes et l’Amérique latine ou des rencontres en marge des réunions périodiques de l’Organisation des États américains (OEA) à Washington, au sein de laquelle le Maroc est membre observateur, que de nombreux pays latino-américains ont commencé à relativement saisir la magnitude des litiges interarabes. Pour ce qui est de l’Afrique du Nord, ils en sont arrivés à comprendre, quoique laborieusement, les tenants et aboutissants de la question du Sahara et de l’implication directe de l’Algérie.
Une dynamique est enclenchée en 2004 par des visites royales au Mexique, au Pérou, en Argentine, au Brésil et au Chili. Elle se situait dans la foulée des visites du Souverain en Afrique et dans certains pays arabes. Si le processus de la dynamisation des relations a marqué un peu le pas, c’était pour des raisons liées à la situation intérieure des pays concernés et aux suspicions à l’égard des pays arabes coïncidant avec le Printemps arabe.
Bien que le Maroc ne fût pas inclus de manière systématique dans la catégorisation mécanique des pays ciblés, il a ressenti l’impact du ralentissement. Il faut dire aussi que la crise financière internationale de 2008 y a aussi joué un certain rôle.
Par ailleurs, deux facteurs de portée politique et diplomatique indéniable ont participé à placer les relations entre le Maroc et l’Amérique latine sur une courbe ascendante. D’une part, le Plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007 pour résoudre le conflit régional autour du Sahara marocain et d’autre part, le retour du Maroc au sein de l’Union africaine en 2017. Ces développements n’ont laissé aucun prétexte aux pays latino-américains de continuer à jouer de l’obstruction, à moins qu’ils ne fussent de mauvaise foi.
On peut ajouter un troisième facteur de portée géopolitique cette fois-ci. Il s’agit d’une part de l’idée de la conférence ministérielle des États africains riverains de l'Atlantique que le Maroc parraine en 2009, relance en 2011 et réitère en 2022, et de l’autre de l’initiative pour l’Atlantique lancée par le Roi du Maroc en 2022.
De même, le Partenariat pour la coopération atlantique lancé en 2023 à New York par le Maroc et les États-Unis entre dans le cadre de la dynamique de coopération dans les régions de l’Atlantique.
Ces projets sont on ne peut plus réalistes. Du reste, cette forme de coopération initiée par le Maroc est déjà bien en place avec le Brésil. Elle attend des gestes plus sérieux de la part d’autres partenaires tels que l’Argentine ou le Chili.
Toutefois, la coopération en question ne peut être perçue dans le sens voulu par certaines mouvances au Pérou, en Bolivie ou en Colombie. Elle peut capitaliser sur la visite royale de 2004 dans un pays comme le Mexique. Elle peut encore bénéficier (mais nécessite de la clarté) dans les relations entre le Maroc et les pays des Caraïbes. Il est certain que le Maroc n’accepte plus certaines formes de chantage par rapport à son intégrité territoriale.
De la transparence pour des partenariats inscrits dans la durée
Les termes sans équivoque utilisés dans le discours royal du 20 août 2022 sur le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international s’appliquent à tout le monde. Mais le Maroc peut se féliciter que seuls huit pays continuent à manifester un comportement hostile au sujet de la question du Sahara marocain, dont trois sont en situation d’atermoiement en fonction de l’humeur politique intranationale.
Pour autant, les opportunités sont là. Je ne m’attarderai pas sur les domaines dans lesquels la coopération peut être bénéfique pour le Maroc. Je n’insisterai pas sur le volume des échanges qui dépend des fluctuations du marché international. Car, bien que la balance commerciale puisse être indicatrice de l’état de la coopération entre partenaires, elle ne signifie pas ascendance économique. Les pays les plus agressifs sur l’échiquier commercial international se trouvent souvent parmi les plus endettés.
Je serais plutôt partisan de la reconstruction par la clarification pour lever les ambiguïtés, expliquer les enjeux et assimiler les voies de les mettre en équation avec les objectifs des différentes formes de partenariat. La culture qui veut que la diplomatie économique soit basée sur la conquête des marchés extérieurs sans mettre en place les garde-fous idoines est dépassée. Il suffit d’une petite crise financière, d’un changement de régime ou d’une mésentente anodine pour que toute la chapelle soit soufflée.
Par ailleurs, l’accentuation des processus de conclusion des accords de libre-échange se doit de prendre en considération les difficultés rencontrées déjà par les zones de libre-échange qui existent déjà. Certes, les négociateurs en sont conscients et s’y adaptent, mais il suffit qu’un météore s’approche des édifices pour que la machine dérape.
Le multilatéralisme traverse une période difficile dont l’une des causes serait l’essoufflement des modèles mis en place depuis le siècle dernier. Les différentes restructurations ou remises en cause limitées n’y peuvent rien. Est-ce pour autant abandonner les partenariats dans le cadre des régimes de libre-échange ?
Non, au contraire, il serait plutôt sage de chercher à améliorer les instruments de négociations pour que les accords de libre-échange soient symétriques et sans hégémonie programmée. C’est ainsi que les négociations avec le Mercosur se doivent de tirer les leçons de la dizaine d’accords de libre-échange que le Maroc a signés jusqu’à présent.
Par ailleurs, le temps est venu de lire la structure mentale des Latino-américains d’une manière libérée des préjugés entretenus depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et durant la Guerre froide. Si des pays persistent et signent dans leur hostilité à l’égard de l’intégrité territoriale du Maroc, il faudra comprendre que la culture politique de certains d’entre eux ne peut être comprise que dans l’intelligibilité de leur histoire mouvementée.
La nationalité des figures historiques dont certains pays se vantent doit être intégrée dans l’équation. C’est le cas du Venezuela, qui s’enorgueillit de Simon Bolivar, né à Caracas et qui a unifié la Colombie, l’Équateur, le Pérou, le Panama, la Bolivie et le Venezuela (1819-1830). C’est le cas de la Bolivie qui se vante que Che Guevara soit enterré à Santa Cruz, bien qu’il fût argentin de naissance ou de Cuba dont il eut la nationalité en faisant cause commune avec Fidel Castro.
Le Nicaragua n’est pas en reste. L’impact des sandinistes sur l’échiquier politique interne est indéniable. Ils tirent leur légitimité psychologique de leur lutte du Front national de libération sandiniste (FNLS) contre l’occupation de leur pays par les États-Unis durant les années 1930 et puis contre les Contras (1984-1989) formés et entrainés par la CIA. Après une éclipse de 1990 à 2006, le FNLS reprend le pouvoir.
L’Uruguay, pour sa part, a eu une histoire mouvementée et a souvent été gouverné par des courants de gauche. Le dilemme existentiel qui le préoccupe fait en sorte que sa classe politique, majoritairement d’origine européenne, reste dominée par une culture occidentale mitigée. L’Uruguay a été créé par le Royaume-Uni en 1828 au moment où le pays faisait l’objet de convoitises et d’annexions de la part du Brésil et de l’Argentine. Certains historiens se réfèrent à la date de 1811 comme au départ pour la lutte de l’indépendance contre les Espagnols et les Portugais (1816).
Une culture qui est plus gauchisante sur le plan diplomatique et moins conciliante en matière de stratification sociale. Pourtant, l’Uruguay fut le premier pays latino-américain avec lequel le Maroc a établi des relations diplomatiques. Ensuite, Montevideo adhéra aux thèses anti-marocaines. Un rapprochement a été tenté en 2016, mais les relations demeurent laborieuses.
La cérémonie d’investiture du Président uruguayen sortant Yamandu Orsi, le 1 mars 2025, à laquelle le dirigeant du polisario a été invité, risque de renvoyer les tentatives de consolidation des relations entre les deux pays aux calendes grecques.
Les explications passées en revue plus haut militent pour que la planification politique et stratégique tienne compte de la variable idiosyncratique en tant que composante des structures mentales des décideurs de cette partie du monde. Le pragmatisme devrait être de rigueur.
Le pragmatisme dicte que le Maroc prenne garde à ne pas être le terrain secondaire des malentendus et litiges qui opposent les pays latino-américains les uns aux autres. Une dynamique est enclenchée depuis 2003. Le message marocain aurait été capté par certains pays. Il sera utile pour que les différents partenariats atlantiques fonctionnent ainsi que projetés.
Pour l’instant, le Maroc peut s’enorgueillir d’avoir treize représentations diplomatiques avec ambassadeurs-résidents en Amérique latine, y compris dans les pays qui adoptent une position négative à l’égard de la question du Sahara marocain.
D’autres jouent de l’ambivalence, mais semblent, en fin de compte, s’acheminer vers la reconnaissance que leur hostilité est une tempête dans un verre d'eau. Ils sont appelés à prendre le train en marche ou rester sur le quai ruminer ce qui reste d’une idéologie qui résonne désormais dans le vide et ne produit aucun écho.
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