img_pub
Rubriques

Les montagnes, clés de l’avenir hydrique marocain

À l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, célébrée annuellement le 22 mars, l’UNESCO et l’Organisation météorologique mondiale, qui coordonnent cette célébration, ont choisi cette année de souligner l'importance cruciale des montagnes dans la gestion des ressources en eau à travers le monde.

Le 21 mars 2025 à 10h33

Le rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2025, préparé par l’UNESCO et lancé à New York et Paris cette semaine en même temps que la première Journée mondiale des glaciers, se concentre ainsi sur les eaux de montagne et leur rôle essentiel en tant que « châteaux d'eau » de la planète.

Pour le Maroc, il s’agit d’un enjeu particulièrement vital. Les montagnes, véritables réservoirs naturels, fournissent une part significative des flux d'eau douce nécessaires à la vie quotidienne, à l'agriculture et à l’industrie dans le pays.

Les montagnes de l'Atlas et du Rif, avec leurs manteaux neigeux, constituent des retenues d'eau essentielles, particulièrement durant les mois secs d'été. Les neiges accumulées en hiver permettent de nourrir les rivières et les nappes phréatiques pendant la saison estivale, assurant ainsi l'approvisionnement en eau des populations et des terres agricoles.

Selon le rapport sur l’eau 2025 préparé par l’UNESCO, l’ensemble de la région arabe sera passé sous le seuil de pénurie absolue d’eau d’ici à 2050 et le Maroc n’échappe pas à la tendance. Cette prévision prend en compte la croissance démographique, ainsi que les répercussions du changement climatique sur les chutes de neige et les précipitations saisonnières.

Pour les communautés montagnardes de la région arabe, et plus particulièrement au Liban et au Maroc, cette situation va affecter les activités économiques telles que le tourisme et l’agriculture. Pour pouvoir aller de l’avant, des mesures intersectorielles d’adaptation au climat s’imposent, au rang desquelles des solutions fondées sur la nature, des techniques d’irrigation et de sélection des cultures optimisées ainsi que des stratégies de diversification économique intelligentes.

Les efforts gouvernementaux

Face à ces défis, le Maroc a déjà pris depuis longtemps des mesures importantes pour renforcer la gestion de ses ressources en eau, sous la direction des autorités publiques.

Le gouvernement a ainsi mis en place des politiques ambitieuses pour faire face à la situation. Le Plan Maroc Vert a ainsi été lancé dès 2008 pour moderniser l'agriculture et encourager des pratiques agricoles durables, notamment dans les régions montagneuses.

Le rapport de l’UNESCO 2025 note à cet égard que, le Plan Maroc Vert a permis l’émergence d’une nouvelle politique de gestion des ressources naturelles et de promotion des savoirs autochtones en matière de gestion des écosystèmes.

Le plan encourage utilement les mesures d’adaptation au changement climatique et cherche également à améliorer l’agriculture à petite échelle dans les zones marginales par le biais de subventions pour la plantation d’arbres sur les terrains en pente et de la mise en œuvre de techniques économes en eau, telle l’irrigation au goutte-à-goutte.

Il convient de souligner par ailleurs que le Maroc a beaucoup investi dans des infrastructures hydrauliques modernes, telles que des barrages et des stations de traitement de l'eau, pour stocker et distribuer l'eau de manière plus équitable et efficace.

Ces efforts sont également accompagnés de plusieurs initiatives pour renforcer la résilience des territoires. Parmi celles-ci, on peut citer l’amélioration des infrastructures de stockage d'eau et la diversification des sources d’approvisionnement, telles que le dessalement de l'eau de mer.

Le soutien de l'UNESCO

L’UNESCO joue un rôle clé en accompagnant à travers le monde tous les pays qui le souhaitent dans la mise en place de solutions durables pour la gestion de l’eau, en particulier dans les zones de montagne. L'organisation promeut par exemple une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), qui consiste à prendre en compte l'ensemble des facteurs naturels et humains qui influent sur l’eau.

Cette approche est particulièrement pertinente dans les régions montagneuses, où les dynamiques hydrologiques sont complexes. Pour l'UNESCO, une telle gestion doit inclure la collecte de données précises sur l’hydrologie et la mise en place de modélisations pour anticiper les impacts du changement climatique.

Notre rapport sur l’eau 2025 préconise également les innovations technologiques portant par exemple sur la surveillance efficace des glaciers et les systèmes d’alerte précoce, susceptibles de fournir des informations essentielles sur la fonte des glaciers et les glissements de terrain.

Le Maroc, en partenariat avec l’UNESCO, s’efforce également de renforcer la formation des ingénieurs et des gestionnaires de l’eau, afin de mieux préparer les générations futures aux défis liés à l’eau. L’UNESCO soutient ainsi les efforts du Maroc en matière d’éducation et de formation, notamment en ce qui concerne les technologies innovantes pour le traitement de l’eau.

********

La gestion durable de l'eau est à l’évidence l'un des défis majeurs du Maroc, comme d’ailleurs de l'ensemble du Maghreb. À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, il est essentiel de reconnaître les efforts entrepris par le Maroc pour gérer cette ressource vitale, en particulier dans les zones montagneuses, et de considérer les mesures supplémentaires qui pourraient être prises.

Ces efforts, soutenus par des initiatives comme le Plan Maroc Vert et les recommandations de l’UNESCO, sont vitales pour garantir la sécurité hydrique face aux enjeux climatiques. Ce sont bien la coopération internationale et l’adoption de solutions adaptées aux spécificités locales qui permettront de relever ces défis liés à l’eau et de préserver l’avenir des générations futures.

Eric Falt est le Directeur régional de l’UNESCO pour le Maghreb et Représentant de l’UNESCO auprès de l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Il est basé à Rabat.

Par
Le 21 mars 2025 à 10h33

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité