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“Les Moussemards” aux abois

Les “moussemards” : ainsi l’auteur désigne ces chercheurs et intellectuels, étrangers comme nationaux, qui ont fait des conflits endémiques et des litiges postcoloniaux un fonds de commerce académique.

Le 22 septembre 2025 à 17h20

Je ne suis pas partisan des lettres ouvertes. Elles n’ont d’importance et d’impact que le temps où elles sont partagées sur les réseaux sociaux. Les vrais destinataires ne leur prêtent pas attention. Je ne vais donc pas emprunter cette méthode pour faire entendre mon point de vue. Je préfère aller droit au but.

De quoi s’agit-il ? Il y a quelques semaines, j’ai reçu un message audio presque inaudible émanant d’un professeur étranger dans lequel il me somme de ne plus écrire sur un sujet qui semblerait l’avoir offusqué. En effet, il réagissait à mon article qui parlait des professions qui allaient disparaitre à cause de la prédominance programmée de l’intelligence artificielle.

Il n’aurait pas apprécié que j’aie évoqué les cas des think tanks one-man-show et des chercheurs étrangers qui ont fait l’essentiel de leur carrière sur le dos des pays dits du tiers-monde en se présentant comme des connaisseurs patentés des problèmes de ces derniers sans pour autant proposer de solutions. Je suis certain que nombreux sont ses collègues qui partagent la même opinion.

Qu’à cela ne tienne, je vais prendre le risque de dire clair et net ce que j’avais laissé entendre entre les lignes. Chemin faisant, j’évoquerai le cas des chercheurs marocains qui ont recouru à la même approche. Cependant, je ne citerai pas de noms particuliers. Je discuterai de leurs idées tout en gardant vivace le respect que je nourris à leur égard en tant que professionnels de la plume.

Je me permettrais aussi d’utiliser un terme bizarroïde, "Les moussemards", emprunté au mot arabe dialectal marocain, le moussem المُوسِمْ , pour qualifier – amicalement cela s’entend – tous ces auteurs qui accaparent la scène académique par des écrits sur des conflits endémiques qui refont surface de temps à autre au gré de l’actualité internationale. Ils prennent parti pour les acteurs en conflit et font de la persistance des divergences entre les acteurs en conflit une sorte de fonds de commerce.

Vague de froid, monopole gelé

Les moussemards font cause commune avec les parties qui se nourrissent de l’instabilité relative des conflits interétatiques et se prennent la tête d’être des connaisseurs attitrés. Ils estiment avoir raison sur toute la ligne par rapport à d’autres collègues qui se montrent plus raisonnables, plus posés dans le but d’avoir une visibilité claire et de proposer une lecture convaincante.

Selon les moussemards, le monopole de la vérité première vient du Nord. Le narratif qui émane du Sud est une aberration. Tel semble être le jugement porté par le commun des mortels quand les sociétés du tiers-monde font l’objet d’analyses et d’études sérieuses. On ne s’accorde même pas le temps nécessaire pour faire le tri et juger en conséquence. Si on ajoute à l’argumentaire le faciès et la couleur, le tour est joué. On n’a pas besoin de lever le petit doigt. Ce serait un crime de lèse-majesté.

Tout au long des années 1960-1970-1980, la parole a été donnée aux écrivains, aux politologues, aux sociologues, aux économistes et aux économistes occidentaux pour faire l’état des lieux de ces sociétés dites en développement ou – selon les cas – en sous-développement. Sans problème à une époque où l’ethnologie militaire et les recherches commandées faisaient la joie d’une poignée de chercheurs qui partaient à la chasse au trésor en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

La plupart des pays dits en développement sortaient de la colonisation, du protectorat  ou de la souveraineté limitée. Des paradigmes et des écoles de pensée ont émergé du lot pour influer sur les structures mentales des peuples nouvellement indépendants.

Les plus veinards parmi les chercheurs dans les domaines des sciences politiques, économiques et sociales appartenant à ces pays, qui arrivaient à se faire accepter dans les centres de recherche ou dans les universités de renom, étaient aux anges et se permettaient de rivaliser avec leurs collègues occidentaux dans l’établissement de diagnostics aussi chirurgicaux qu’injustes. C’était la rançon de la gloire.

Les méthodes de recherche, les approches frôlaient parfois le mimétisme le plus scandaleux. C’était acceptable dans une certaine mesure, car la mise en place de structures respectables pour la recherche scientifique demandait de la patience, des financements adéquats et une certaine discipline. Cette trilogie apparemment innocente se traduisait, sans équivoque, par le respect scrupuleux de la ligne éditoriale requise ; sans quoi, tout tombait dans l’eau.

Avec le temps, cette pratique a évolué pour procéder à une sorte de singularisation des études à travers un encadrement qui ne laissait pas de champ libre ou encourageait la liberté d’initiatives, même relative.

Cela s’est répercuté sur les travaux et les thèmes de recherche choisis par les étudiants et les professeurs au point de faire du mimétisme mentionné tantôt une sorte de palme d’or qui récompensait le conformisme, les suggestions soufflées par les pouvoirs publics et les injonctions des universités jumelées avec celles des pays dits en développement.

De la singularisation à la catégorisation, le chemin a été tout tracé. Les recherches réalisées dans les universités des pays dits en développement complétaient, selon la même démarche, celles entamées dans les pays dits avancés.

Des thèmes revenaient à tout bout de champ ; ils portaient sur le droit de la mer, les relations asymétriques Nord-Sud, etc., jusqu’au moment où la boussole des chercheurs a été tournée vers le thème de la résolution des conflits et l’esquisse d’un système international multipolaire.

Et sans que les initiateurs l’aient prévu, voilà que la concentration sur des conflits endémiques dans des zones problèmes devenait une soupape de secours pour se dégager du piège du mimétisme académique signalé plus haut.

En effet, une tradition est consacrée dans certains pays faisant que des centres de recherches et des pouvoirs publics collaborent pour aider le système de prise de décision à avoir une vision claire des dossiers à gérer en matière de politique étrangère. C’est la partie visible du processus.

Mimétisme académique

Il existe d’autres niveaux plus sélectifs, dont celui des équipes restreintes qui regroupent des personnalités qui portent la double casquette de décideurs et d’académiciens.  Entre les deux, jonglent des équipes qui créent de l’ambiance, sans avoir vraiment droit au chapitre. Ce sont ces derniers qui suscitent l’intérêt de cet article et que je persisterai à qualifier de moussemards.

Qu’on en juge à partir des cas concrets se rapportant à des litiges et des conflits issus de la période coloniale. Ils ont constitué un fonds de commerce pour des chercheurs étrangers et des chercheurs nationaux. Sous la bannière de la spécialisation, les deux ont travaillé non pas à proposer des lectures objectives, mais à produire des textes qui brouillaient les pistes des lecteurs avides d’une connaissance libre d’amalgames.

Parmi les productions les plus prisées, il y avait celles qui portaient sur la gestion des conflits frontaliers qui recèlent une dimension axée sur la dichotomie entre l’intégrité territoriale des États souverains et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La plupart des textes produits entretenaient une confusion délibérée faisant croire que les litiges sur les frontières de la période postcolonisation étaient identiques et qu’il fallait appliquer les mêmes remèdes pour leur résolution.

Tour à tour, Timor-Leste, le Kurdistan, le Soudan du Sud, Haut-Karabakh, les Chiapas,  les Ouigours, les Grands Lacs etc.  Un os cependant est resté coincé au travers de la gorge des chercheurs qui adoraient naviguer dans les eaux troubles : le Sahara dit occidental.

Voilà un conflit qui a été placé par des centres de planification politique et militaire occidentaux sous le signe du maintien dans un état de non-résolution sans permettre aux parties principales de rompre l’équilibre fixé.  Une pléiade de chercheurs a été déployée pour atteindre cet objectif.

Les chercheurs se sont répartis en trois groupes. Un, des détracteurs intraitables qui ont élu domicile en Espagne, en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et en Belgique. Ils ont fait de la défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes au détriment de l’intégrité territoriale des États souverains. Ils ont appliqué cette règle aux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Ils ont fermé les yeux sur les contradictions inhérentes à ces principes dans leurs propres pays. Pour les plus lucides d’entre eux, ils ont fait des allusions timides à des cas se rapportant à l’histoire de ces pays. Ils l’ont fait parce que l’un ou l’autre des principes susmentionnés les arrangeait et cadrait bien avec la volonté des planificateurs politiques et des stratèges militaires chez eux.

Cependant, les détracteurs intraitables partagent un dénominateur commun : ils portaient un regard paternaliste, arrogant et insupportable, comme pour exprimer leur amertume que les pays objets de leurs études soient devenus indépendants.

Deux, les conciliateurs, pour ne pas dire des apologistes. Ils ont constitué une poignée de voix rares, mais qui ne donnaient de la mesure qu’occasionnellement pour être en phase avec les impératifs imposés par leurs pays respectifs, à savoir, le désordre contrôlé pour brouiller les pistes.

Ces chercheurs ont fait preuve d’une ingéniosité qui force l’admiration. Ils ont entretenu le flou en laissant croire que la perception des conflits postcolonisation est hétérogène et divise la classe politique et les complexes industrialo-militaires.

Se jouant des attentes des parties concernées, ils se sont inscrits dans les bras de fer épistolaires au sein des institutions européennes qui ont utilisé des conflits en dehors de l’Europe, dont le conflit du Sahara occidental marocain, comme un instrument additionnel de marchandage sur des questions purement communautaires.

Trois, les chercheurs à l’affût des sujets-produits exotiques. Cette catégorie comporte des étudiants et des curieux qui sont en quête d’opportunités pour avoir droit au chapitre dans leur propre paysage académique. Ils ont la caractéristique de parer au plus pressé. Ils se rabattent sur la littérature en vogue. Et comme la littérature la plus véhiculée est celle produite par la première catégorie, le résultat est une manne d’approximations et de lectures erronées. Ils font long feu.

Quatre, les chercheurs autochtones qui prennent le train en marche.   Ils s’identifient tantôt à la première catégorie, tantôt à la deuxième catégorie. Avec la première catégorie, ils font chambre commune avec l’espoir d’être cooptés pour, coup de poker aidant, atterrir au milieu de la deuxième catégorie.

Les apologistes en manque d’inspiration

De toutes les catégories, la plus suspicieuse est la deuxième. Elle regorge donc de ces écrivains et chercheurs qui, pour se refaire une santé, lorgnent les classes politiques des pays dits en développement qui ont besoin de se faire entendre par leurs propres opinions publiques. Ces chercheurs et écrivains livrent un discours tout fait pour amadouer les uns et les autres. Cela arrange tout le monde.

Au lendemain de la décomposition de l’URSS et de la montée de courants contestataires aux États-Unis et en Europe se disputant le monopole du savoir aux courants de pensée qui avaient sévi durant cinq décennies, les colistiers de la deuxième catégorie ont perdu le nord. L’exotisme intellectuel ne paye plus et le réveil des sociétés cibles remet l’échiquier de la recherche, jadis ordonné, pêle-mêle.

Les chercheurs qui se sont fait une réputation sur le dos des sociétés dites en développement ou en sous-développement ont perdu les repères qui leur auraient permis de réintégrer l’échiquier scientifique de leurs propres pays sans trop d’effort. Ils se retrouvent donc ballottés entre deux exigences : soit le regain de respectabilité intellectuelle (qu’ils savent difficile à réaliser) et la fuite en avant (qui leur permettrait de montrer leurs dents pour encore impressionner les quelques admirateurs qui leur resteraient).

Ce faisant, les académiciens de la deuxième catégorie joignent leurs efforts à ceux des académiciens autochtones qui se sont imprégnés de la même recette. Les deux souhaiteraient rattraper le temps perdu. Ils continuent toujours sur la même voie tout en étant convaincus que les carottes sont cuites. Ils ne sont pas interdits de cohabiter avec des voix et des plumes désormais en souffrance de crédibilité (Hami H., Des voix et des plumes qui pataugent dans l’incohérence, MEDIAS24, 08/09/2025).

Il est certain que la fibre patriotique pousse les chercheurs autochtones à rivaliser avec leurs collègues étrangers pour défendre l’intérêt national de leur pays. Cependant, à regarder de plus près dans la production offerte à ce jour, force est de reconnaître qu’ils doublent la dose de la prudence. C’est comme si les auteurs avaient peur de s’aventurer davantage sur un terrain appelé vaguement "domaine réservé". Cette expression est utilisée chaque fois qu’une plume brave les labyrinthes de la politique étrangère et de la diplomatie.

La question du Sahara marocain traversait des moments difficiles, et il était fort à craindre qu’une goutte mal dosée ne fît déborder le vase. Toutefois, les auteurs concernés ont trop investi dans l’approche juridique et ont laissé de côté la dimension géopolitique qui a été, de toute évidence, la source première de toutes les équivoques. Ces équivoques ont été entretenues par des chercheurs occidentaux et des nationaux (décideurs et profanes) sont tombés dans le piège.

Maintenant, la question du Sahara marocain prend une nouvelle tournure et il y a espoir que son dénouement s’approche à pas vifs. À quelques semaines de l’adoption d’une nouvelle résolution par le Conseil de sécurité, les attentes sont grandes de part et d’autre.

La diplomatie s’active et il est probable que la résolution projetée apporte des éléments nouveaux par rapport à celles qui ont été adoptées depuis 2007, date de la proposition du plan d’autonomie par le Maroc.

Au sein des trois catégories de chercheurs et académiciens mentionnées plus haut, qui se sont nourris sur la persistance du conflit régional autour du Sahara, l’attente est encore plus vive. Il y va de leur gagne-pain, de leur fonds de commerce et de leur place sur l’échiquier de la recherche académique qui se respecte.

Certains ont déjà commencé la reconversion en embarquant sur une nouvelle aventure intitulée "transformation de la Minurso (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) en Mansaso (Mission d’assistance pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara occidental).

Les moussemards ne perdent pas espoir

Alors que la transformation projetée de la Minurso entre dans le cadre de la révision, voire de la suppression de nombreuses missions onusiennes de maintien de la paix, certains veulent noyer la question du Sahara marocain dans des marécages regorgeant de définitions techniques cacophoniques dont les Nations unies sont réputées.

Plus préoccupant encore, ils donneraient raison à l’argumentaire des adversaires du Maroc qui ont su berner l’opinion publique internationale pendant plus de trente ans en faisant croire que la Minurso a été créée pour organiser le référendum, alors que la mission réelle de celle-ci a été et demeure l’observation du respect du cessez-le-feu dans le territoire par les parties.

Il est tout à fait curieux que certains observateurs (ou décideurs) ne se rendent pas compte que le Plan d’autonomie est proposé par le Maroc et de ce fait, il appartient au Maroc et à lui seul de le mettre en œuvre sur le terrain. Il s’est engagé à le peaufiner en tenant compte des recommandations et suggestions que suggéreraient ses partenaires et détracteurs.

Du reste, il faudrait rappeler que le Maroc a proposé le Plan d’autonomie après en avoir expliqué les grandes lignes dès 2000, au moment où James Baker, envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, était perdu dans des considérations qui n’auguraient rien de bon.

Par ailleurs, tout comme pour la règle du référendum, l’autonomie, qui est une expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, est une attribution entrant dans le cadre du droit public interne.

De même, la poignée de détracteurs de la souveraineté marocaine sur ses provinces du Sud qui s’accrochent à l’idée du referendum sont invités, s’ils le peuvent dans un autre monde, à prouver qu’il y a eu un changement des rapports de force sur le territoire depuis la défaite essuyée par l’Armée algérienne à Amgala 1 et Amgala 2 en 1976.

Ils sont invités également à expliquer pourquoi le Polisario s’est retiré des accords de cessez-le-feu signés avec les Nations unies à la suite de la chasse définitive des trouble-fêtes polisariens d’El Guerguerate en 2020, quand bien même ils avaient été appuyés à distance par des encadreurs appartenant aux services de renseignement algériens.

Ce flottement juridico-politique des diplomates, des chercheurs et des journalistes me fait penser aux tentatives de certains centres de réflexions au Maroc qui proposent que des experts, des journalistes et des diplomates indépendants discutent avec des juges de la Cour européenne de justice (CEJ) au sujet de son arrêt rendu le 4 octobre 2024 sur les accords commerciaux signés entre l’Union européenne (UE) et le Maroc portant sur les produits agricoles et les produits de la pêche provenant du Sahara dit occidental.

Ils feignent d’oublier que l’arrêt est politiquement motivé et que la plupart des juges qui ont rendu le verdict l’ont fait à la veille de leur départ à la retraite. Mieux, ils doutent de la capacité de marchandage du Maroc qui a désormais d’autres options en matière de conclusion d’accords commerciaux et d’investissement avec des partenaires en dehors de l’UE qui ne remettent pas en cause sa souveraineté sur ses provinces du Sud.

Ils ignorent aussi le fait que le problème de fond demeure le fait que la CEJ ait donné une personnalité juridique à « des populations » vivant sur le territoire d’un autre État qui se présentent parfois en tant que « mouvement de résistance »,  parfois en tant qu’« État » et parfois en tant que réfugiés jamais recensés, alors qu’actuellement le Polisario est en passe d’être catalogué comme mouvement "terroriste".

La CEJ n’a pas tenu compte des consultations préalables de l’UE avec les populations des provinces du Sud démocratiquement élus et qui gèrent leurs affaires de manières limpides dans le respect totale des dispositions constitutionnelles en la matière. C’est toujours cette question d’entendement du temps géopolitique et diplomatique qui interpelle des chercheurs et des experts marocains.

Des conclusions s’imposent. Un, pendant cinq décennies, des auteurs étrangers et autochtones se sont nourris des conflits gelés. Ils auraient cru, sans doute, bien faire en attirant l’attention des parties de s’en tenir à la retenue salvatrice. Plausible, sauf que le souhait profond aurait été aussi de voir les divergences profondes s’éterniser.

Deux, les auteurs autochtones, à quelques exceptions près, ont sombré dans un patriotisme qui les a empêchés d’avoir une lecture géopolitique cohérente afin d’aider les décideurs  sur le fait d'avoir la visibilité idoine ou du moins une visibilité suffisante qui tempère toute ardeur ou propension à la confrontation militaire souhaitée par les adversaires.

Trois, on a parfois l’impression que les moussemards adoptent deux comportements. D’une part, le comportement des crocodiles qui versent des larmes trompeuses. D’autre part, le comportement de «  charognards » qui guettent la mort subite de l’une des parties en conflit pour festoyer.

Quatre, six décennies après la décolonisation, les moussemards ne se lassent pas de rappeler les épisodes de l’âge d’or de l’ethnologie militaire et des enquêtes diligentées par les anciennes puissances coloniales pour perpétuer la structure féodale des relations internationales basées sur l’asymétrie et l’hégémonie de fait.

Cinq, maintenant que la nouvelle géopolitique post-Covid impose de régler un certain nombre de conflits gelés pour y voir plus clair, des éclaireurs de service sont pris en embuscade. Ils ne savent pas si leurs commanditaires sont sincères dans leur nouvelle approche de résolution de conflits internationaux ou s’ils jouent sur le temps en menant tout le monde en bateau.

Six, les moussemards montent au créneau pour promouvoir l’idée selon laquelle tant que la transition au sein du système international n’a pas tranché vers quelle direction sera le monde à l’horizon 2030-2035, il serait plus salutaire que le statu quo qui régit la plupart des conflits gelés soit maintenu.

On en aura des moussemards dans les parages tant que les boussoles de la communication restent braquées sur des figures, qui, en dépit de leur valeur académique dans leurs propres pays, ne s’offusquent pas de berner les téléspectateurs, les auditeurs et les lecteurs des pays dits en développement.

Ces derniers devraient se libérer des différentes hégémonies culturelles qui ont prouvé tout au long des cinq dernières décennies que le SUD (poignée ou global) n’est qu’un terrain secondaire de confrontations à distance.

Ils devraient surtout être en mesure de faire la distinction entre ceux qui ont tourné la page des vérités premières acquises ailleurs et ceux qui s’investissent dans des projets sérieux pour que l’échiquier académique soit assaini des extrapolations qui prennent les gens pour ce qu’ils ne sont pas.

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Le 22 septembre 2025 à 17h20

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