Maroc-France. Pourquoi Samira Sitaïl
Après plusieurs mois de vacance, le poste d’ambassadeur du Maroc est désormais occupé, et cette fois-ci par une femme. Une première. Mais pourquoi Samira Sitaïl précisément ?
Ce qui a été une surprise pour plusieurs ne l’est pas pour nombre de confrères journalistes, en tout cas pas pour moi. Car Samira Sitaïl, ou "SS", comme se plaisaient à l’appeler ses collaborateurs à 2M, n’est pas tombée de la dernière pluie. Certes, elle ne détient aucune expérience diplomatique mais elle fait valoir une grande maîtrise du champ politico-diplomatique de la France.
Il ne faut pas oublier qu’elle est née dans l’Hexagone et y a passé tous ses cursus scolaire et universitaire. Elle est donc sur un terrain conquis. Franco-marocaine, elle est attachée aux valeurs de la République sans jamais se séparer de ses racines marocaines. D’ailleurs, elle est retournée au Maroc à l’âge de 26 ans pour commencer une carrière de journaliste au sein de la deuxième chaîne 2M. Une chaîne publique que le défunt roi Hassan II voulait plus ouverte, libre et parfois rebelle.
Samira Sitaïl y a trouvé ses repères et s’est fait remarquer rapidement, passant de présentatrice du journal télévisé à animatrice vedette de l’émission phare "L’homme en question" où elle a interviewé de grandes personnalités marocaines, mais aussi internationales dont des chefs d’État, ce qui lui a valu une propulsion au poste clé de directrice de l’information, soit numéro deux de la chaîne.
Au moment où l’on s’attendait le plus à ce qu’elle soit, à juste titre, promue directrice générale de la chaîne, elle a pris tout le monde de court et déposé sa démission, officiellement pour rejoindre sa famille, son époux étant lui-même diplomate et ambassadeur du Maroc auprès de l’Unesco.
Plusieurs facteurs ont favorisé son choix par rapport à d’autres candidats, tous anciens ministres. Car bien que rentrée au Maroc au début des années 1990, Samira Sitaïl n’a jamais rompu son cordon ombilical avec le monde de la politique et de la culture en France. Bien au contraire, ses responsabilités à 2M lui ont permis de renforcer davantage son réseau français, qu’elle a su étoffer au fil des ans avec la classe diplomatique de l’Hexagone, aidée en cela par les relations de son époux dans ces milieux.
Par ailleurs, notre nouvelle ambassadrice est une excellente communicante. Ceux qui l’ont découverte lors de son passage sur la chaîne BFM TV, quelques jours après le séisme d’Al Haouz, n’ont encore rien vu. Elle sera une bonne cliente des plateaux télé et saura défendre son pays, par le verbe et l’argument.
La nomination de Samira Sitaïl est certes une approche genre de la nouvelle diplomatie marocaine sous Mohammed VI, mais surtout une rupture avec des profils classiques privilégiant le slogan de "vivons cachés, vivons heureux".
Bon vent Samira.
----
Note: Le poste d'ambassadeur de Paris n'est pas encore occupé. Il ya une proposition d'accréditation pour le moment puis après acceptation, Sitail sera reçue par Sa Majesté le Roi qui lui remettra ses documents de nomination et ses lettres de créance.
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.