Même pas peur
Zineb Laghzaoui est menacée de mort par Daech, mais aussi par des idiots de chez nous. En France, elle est sous protection policière. Zineb va se marier bientôt avec un camarade et néanmoins ami.
Nous les tihadis avons un ADN particulier. C’est l’immense Abderrafii Jouahri, l’auteur d’Alkamar Al Ahmar et Rahila, qui l’a le mieux exprimé en disant «il n’y a pas de prophète parmi nous». Il parlait de la liberté de critiquer Youssoufi.
Le mari de Zineb et moi ne sommes pas toujours d’accord et on le fait savoir. Il n’y a que les politologues à la ramasse qui s’en émeuvent. Ce parti-mouvement ne survivra que si ses militants disent ce qu’ils pensent, y compris dans la contradiction.
Mu par cet esprit, j’ai écrit contre Zineb Laghzaoui quand elle a lancé des initiatives. Jamais pour contester le bien-fondé de ses positions de principe, en faveur des libertés individuelles, mais par opportunisme politique, estimant qu’il y avait d’autres chantiers prioritaires.
Cette attitude, aujourd’hui, ferait de moi un complice de ceux qui veulent enchaîner les esprits, les peuples, les humains. Le oui, mais n’est plus de mise, le silence est une capitulation.
Le déferlement de la haine contre Zineb Laghzaoui ne laisse qu’un seul choix aux hommes libres, à ceux qui croient dans un monde meilleur, celui de la soutenir sans réserve. Il n’y a pas de fragmentation possible du respect de la liberté.
Voltaire a beaucoup fait pour desserrer l’étau clérical sur les sociétés européennes. On peut le trouver excessif, mais en aucun cas nier à ses disciples le droit de l’être.
Les positions qui m’inquiètent le plus ne sont pas celles des intégristes. Je les connais, je les combats depuis des décennies. Ce qui m’inquiète, c’est l’attitude qui consiste à déclarer match nul entre les tueurs et les victimes libres penseurs un peu zélés, mais porteurs d’un message de liberté, d’un désir d’humanité insatiable. «Faire la part des choses», nous dit-on, un quart d’heure pour Hitler, un quart d’heure pour les juifs en somme.
C’est déjà une capitulation devant la terreur. J’ai toujours soutenu que quand on le pouvait, il fallait prendre en compte l’état d’esprit de nos concitoyens et ne pas aider les courants régressifs à recruter. Pas aujourd’hui, parce qu’il s’agit d’une guerre entre la liberté et l’obscurantisme et que soldat du camp libre, je ne le trahirai pas en faisant des concessions qui de toutes les façons ne servent à rien. Je respecte la foi des gens, s’ils respectent mon absence de foi.
Et pour finir, l’humour, la liberté, ne sont ne sont ni contre l’Islam, ni contre ce qu’il devrait représenter. Là où je vais, les blagues sont au menu. Les libertaires marocains sont entrés en résistance, à leur manière, pacifiques mais résolus, la peur ne gagnera pas, l’islamophobie non plus, l’humanisme si.
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.