Morocco is safe
Je suis à Rome. Au petit déjeuner dans mon hôtel, j’ai eu à discuter avec un couple chinois. Au départ, ils avaient demandé à la serveuse, de leur indiquer un centre commercial «high», parce qu’ils voulaient des produits européens, pas «cheap».
Dans la discussion, le mari me parle de Casablanca, qu’il connait grâce au film d’Humphrey Bogart- et de Marrakech, dont il entend parler. Mais il ajoute «Morocco isn’t safe».
Avec mes très faibles rudiments d’anglais, j’essaye de lui expliquer que c’est faux. D’après ce que j’ai compris, toute la région est déconseillée en Chine, pour le tourisme.
Le monde émetteur chinois est de l’ordre de 200 millions, c’est-à-dire les nouvelles classes possédantes et moyennes. Elles ont deux particularités, elles partent au loin et dépensent beaucoup. En tous cas plus que le plombier européen, qui prend un forfait pour Marrakech, qui quitte le restaurant, au petit déjeuner, avec des croissants et une bouteille d’eau, qui ne consomme même pas une bouteille d’eau.
Mais la communication autour d’un pays est une affaire globale. J’ai eu accès à un projet de livre sur le terrorisme au Maroc. Je suis les campagnes de l’office du tourisme, il n’y en a pas eu une seule en Chine, mais ils ne savent pas que ce milliard et demi de personnes voyagent aussi. Je vois tout cela et j’estime que c’est de l’amateurisme.
On me dit qu’il y a des gens, quelque part, qui sont surpayés pour améliorer l’image du Maroc. Ce sont des incompétents.
Je trouve que l’absence d’un organisme, chargé de la communication globale du Royaume, pour vanter son histoire, sa sécurité, ses avancées politiques, ses charmes touristiques, ses opportunités d’affaires, tout cela ensemble, en segmentant la communication, cette absence est fort préjudiciable.
Nous le répétons depuis 20ans. A tous les niveaux, l’Union européenne, avec sa très faible croissance, est incapable de nous offrir des opportunités de développement, à elle seule. Ce marché est tari. Il faut en trouver d’autres, la Chine, la Russie, le Brésil, le Mexique, l’Inde, l’Afrique du sud….etc., voilà notre avenir.
S’il y a des gens qui continuent à croire qu’il suffit du soleil et des plages pour y arriver, c’est à désespérer. Dans une majorité de ces pays, le Maroc est classé comme à «très haut risque». Ce n’est pas l’image d’une fillette avec une orange qui y changera quoi que ce soit.
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