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Parlons Actions : expérimenter le Fine-Tuning éducatif sur l’axe Mzinda-Safi (1/3)

Le Maroc ne manque pas de réformes, mais de cette “Implementation Economy” rappelée dans les deux derniers discours royaux ! Et si un simple avenant à un PPP existant transformait l’axe Mzinda-Safi en véritable laboratoire d’expérimentation éducative, en mode Fine-Tuning ? Car ce n’est pas d’une énième réforme que l’école marocaine a besoin, mais d’une méthode pour ne plus repartir de zéro à chaque fois !

Le 21 octobre 2025 à 14h54

Dans ses deux derniers discours, le Souverain a été sans ambiguïté : l’urgence est à l’accélération des chantiers sociaux et à une nouvelle génération de programmes territorialisés, capables de réduire concrètement les écarts entre régions et de s’inscrire dans l’innovation inclusive.

Il a appelé les institutions à mettre en cohérence grands projets et services publics, à passer de la planification au déploiement rapide, et à associer pleinement le secteur privé dans une logique d’investissement et d’emploi, notamment au profit de la jeunesse.

Le message est constant : agir vite, près du terrain, avec des partenariats efficaces, puis mesurer et généraliser. Ces orientations royales ont d’ailleurs été réaffirmées lors du dernier Conseil des ministres, tenu dimanche dernier.

Et pour ancrer la méthode : faire de l’efficience territoriale le véritable moteur du changement, dans une dynamique bottom-up parallèle.

Ce que nous expérimentons à Agadir, Figuig ou Laâyoune doit devenir, une fois éprouvé, un modèle réplicable et extensible, nourri par les retours du terrain et soutenu par des partenariats public-privé agiles. Expérimenter, évaluer, étendre, telle devrait être la devise d’une politique éducative vivante, capable de transformer les réussites locales en solutions nationales.

Dans cette nouvelle tribune de "Parlons Actions", je partage mon retour d’expérience simple façonné par le terrain et les dynamiques collectives inscrites dans l’innovation inclusive que j’ai eu la chance de vivre. L’objectif est d’apporter une modeste contribution à un débat essentiel : celui de l’éducation nationale, qui conditionne l’avenir de notre jeunesse et, à travers elle, celui du Maroc tout entier.

Un diagnostic qu’on connaît, mais qu’on n’a jamais corrigé

Avons-nous encore besoin d’un autre diagnostic ? Toi, lecteur de cette tribune, tu ne ressens pas cette amertume du "Bezaf" ou déjà-vu dès qu’il s’agit d’éducation nationale ?

On en parle depuis des décennies, on en débat, on en finance… mais sur le terrain, le résultat reste le même : même les enfants des familles modestes ont fini par perdre foi, cherchant ailleurs des alternatives souvent fragiles, parfois illusoires.

Depuis plus de vingt ans, le Maroc investit massivement dans son école, plus de 6% du PIB chaque année, un effort comparable à celui des pays les plus engagés dans le développement humain. Et pourtant, le rendement demeure faible : apprentissages inégaux, écarts rural-urbain persistants, classes surchargées, enseignants épuisés tenant le système à bout de bras.

Le rapport de la Cour des comptes l’a confirmé : le Programme d’urgence n’a pas échoué par manque de moyens, mais par manque de méthode. Gouvernance floue, projets sans continuité, coordination fragile entre acteurs.
Autrement dit : l’école marocaine n’a pas souffert d’un déficit de réformes, mais d’un excès de discontinuités.

Le véritable chantier n’est pas de "réformer l’école", mais d’apprendre à la réforme à se réformer, à devenir vivante, cumulative, intelligente.

Je n’apprends rien à nous autres, passés du L’mssid aux amphithéâtres du public : nous savons que l’école marocaine évalue plus qu’elle n’éduque, que la note l’emporte sur la progression et la mémoire sur la curiosité.

Le multilinguisme, au lieu d’être une richesse, devient source de confusion faute de méthode claire. La pédagogie s’essouffle, entre classes surchargées, enseignants isolés et absence de différenciation. L’équité demeure inachevée, marquée par une fracture numérique persistante, des enfants à besoins spécifiques oubliés et des écarts territoriaux qui se creusent. L’employabilité s’éloigne, car l’école prépare encore à hier tandis que le monde avance vers demain. Et au sommet, la gouvernance vacille : données éparpillées, réformes sans mémoire, et par ironie du sort, un système qui enseigne sans jamais apprendre de lui-même.

Le Maroc ne manque pas de réformes ; il manque de continuité dans l’apprentissage de son propre système. Le vrai défi n’est plus de "réformer l’école", mais d’apprendre à la réforme à se réformer, à devenir vivante, cohérente et cumulative.

Car une réforme qui n’apprend pas finit toujours par recommencer.

            L’idée : et si le Maroc devenait le premier pays à fine-tuner son éducation ?

Je me souviens encore de cet ami startuppeur marocain installé à Dubaï. Il défendait dans la pratique, avec une passion rare, une idée que Philippe Aghion théorise brillamment : le développement n’a pas besoin de rupture pour être transformateur, mais d’innovation continue, ancrée dans sa réalité locale.

Quelques mois plus tard, ce même jeune s’est vu classé parmi les 10 meilleures startups d’intelligence artificielle à VivaTech. Une fierté silencieuse, presque passée inaperçue. Comme souvent, on célèbre ailleurs ce qu’on ignore ici.

Et pourtant, son idée est d’une simplicité désarmante : le fine-tuning. Un concept duplicable à l’éducatif : adapter un modèle à son propre contexte, affiner sans détruire, corriger sans recommencer. Appliqué à l’école, cela changerait tout : un système qui apprend en continu, qui s’ajuste, qui évolue grâce à l’intelligence artificielle, mais alignée sur nos programmes, nos langues et nos enseignants.

Un outil d’ajustement pédagogique national, fine-tuné sur nos programmes officiels, nos manuels, nos sujets d’examens, nos grilles d’évaluation et nos consignes pédagogiques.

Elle ne remplacera jamais le professeur : elle le libérera du chronophage pour lui rendre ce qui fait l’essence de son métier, le sens et la relation humaine. C’est le principe du teacher-first : faire de la technologie non pas une substitution, mais un prolongement du dévouement enseignant.

Car l’avenir de l’école marocaine ne se jouera pas dans la rupture, mais dans la précision de ses ajustements, dans cette capacité à apprendre de soi-même, sans tout recommencer à chaque fois.

C’est précisément l’esprit que S.E.M Youssef Amrani a défendu la semaine dernière à l’Université George Washington : "…le Maroc a fait du numérique un choix souverain et structurant, au service du citoyen, du savoir et de la cohésion sociale…". Il a rappelé que la stratégie numérique du Royaume n’est pas un luxe technologique, mais un levier de développement humain ; une manière d’inclure plutôt que d’exclure, d’ouvrir plutôt que de rompre, et que le numérique doit être un pont entre générations, un catalyseur d’opportunités pour la jeunesse et un vecteur d’égalité pour les femmes.

Autrement dit : une innovation au service de la dignité.

En guise de conclusion, ce texte n’est qu’un premier pas pour expliciter le pourquoi d’une idée. Les deux prochains diront comment la transformer. Comment déployer un modèle éducatif ancré dans une gouvernance PPP claire, alignée sur la politique publique et propulsée par un engagement RSE territorial réel.

Pourquoi l’axe Mzinda-Safi n’est pas un hasard mais un choix de cohérence et de responsabilité assumée. Et comment la philosophie Dot.ma, enracinée dans le territoire et la sobriété, réinvente l’innovation inclusive à la marocaine, loin des modèles .com ou .org aveuglément importés.

À suivre : Là où la méthode devient modèle, et le modèle, politique publique.

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Le 21 octobre 2025 à 14h54

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