Réalistes et idéalistes : le dilemme des valeurs dans un système international éclaté
Le système international traverse de nouveau une période critique. La controverse sur la dichotomie entre la paix et la guerre atteint son paroxysme. Elle relance les théoriciens des relations internationales qui reprennent langue pour animer le débat éternel entre le réalisme et l'idéalisme qui a prévalu au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Les penseurs des Lumières sont revisités. Les portraits de dirigeants ayant sévi au Moyen Âge sont dégagés de leur poussière pour chercher des ressemblances avec des dirigeants contemporains qui, selon les cas, alimentent la controverse et suscitent l’admiration.
Les théoriciens des relations internationales, catalogués de réalistes ou d’idéalistes, reçoivent les coups de toutes parts. Entre connaisseurs et néophytes, le public, plus préoccupé par les besoins du quotidien, se rabat sur les plateformes d'analyse du fast-food pour trouver quelque chose à croquer.
Et pour cause, l'absence d'une communication crédible de la part des institutions politiques ajoute à l'indifférence des soupçons de manipulation délibérée. On a l’impression que la communication crédible jette de l’huile sur le feu de la confusion qui se généralise à la faveur des technologies de l’information.
L'une des questions qui dérangent est de savoir où se situent les réalistes et les idéalistes en termes d'argumentation verbale et d'action sur le terrain. Les arrangements esthétiques, qui avancent l’argument du néoréalisme, du structuralisme et du constructivisme, sont challengés par des paradigmes tels que l’interdépendance ou le transnationalisme.
On n’est pas sorti de l’auberge, car le débat sur la source, l’origine et la cause des atermoiements et des divergences sur le réalisme et l’idéalisme reste de mise. Il demeure en sourdine quand les protagonistes se trouvent coincés dans leurs argumentations, mises en difficulté par les changements rapides au sein du système international.
La semaine dernière, à l'occasion d'un échange anodin avec des experts en relations internationales sur la relation triangulaire controversée entre les États-Unis, l'Europe et la Russie, je lance, sans m'en rendre compte, deux expressions : le tiers-monde et les pays en développement.
Le bout du tunnel, une impasse
Je suis apostrophé par l’un d’eux sur l'utilisation de deux expressions foncièrement idéologiques. Un autre, encore plus ferme, me questionne sur la supposée hiérarchie que j'établis entre des États souverains.
Je les savais plus proches l'un de l'autre de l'école constructiviste et de l'école behavioriste, mais qu'ils m'épinglent à l'unisson, j'avoue, m'a mis mal à l'aise. Je suis conscient que l’attaque qu’ils lancent contre moi cache un malaise au sein de certains courants de pensée en Occident qui se rendent compte que la recette qu’ils ont concoctée depuis belle lurette ne leur sert plus.
C'est alors que je me suis rappelé un brouillon que j'avais noirci, des mois auparavant, allant dans le même sens que l'interrogation de mes interlocuteurs. Des questions s’imposent : sur quelle réalité tangible la puissance qui signifie pouvoir est-elle fondée ? La hiérarchie des acteurs est-elle réelle ou virtuelle ? La compartimentation en fonction des modèles échafaudés ailleurs est-elle toujours pertinente ?
On dit que le vainqueur de la guerre établit les règles du jeu, définit les priorités et anticipe les changements futurs. Parfois, il peut se dissimuler derrière des acteurs vulnérables, les pousser au-devant de la scène et observer le déroulement des événements.
Ainsi, par exemple, la composition du Conseil de sécurité des Nations unies au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale intrigue toujours les observateurs avertis. La cooptation de pays qui n'ont pas gagné la guerre sur leurs propres fronts a été une entorse à la logique, mais rationnelle sur le plan de la recomposition de l'échiquier géopolitique post-guerre.
Par ailleurs, la parenthèse "Tiers-Monde" a été un élément supplémentaire dans le décor. Une constellation de starlettes sans énergie vivable à la longue. Le vent en poupe, des personnalités cooptées et préparées à l’avance, héritent des institutions forgées par d’anciennes puissances coloniales.
Elles se croient héritières de la pensée véhiculée pendant la période coloniale. Elles la mettent en œuvre moyennant quelques modifications esthétiques sans impact réel sur la substance. Toutefois, elles s’efforcent d’accréditer l’idée selon laquelle une table rase est effectuée et tout rentre dans l’ordre.
Je comprends maintenant la réaction désapprobatrice de mes deux interlocuteurs. Le repositionnement authentique n’a pas eu lieu. Les tiers-mondistes ont été bernés. Ils ont accepté des appellations qui ne correspondaient pas à la réalité du terrain.
La force dont ils se sont targués pour briller entre les deux blocs prédominants à l’aune de la guerre froide s’est avérée un coup d’épée dans l’eau. La puissance sans les valeurs d'humanisme et de solidarité ne vaut pas grand-chose aux yeux du grand public. Or, le choix de ces acteurs de s’aligner sur l’un ou l’autre des blocs a été saillant et sans équivoque. Il a démasqué toutes les manœuvres qui font croire le contraire.
Cette oscillation dramatique s’est vérifiée de manière éloquente lors des négociations au sujet du règlement pacifique des conflits, l'absence de valeurs mine tout le processus. Les négociateurs s'enferment dans des salles obscures pendant que le reste du monde attend, la main sur le cœur, qu’aucune catastrophe ne se produise et renvoie tout le monde à l’Antiquité.
De quoi parle-t-on ? Les idéalistes sont partisans de la gestion collégiale des affaires impliquant toute l'humanité sans distinction aucune. Ils préfèrent le multilatéralisme et – à défaut – un système mixte dans lequel des acteurs cooptés peuvent avoir droit au chapitre, parlant au nom de tous, y compris la majorité silencieuse.
Les réalistes défendent les mêmes valeurs, mais préfèrent les approches expéditives qui tranchent quand le dialogue de sourds prévaut et dure dans le temps.
Alors la question qui se pose est de savoir comment jauger la pertinence de l'une ou l'autre approche ici et maintenant : un système international dans lequel une certaine anarchie commence à prendre le dessus. Des acteurs majeurs qui doutent de leur poids sur l'échelle de la hiérarchie classique basée sur l'équilibre de la puissance et sur la gestion à distance des conflits secondaires loin de leurs bases traditionnelles.
Les décisions stratégiques dont l'impact transcende les époques dépendent de la personnalité des décideurs. Dans les cas les plus importants, il s'agit de décideurs uniques. Car même dans les pays qui se targuent d'être démocratiques, la collégialité s'arrête à la porte du décideur unique.
Si l'objectif final est de réaliser la paix, il importe qui prend la décision et entame le processus pour y arriver. Or, tout dépend de l'imprégnation par le décideur des valeurs de paix et de justice. Une posture qui arrange les idéalistes. Toutefois, au sein de tout système de prise de décision, il y a des colombes et des faucons. La géopolitique impose parfois aux décideurs de faire volte-face.
Récemment, j'ai participé à un colloque, via une vidéoconférence, organisé par The Moroccan Institute for the Global South, un think tank en herbe, à l'occasion du 70ᵉ anniversaire de la création du Mouvement des non-alignés (MNA) à Bandung.
Y ont pris part des chercheurs portant différentes casquettes d’Indonésie, d’Inde, du Chili, du Brésil, d’Égypte, d’Argentine, d’Afrique du Sud, d’Oman, d’Espagne, des Philippines, du Qatar, de la République de Corée, des Émirats arabes unis et du Maroc.
L’engagement idéologique en panne d’inspiration
L'évolution du MNA depuis Bandung a été soulignée par les participants, chacun à partir de l'angle qui lui sied. Les communications ont porté sur les changements climatiques et les questions épineuses de l’environnement en général, les crises de souveraineté liées à l’endettement et à la dépendance économique.
De même que sur la dynamique du changement de la puissance entre le Sud global, l’Occident et les puissances émergentes. La plupart des panélistes se sont accordés sur le fait que les défis à relever sont nombreux.
Le retour au souverainisme, la prolifération des problèmes liés aux inégalités, au genre, à l'environnement, etc., ont freiné l'élan de solidarité affiché au lendemain de l'indépendance des États qualifiés de tiers-mondistes. Et voilà encore, ce terme qui ne plaît plus. Car le Tiers-Monde n'est pas une configuration originale, monolithique, soudée et imperméable.
La démondialisation est un processus qui fait son chemin en dépit des tentatives de diversion portant sur des relations internationales fondées sur un multilatéralisme feutré. En dépit du déni épistolaire et de déclarations de bonnes intentions, force est de constater que les agendas au sein de ce qui est appelé le Sud global sont diamétralement opposés. La fédération des efforts en vue de se mettre d’accord sur une stratégie d’ensemble reste un vœu pieux.
Dans la foulée, la primauté de la politique intérieure est évidente et compréhensible. L’état des lieux sonne comme un rappel à l’ordre. L'érosion de la solidarité idéologique.
Le spectacle de délégués à des conférences internationales portant sur des thématiques à connotation existentielle pour la plupart donne des frissons. On y observe des têtes qui tournent dans tous les sens et se meuvent telles celles des zombies.
Par ailleurs, les replâtrages post-indépendance sont rattrapés par la réalité sur le terrain, en raison notamment de l’absence de vision claire à long terme et de visibilité salutaire à court terme. En témoigne la saccade des plans alternant libéralisme tiré par les cheveux et socialisme boîteux, revus en permanence en cours d’exécution.
L’alchimie associant un peu de tout ne porte pas non plus, car le réajustement des plans dépend des sources de financement qui dépendent, pour leur part, du degré d’allégeance, sinon de dépendance à l’égard des acteurs majeurs internationaux et de leurs relais au sein des institutions financières internationales et régionales.
Quelles que soient la trajectoire et la projection d’analyse que l’on puisse suivre, un constat s’impose : la fissure inter-alliance au sein des structures et des constructions apparemment solides. Cela peut être vérifié à plusieurs niveaux.
Premièrement, les relations tumultueuses entre les États-Unis et l’Union européenne depuis deux décennies. Les attentes de part et d’autre depuis 1993 ont été déçues. Les divergences se rapportant aux relations stratégiques avec la Russie et la Chine sont désormais portées sur la place publique.
L’annonce de la nouvelle doctrine sécuritaire et militaire américaine ne rassure pas les Européens qui se trouvent entre le marteau d’une alliance atlantique éclatée et l’enclume d’un regain de puissance inattendu de la Russie. La Russie sort gagnante sur toute la ligne face aux multiples défis géopolitiques qui lui ont été lancés, notamment le bras de fer avec l’Ukraine.
Deuxièmement, les relations brumeuses au sein de l’Union européenne elle-même, notamment entre les pays fondateurs et les anciens pays de l’Est. Le coup du berger à la bergère.
Outre la mentalité bureaucratique en vogue à Bruxelles, qui dérange tout le monde, il y a la perception d’une illusion de plus en plus profonde selon laquelle l’Europe a failli à ses engagements, notamment en matière de parité stratégique intermédiaire à l’égard des États-Unis et de la Russie.
Une frange considérable au sein de certains pays ne cache plus sa nostalgie de l’époque où elle ne vivait pas dans le luxe total, mais où les inégalités n’étaient pas aussi flagrantes qu’aujourd’hui.
Par ailleurs, ces pays redoutent d'être sacrifiés encore une fois si jamais une guerre généralisée se déclenche en Europe sur l'instigation de certains centres de décision qui échappent à la vigilance des institutions démocratiquement élues.
Des sous-systèmes en recomposition laborieuse
Troisièmement, les relations ambiguës entre la Russie et la Chine invitent à une réflexion plus profonde. Les deux pays gèrent leurs relations dans l’espace global, qui les met face à face en Asie, de manière subtile, fermant les yeux sur des incidents réguliers qu’ils s’arrangent pour tenir loin de la curiosité médiatique.
Les deux pays coopèrent au sein de certaines organisations régionales et ménagent leur susceptibilité réciproque en matière d’équilibre de puissance afin de maintenir ces structures vivables et sous contrôle.
C’est dans cet esprit que la Chine et la Russie jonglent au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai. Toutefois, si cela peut s’avérer loisible à première vue, tel n’est pas le cas dans d’autres structures, en l’occurrence les BRICS.
En effet, le pari de faire des BRICS une sorte d’alliance brisant l’iceberg de l’ambiguïté relative à l’érosion de la solidarité au sein des alliances post-Deuxième Guerre mondiale semble légitime ; l’ambition d’en faire un bloc global anti-occidental, notamment anti-américain, risque de faire long feu.
L’une des causes probables susceptibles de faire vaciller le nouvel édifice est justement l’ambition d’en faire un nouvel ensemble où cohabitent tous les déçus de la mondialisation, notamment ceux qui se réclament des pays émergents.
Quatrièmement, les rapports embryonnaires entre de nouveaux blocs intermédiaires qui cherchent à s’agripper à la poignée d’acteurs dits en voie de réduire l’écart avec les acteurs au stade d’une industrialisation relativement avancée. La distinction entre les deux groupes n’est pas visible et dépend des critères d’évaluation mis en place.
Cinquièmement, la perception du multilatéralisme et de la prolifération des organisations régionales. Le multilatéralisme est interprété à plusieurs niveaux et s’estompe une fois qu’il est abordé au sein des organisations sectorielles dépendantes du système des Nations unies. Il est alors assujetti à l’enchevêtrement des attributions et des compétences, au mandat spécifique et aux rapports de force.
Dès lors, force est de constater qu’il existe une tentation sérieuse d'imposer l'ordre national à l'ordre international de la part d’acteurs majeurs qui ont dessiné les contours de l’ordre post-Deuxième Guerre mondiale, tout en laissant une marge de manœuvre très réduite à des acteurs intermédiaires.
Sixièmement, la cacophonie des États profonds au sein des systèmes décisionnels devient préoccupante face à l’entrée en jeu d’outsiders qui se profilent dans l’espace visuel et qui dérangent leurs perceptions exactes des changements qui ont lieu.
Septièmement, le Tiers-Mondisme se présente comme une sorte d’engin à plusieurs vitesses ; cependant, en cas de panne, appel est adressé à l'ingénieur en chef à l'Est et à l'Ouest.
Si bien que parler de valeurs dans l'absolu, c'est fermer les yeux ou faire l'impasse sur les compromissions et les complicités qui ont eu lieu avec la colonisation, les régimes autoritaires et les quasi-démocraties qui s’accommodent très bien avec la confusion dans la définition des principes, des comportements et des objectifs réels à atteindre.
On sera toujours sublimé par des voix qui se ressourcent dans le passé pour y trouver des arguments sur la propension à la paix et à la guerre. Elles ne nous apprennent pas grand-chose de plus que ce qu’Arnold Toynbee (1889-1975), Abd Al-Rahman Ibn Khaldoun (1332-1406), Thomas Hobbes (1588-1679), Baruch Spinoza (1632-1677), Max Weber (1864-1920) ou Arthur Schopenhauer (1788-1860) avaient avancé durant les siècles précédents. Cependant, une chose est certaine : la paix et la guerre donnent à réfléchir. La référence aux valeurs peut être un facteur de dissuasion et de persuasion. Tant mieux.
Déjà des penseurs engagés dans la politique et qui ont plusieurs cordes à leur arc, à l’image de Jacques Attali, parlent d’une humanité future divisée en trois catégories : une catégorie de luxe, une minorité, qui se verrait permise d’aller aussi loin que la transgression du genre, une catégorie de misérables sans horizon clair, et une catégorie qui oscille entre les deux en rêvant de s’approprier le confort de la première et de fuir la misère de la seconde.
En somme, certaines expressions qui jadis épataient les élites académiques ne produisent plus le même effet. Il en découle que :
- Un, la puissance ne se mesure ni par la géographie démesurée ni par l'organisation anarchique de l'espace éclaté. De même que la puissance ne se vérifie pas à travers l'arsenal militaire dont disposent certains acteurs qui ont le vent en poupe, fût-il des plus performants.
- Deux, le lancement d'une guerre conventionnelle est plus ardu. La déclaration de guerre par des acteurs étatiques mineurs devrait obtenir l'aval des acteurs majeurs, dont les fournisseurs d'armes en premier. La sous-traitance stratégique est plus difficile que par le passé, en raison de l'effacement des acteurs non étatiques, agents interposés.
- Trois, le Tiers-Monde constitue toujours une fiction pour les acteurs étatiques nostalgiques des confrontations idéologiques. Il est perçu comme une chance pour les acteurs les plus téméraires qui veulent rattraper le temps perdu. Il est, enfin, une tragi-comédie pour les acteurs étatiques qui ne ressentent pas la magnitude des changements qui se produisent sur l'échiquier géopolitique global.
à lire aussi
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril 2026 à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.
Article : Mondial 2030. Où en sont les chantiers des stades de Casablanca ?
Casablanca accélère la modernisation de ses infrastructures sportives à l’approche de la Coupe du monde 2030. Plusieurs stades emblématiques de la ville font l’objet de projets de réhabilitation ou de reconstruction, avec des investissements importants mobilisés. Round-up.
Article : Sahara : malgré ses efforts, Alger se heurte à une ligne américaine inchangée
En marge de l’Antalya Diplomacy Forum, en Turquie, le ministre des Affaires étrangères algérien et le haut conseiller du président américain pour le monde arabe et l'Afrique ont échangé autour de plusieurs "sujets d'actualité", dont le Sahara. Mais derrière les formules convenues du texte algérien, l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc demeure clair et inchangé. Relevant depuis décembre 2020 de la logique de la continuité étatique, la position de Washington s'inscrit désormais dans la durée, indépendamment des alternances politiques internes ou des efforts diplomatiques engagés par Alger. Analyse.